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Coldplay – Mylo Xyloto [2011]

Publié le 25 octobre 2011 par Feuavolonte @Feuavolonte

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Mylo Xyloto

Parlophone
Grande-Bretagne
Note : 6/10

par Élise Jetté

Mylo Xyloto est une boîte de Timbits mélangés. Rien ne goûte la même chose. Aucune chanson ne sonne de la même manière. Aucune pièce ne donne le même effet que la précédente. Les Timbits mélangés, personne n’aime ça. C’est toujours meilleur quand ils sont tous de la meilleure sorte. Le mélange ne réussit pas plus à Coldplay. En 2008, avec Viva la Vida or Death and All His Friends, le groupe avait fait un virage prononcé dans l’inexploré. On avait eu droit à un enregistrement plus életro-pop, délaissant le rock alternatif teintant les premières parutions. Coldplay avait repris vie après avoir offert trois albums semblables, confortables et adulés. À l’époque, le groupe proclamait la fin de sa carrière en prétextant que trois albums leur avaient permis de produire tout ce qu’ils avaient à créer. Or, une seconde naissance a eu lieu : la même voix dans un moule réinventé. Ce n’était pas le meilleur de ce que nous avions déjà entendu. Mylo Xyloto est pire. Un étrange amalgame de ce que Coldplay était dans sa vie antérieure et de ce qu’il a tenté de devenir en 2008.

On discerne dans Up In Flames et Us Against The World des mélodies qui alimentent si bien les tourmentes : du vrai Coldplay. Des pièces qui pourront rappeler Green Eyes ou The Scientist, troublantes ballades qui étaient les piliers de A Rush of Blood to The Head en 2001. U.F.O. et Up With the Birds évoqueront X&Y (2005) et les airs de A Message et What If. C’est de l’ancien Coldplay, ça réveille la mémoire des vétérans, mais le problème c’est que les compositions n’arrivent pas à la cheville de celles d’autrefois. Les paroles des pièces d’aujourd’hui racontent tellement moins que celles de jadis. Le virage pop a fait mourir l’étincelle.

Mylo Xyloto propose un conflit de style : un effort de sincérité dans lequel baignaient les trois premiers opus, additionné d’une banalité redondante de pop radiophonique vouée à un brillant avenir sur les ondes des radios commerciales. Celles-ci apprécieront d’autant plus le choquant duo de Rihanna avec Chris Martin pour la pièce Princess of China. C’est un choc difficile à décrire et un choix difficile à justifier. Il s’agit d’un texte banal, agrémenté de « oh, oh, oh » (pour combler le vide de sens, assurément), le tout sur un rythme électro qui ressemble à un mix préenregistré de clavier bon marché. L’ensemble est soigneusement empiré avec des solos de Rihanna et quelques bruits étranges.

Parlant de bruits étranges, la première, la sixième et la onzième pièces sont des extraits de bruit d’une durée de 45 secondes chacune. Ne tombez pas dans le piège de cet achat si vous vous procurez l’album en pièces détachées sur iTunes. Ça ne vaut pas 1,29 $.

La pop de Every Teardrop Is A Waterfall occupait gentiment les oreilles des auditeurs mais l’abus des radiodiffuseurs durant la saison estivale a probablement fait en sorte que vous êtes déjà rassasiés. Paradise est en train de vivre le même scénario. Pour ce qui est du reste de Mylo Xyloto, Hurts Like Heaven, Charlie Brown, Major Minus et Don’t Let It Break Your Heart partent de bonnes intentions, mais, tout comme pour les deux pièces ayant envahie les ondes, le dance-pop ne passe pas aussi bien que les vieux refrains accrocheurs que l’on sait Coldplay capable de faire. Quand on choisit de franchir la clôture et de plonger dans les chansons-bonbons-super-vendeuses, ça prend un refrain que l’on n’oublie pas. Or, ici on oublie.


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