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Il était une fois… Marie Britsch

Publié le 20 octobre 2011 par Bullesonore

Il m’est arrivé plusieurs fois de remercier les attaché(e)s de presse à la fin d’un article, ou en leur envoyant des emails plus que chaleureux. Des fois même en allant sirotant des verres à la santé de ce groupe qu’ils viennent de me faire découvrir… Et pendant tout ce temps, nombre de fois, on m’a regardé très bizarrement.

Quand je remerciais un(e) attaché de presse après avoir reçu son produit ou une invitation (voir même des fois sans raison, juste comme ça), on m’a plusieurs fois fait la remarque que ça ne faisait pas très professionnel, qu’un attaché de presse n’est là que pour « te vendre » son produit et toi tu exécutes (histoire de se faire bien voir, mais bien sûr …), et je dois dire que j’ai toujours trouvé cela un peu ridicule et limite pathétique.

J’ai pris du plaisir à me déchirer la gueule avec quelques attaché(e)s presse, à partager avec eux un peu de nos connaissances musicales, à s’échanger quelques albums de musique (oui, l’attaché(e) presse comme le blogueur non influent il leur arrive des fois d’acheter des disques…), à parler potin et qui a craché sur qui et j’ai découvert ainsi des gens intéressants, sympathiques et des fois (voir beaucoup de fois) j’ai admiré certains d’entre eux.

J’ai toujours mis du temps à parler « en vrai » avec un attaché(e) presse malgré des centaines d’emails qu’on s’était échangé. Par timidité surement mais aussi par méfiance, j’en ai vu tellement qui étaient frustrés désagréables exigeants et qui se croyaient tout permis. Mais au final, quand on fait le premier pas, on sautille de joie en pensant à ces bons rapports « humain » avec ces petits faiseurs de rêves !

Il y a de cela deux ans, je suis tombé sur une de ces attaché(e)s presse qu’on a du mal à oublier tellement elle est captivante et défend «ses » artistes corps et âme. C’était au concert de Flow à l’Européen le 15 décembre 2009. Un petit email tellement chaleureux m’annoncant cet évènement et puis une amie, Melissmell, me proposant de l’accompagner en me chuchotant « il va y avoir une surprise », je ne pouvais donc m’attendre qu’à une très bonne soirée. Et ce fut le cas : des moments magiques où tu te retrouves entre Gavroche et le guitariste-clown de la mano Daniel Jamet, tout en te demandant « Mais que fait Francis Lalanne ici ?« . Bref, des belles rencontres, un beau duo qui m’a fait vibrer la chair entre Flow et Melissmell et une petite voix à l’intérieur qui disait tout bas « Merci Marie Britsch ».

Il était une fois… Marie Britsch

L’histoire aurait dû s’arrêter là, Marie n’étant plus l’attachée presse de Flow, j’aurai pu mettre son contact dans « ancienne collaboration » et aller toquer à la porte du nouveau remplaçant …

Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse…

Les mois ont passé et à la suggestion du clic amical d’un big brother social, j’ai découvert les nouveaux artistes qu’elle défendait. J’étais surpris par un groupe que Marie adorait (et dont elle était la manageuse) : Les Yeux d’la Tête. Six musiciens qui vous emmènent dans un voyage musical authentique et sincère où amour, humour, fête et folie se révèlent dans des textes tantôt sérieux, tantôt drôles mais toujours percutants et sensibles. A la première écoute, j’ai succombé à la magie de ce groupe qui se donne corps et âme à la performance, aux textes, à la musique et aux rencontres par lesquels ils respiraient la vie !

Il était une fois… Marie Britsch

Des astres singuliers qui m’ont bluffé un soir de juin aux Trois Baudets. Des envolées de saxophones, des rythmes tziganes, deux chanteurs charismatiques. Je n’avais pas dansé sur les toits parisiens le 29 juin 2010 mais la musique des Yeux d’la Tête m’avait permise de m’évader réellement de ce monde si étouffant. J’y suis retourné les voir en septembre, le sourire jusqu’aux oreilles et trépignant d’impatience. Ce fut encore plus magique, plus poétique, un concentré de vie et de bonheur. A la fin du show, une belle brune m’avait dit « Ce groupe me transporte en m’ouvrant une fenêtre sur un autre monde ».

