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Portail-Boquier

Par Viviane Michel

La rue du Portail-Boquier va de la rue Joseph Vernet au Cours Jean Jaurès.

 La rue portait autrefois le nom de rue des Vieilles Études en souvenir de l’emplacement de la première Université d’Avignon en 1303. L'ancien nom paraît encore sous le nom récent comme le montre la photo.

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Celle-ci ayant déménagé pour aller place des Études, on lui a redonné son nom initial rappelant l’une des anciennes portes des remparts du Moyen Âge. Pendant la Révolution, on l’appelait la rue Vieux-Études.

Au début de cette rue un somptueux hôtel moderne construit par Jean Nouvel a investi l’aile nord des locaux de l’ancien Hospice Saint-Louis, lui-même ayant pris la place du Noviciat des Jésuites de 1589. Louise d’Ancenuze a été le mécène de ce Noviciat. Elle a fait un don généreux de dix mille écus pour que soient édifiés une église et un corps de logis de style religieux. Cette église fut le premier édifice baroque d’Avignon. Elle était surmontée d’un magnifique dôme. Elle fut consacrée le 26 mai 1611, sous le vocable de Saint-Louis.

Le bâtiment forme un quadrilatère, l’église se trouvant au nord, autour d’un espace central vide et à ciel ouvert ; la cour carrée centrale du noviciat est entourée de galeries, qui la font ressembler à un cloître, et de bâtiments dont la construction a duré plus d’un siècle. Les ailes ouest et nord sont l’œuvre de François Royers de la Valfenière en 1627. Jean Péru a œuvré au remodelage de l’aile nord en 1712 et du grand escalier. Puis il éleva l’aile sud et commença l’aile est qui donne sur la rue du Portail-Boquier. Il mourut avant la fin de son travail en 1723. C’est son fils Jean-Baptiste qui termina cette partie du bâtiment. On voit nettement que les influences artistiques avaient changé et que le temps et les modes avaient passé entre le début et la fin des travaux.

Après le départ des Jésuites, les religieuses de Sainte-Praxède (dont on voit le dos de l’église rue Félix Gras) en furent les propriétaires et qui y vécurent jusqu’à la Révolution. Il faut attendre 1801 pour que Napoléon, sur la demande de Guillaume Puy alors maire d’Avignon, fasse de ce lieu une succursale des Invalides de Paris. La succursale ouvre ses portes le 1er janvier 1802 ; cinq cents invalides sont installés dans des locaux que la Révolution avaient déjà transformés en hôpitaux militaires. Puis, en 1852, ce fut un refuge pour les invalides civils. L’Hospice Saint-Louis a fonctionné jusqu’en 1982. Aujourd’hui, en plus de l’hôtel précédemment cité, l’aile ouest héberge l’institut Supérieurs des Techniques du Spectacle et le Festival d’Avignon installe ses bureaux de location dans l’aile sud de juin à début août de chaque année ; il est agréable de venir dans cette cour fermée de toutes parts où de grands platanes procurent une ombre salutaire. Elle est silencieuse et décorée en son centre d’une fontaine moussue.

La rue traverse ensuite le boulevard Raspail et termine son trajet dès qu’elle rencontre la rue Joseph Vernet . La porte des anciens remparts se trouvait au niveau de la rue de la Calade (Joseph Vernet). La rue de la République n'avait pas encore été percée.  


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