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Sunset Park de Paul Auster

Par Sylvie

ETATS-UNIS

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Actes Sud, 2011

Le dernier roman de Paul Auster est un chef d'oeuvre qui s'inspire de notre société ultra contemporaine, et plus précisément de la crise de subprimes de 2008.

L'histoire pourrait se résumer ainsi : commment retrouver le sentiment de l'humanité (les valeurs amicales, familiales...) dans une société ultramatérialiste ?

Allez faire un tour du côté de Sunset Park, ce quartier à la dérive de Brooklyn. Vous y retrouverez l'ambiance de Brooklyn Follies, ce sens de la communauté à toute épreuve, avec la gravité en plus.

Les premières pages sont magnifiques ; Miles est employé par un entreprise spécialisée dans l'enlèvement de rebuts. Les familles qui ne pouvaient plus payer leurs maisons lors de la crise des subprimes ont dû quitter les lieux précipitamment, elles appartiennent désormais aux banques. alors il faut nettoyer les "déchets" abandonnés. Mais lui, Miles, poète dans l'âme, prend des photos de ces rebuts pour les immortaliser, continuer à faire vivre ces vies brisées...

En réalité, Miles est fils d'un éditeur réputé et d'une actrice de théâtre. Sa vie a basculé le jour où il s'est rendu responsable de la mort accidentelle de son demi-frère. Depuis, rongé par la culpabilité, il a coupé les ponts avec sa famille.

Mais obligé de quitter Miami suite à des problèmes avec la famille de sa (trop) jeune petite amie, il est invité à New-York par son copain de toujours, Big Nathan, qui l'a suivi pendant ses sept années d'errance.

A la tête de la géniale boutique L'hôpital des objets cassés (réparer les vieux objets tels stylos à encre, montres à gousset, machines à écrire, jouets à ressort, postes de radio), il l'invite à rejoindre un squat dans le quartier de Sunset Park en compagnie de deux autrres âmes en peine : une écrivain thésarde qui planche sur le film Les plus belles années de notre vie et une peintre amateur agent immobilier. Ensemble, ces vies à la dérive vont réapprendre à vivre. Et Miles va tenter de renouer avec ses parents.....

Paul Auster, le funambule, consacre ses chapitres à chacun de ses personnages. Ces derniers, emprisonnés au début dans leur intériorité, vont peu à peu s'ouvrir à l'autre dans cette vieille baraque qu'ils squattent.

Mais le hasard et la roue du destin jouent parfois des tours ....Ce dernier opus n'a rien à voir avec la légèreté et l'humour de Brooklyn Folies. Même si les valeurs de la communauté y sont exaltées avec brio, la fin laisse bien des interrogations....

Un très beau roman.


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