Dis l’oiseau, ô dis, emmène-moi…

Leurs chansons sans pareilles, portent en elles une incurable nostalgie. Il y a un tourbillon artistique autour du groupe, et puis il y a ces deux amoureux des mots et adeptes du swing : Benoit et Guillaume. J’ai aimé cette complicité entre ces deux funambules, ce coté tzigane tour à tour douloureux et joyeux, cette mélancolie douce, cette rébellion brillante ou ces fleurs fanées qui te donnent la force de ressentir la vie. Je crois qu’on se sent bien plus vivant quand la tristesse nous envahie que lorsque l’on est vivant. Je ne renie pas mon passé d’addict aux artistes écorchés, déprimants et déprimés, mélancoliques et suicidaires. Je n’avais adulé qu’Elliott Smith, Lou Reed, David Bowie, Ian Curtis ou bien quelques francophones tels que Barbara, Gainsbourg, Daniel Darc, Arno, Pierre Lapointe, Bashung, Cantat, Saez, … Que des astres noirs. Va savoir pourquoi j’ai succombé pour les agréables et enivrants Yeux d’la Tête.

Fulgurance offre-moi cette danse
Injecte-moi les flammes de la transe
Fulgurance offre-moi cette chance
Envole-moi à m’en perdre les sens

C’est un peu grâce à Marie que j’ai rencontré la musique du plus anglais des musiciens français (ou l’inverse), Brad Scott. Se promenant sur le beau projet The Serge Gainsbourg Expérience, je découvre un bel hommage d’un artiste à un chanteur.

Pas fan des années 80, mais je dois bien l’avouer que la magie opéra avec un autre protégé Guillaume Farley. On rit, on pleure, on chante à l’écoute de ce show-man qui nous raconte des histoires d’amour en tous genres. Guillaume Farley est-il un romantique ? Non, c’est un sentimental, et j’aime cela.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Le 14 avril, une faiseuse de rêve me cale une rencontre/interview avec Bruno et Guillaume des Yeux d’la Tête. Autour de quelques bières, les deux chanteurs se sont livrés au jeu, répondant ainsi à quelques questions et tout cela dans la bonne humeur. Il y a eu des rencontres décevantes, des artistes égocentriques, des musiciens ratés et qui te font rater ton interview préparée avec passion. Pas loin de la rue Guelma, j’ai enfin compris ce que voulait me dire cette fille comme quoi ce « simple » groupe arrivait à la transporter ailleurs en lui ouvrant une fenêtre sur un autre monde. C’était bien cela, et plus d’ailleurs. C’est la vie qui est triste, pas Les Yeux d’la Tête. J’ai vu dans leurs yeux cette passion pour la musique, ce sourire partagé quand on aborde la chanson dite engagée, l’amour pour la scène, … Parce que croyez-moi, ces mecs, qu’importe le temps, les pneus crevés, les cordes cassées ou la bière qui coule à flots, ils partiront sur la route, rouleront, vont arriver à destination et vous emmèneront dans un voyage et une aventure humaine unique où l’on ne revient pas indemne. Jouer, se faire plaisir à soi et au public, jouer parce que c’est la vie, jouer avec une cheville cassée ou un doigt ouvert, jouer jusqu’au petit matin en gardant le goût de la fête et du partage, c’est un peu cela ces Yeux d’la Tête.

Soutien à l’Humanité

Marie Britsch, c’est aussi celle qui en une soirée te fait rencontrer 40 artistes, qui en 3 heures de concert exceptionnel te file un ticket pour un voyage musical où tu restes blotti, bloqué, heureux avec la muzika. Tu es heureux d’apprécier, de consumer, d’écouter cette musique tant suggérée par des personnes de grande valeur. Une soirée colorée de mille notes, de la poésie algérienne en passant par la pasionaria Melissmell. Je sens mon coeur battre la chamade quand la contrebassiste Joëlle Léandre et Serge Teyssot-Gay se mirent à faire valser les mélodies et cracher leurs instruments. Cette nuit-là, j’ai rêvé de mon père reprendre en choeur « El pueblo unido jamas sera vencido !« , cet hymne au marxisme un peu naïf composé par Sergio Ortega dans le Chili de Salvador Allende. Une autre époque. Je n’ai qu’une vie et les choses qui m’ont bouleversée, comme dirait Barbara. Alors on sourit bêtement de joie comme de fierté quand Les yeux d’la tête, Danakil, HK et Melissmell, ensemble sur scène, clôturent la soirée avec brio ! Et encore une fois, une petite voix à l’intérieur disait tout bas « Merci Marie Britsch ».

Chapeau bas !

J’aime toutes ces voix que j’ai pu écouter grâce à Marie et je peux la remercier du plaisir et du rêve qu’elle a pu offrir (je pèse mes mots, elle a un peu ouverte une porte où se cachait HK, Balik, Flow, Les Yeux d’la Tête, …). Je salue au passage son goût artistique et culturel, sa manière de défendre ses artistes ou bien quand tu remarques son grand sourire un soir du 6 octobre 2011. Oui c’était bien cela, le plaisir de croire en un projet, de le défendre et de le partager avec le plus de monde.

Chapeau bas Marie et puis … merci !

Il était une fois… Marie Britsch


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