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Mansfield Park

Par Céline

mansfieldparkJane Austen
10/18
510 pages

CoupdeCoeur

Résumé:

On ne sait pratiquement rien d'elle, sinon quelques dates et les lieux où elle a vécu. Son iconographie est réduite à un portrait que fit d'elle sa soeur. Jane Austen (1775-1817) serait tombée dans l'oubli le plus total, n'étaient les six romans qu'elle écrivit, et qui sont parmi les plus étonnants du domaine romanesque anglais... Il ne s'y passe littéralement rien. Ils racontent principalement les rapports qui se tissent entre des demoiselles à marier et des épouseurs en puissance. Ils sont fait de dialogues et d'évocations brèves : mondanités, jardins, maisons de campagne, voilà pour le cadre. La cérémonie du thé, la préparation et le déroulement des bals, voilà pour les événements majeurs. Et pourtant, avec une matière d'une apparence si mince, Jane Austen a fasciné des lecteurs de la qualité de Virginia Woolf et de Henry James, et continue de fasciner un public important. -Hubert Juin, Le Monde.

Mon commentaire:

Je vous mets la quatrième de couverture de cette édition de poche, qui ne raconte en rien l'histoire de Mansfield Park, mais parle de belle façon de l'univers d'Austen.
Mansfield Park raconte en fait l'histoire de Fanny, accueillie enfant chez son oncle et sa tante. Elle est traitée inférieurement à ses cousins et son statut oscille entre celui d'une domestique et d'une dame de compagnie. On la juge mal et on l'ignore souvent. C'est une sorte de Cendrillon effacée, empathique envers ceux qui l'entourent, même s'ils ne méritent pas toujours sa sollicitude. Fanny a un caractère docile, presque bonasse, mais peut, en certaines circonstances, faire preuve d'une lucidité et d'une certaine force de caractère. Comme dans tous les romans d'Austen, les jeunes filles cherchent un bon parti, les jeunes hommes les courtisent, on passe notre temps entre les salons, les promenades pour prendre un peu d'exercice, les bals et l'heure du thé. Avec Emma, c'est le roman le plus long d'Austen. Beaucoup ont trouvé en Fanny, une héroïne différente de ce à quoi Austen nous a habitué. C'est une jeune personne frêle, discrète, effacée, presque transparente par moment tellement elle se fond dans la masse pour qu'on ne la remarque pas. Il faut dire que sa tante Norris ne l'aide en rien à se faire une place au soleil. Et pourtant, j'ai beaucoup aimé Fanny. Elle n'a pas la force d'une Élizabeth Bennett par exemple, mais c'est un personnage féminin que j'aime beaucoup, peut-être plus qu'Élizabeth. Elle est douce, prend soin de tout le monde qui l'entoure. Elle donne beaucoup de son temps, de sa personne, de son écoute aux autres. Elle demande peu en retour. Sa relation avec Edmond est intéressante. Edmond qui tente de faire le bien, tellement qu'il en oublie de regarder ce qui se passe autour de lui...
Mansfield Park contient moins d'humour et d'ironie, que l'on en retrouve par exemple dans Orgueil et préjugés. Il y en a, mais de façon beaucoup plus subtile. Ce roman me semble faire l'éloge de la droiture, des bons sentiments, de la bonne façon de se comporter et d'agir, des conventions... tout en mettant en garde le lecteur contre les aléas des mariages de convenance et les critères et préjugés sur ce qui produit un bon mariage.
J'ai passé de très bons moments à Mansfield Park. Je sais que beaucoup de Janéites ne portent pas ce roman parmi les meilleurs d'Austen. Pourtant, pour moi il a été une lecture des plus marquantes et demeure l'un de mes romans favoris d'Austen.

Quelques extraits:

"Quant à Lady Bertram, elle n'accordait pas la moindre attention à l'éducation de ses filles. Elle n'avait guère de temps à consacrer à de pareilles préoccupations. C'était une femme qui passait ses journées assise sur un sofa, parée de tous ses atours, travaillant à quelques travaux d'aiguille dépourvus tant de beauté que d'utilité, songeant plus à son carlin qu'à ses enfants..."
p.24

"...après quelques jours, le souvenir des livres [...] devint si puissant et si vif qu'il incita Fanny à essayer d'en trouver à nouveau. Il n'y en avait aucun dans la maison de son père; mais la richesse aime le luxe et montre de la hardiesse, aussi une certaine partie de son argent trouva-t-elle le chemin de la bibliothèque de prêt. Elle y prit un abonnement, et fut stupéfaite d'avoir quelque chose qui lui appartînt en propre, stupéfaite à tous égards de cette action; devenir celle qui louait et choisissait des livres!"
p.428


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