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« reste ici! » me dit-elle!

Publié le 24 octobre 2011 par Vivresansargent

Pendant 9 mois, sac sur le dos, j’ai fait un voyage (ta mère aussi a fait un voyage de neuf mois avec un sac (toi) dans le ventre, à chacun sa galère!)

La première étape de ce périple fut Londres où je suis resté presque 2 mois. Ensuite, j’ai atterri à Dublin pour une escale d’un mois environ. Un matin, j’ai regardé la carte du monde et j’ai choisi. Ma troisième étape sera Améwiquaine ou ne sera pas! J’ai trop vu les rues de San Francisco à la télé. Je dois me faire ma propre opinion. Action! Là-bas, je rencontre un compatriote (qui s’est avéré aussi con que patriote!) et l’on part pour le Mexique, direction Guaymas (1000 kilomètres plus bas que Tijuana). Après quelques semaines de périple, mon compagnon de voyage me plante et retourne en France cinq jours avant Noël. Je retourne aux Stête (c’est comme ça que mon grand-père prononce states!) pour le réveillon qui sera le plus lugubre de ma courte vie (record toujours en place à ce jour). Plombé, je décide de retourner voir mes potes à Dublin pour la Saint Sylvestre et de faire une big fête, histoire de me venger du divin enfant! Deux semaines plus tard, mes potes ne sont plus mes potes, je prends l’avion direction Valencia, Espagne.

C’est à Valencia que se situe l’histoire que je vais te raconter (Si t’as un truc contre Valencia, c’est le moment de prendre tes clics et tes clacs et d’en faire quelle chose, j’sais pas moi, un clic-clac par exemple! D’ailleurs, j’en profite, si t’as un problème contre les histoires d’amour, idem, change tout, prend tes jambes a ton cou, ou pend tes jambes à un clou (au choix) et puis trouve un blog tenu par un écrivain car moi j’écris, mais en vain. Je referme la parenthèse car dans un peu moins de peu, tu vas oublier que je l’ai ourouge, oubleu, ouverte!).

Je m’installe devant un écran, sur une chaise, dans un cybercafé. Je ne suis donc pas devant un arbre, sur un banc, dans un parc, ni même devant l’océan, sur une bite, dans un port. A chaque histoire son décor.

C’est la fin de l’après-midi, je veux envoyer un mail à mes copains pour leur dire que je quitte Valencia le lendemain, direction Milan, rejoindre l’un d’eux (il se reconnaîtra l’ami! Je te salue mon pote!).

Je tapote mon message et mon attention est captée par le charme certain et le certain charme de cette fille. Elle n’est pas loin de moi (ce qui ne veut pas dire qu’elle est près de moi pour autant! Ne tire pas tes propres conclusions, laisse faire!). Elle est tragiquement belle. C’est une femme puissance 10. Ses cheveux très noirs, sa peau épicée, ses fines lèvres, son élégance…

Comment font-elles, les femmes, pour savoir qu’ont les regardent. Intuitivement, elle pose directement son regard sur moi. Elle passe de son écran à mes yeux sans intermédiaires. Troublant. Je suis pris en flagrant délit de vole à la tire. J’étais en effet sur le point de lui voler son image et de m’enfuir, le souvenir d’elle dans la poche. Elle me sourit, pas rancunière pour un sou. Je lui souris. La vie est jolie.

Cela fait un moment que je suis seul. J’aime la solitude et elle me le rend bien. Néanmoins, j’ai soif de rencontre. Je veux savoir qui elle est. On doit avoir des trucs à se raconter, des projets à s’exposer, des idées à confronter, des recettes à échanger, des bilans à tirer, des rires à partager, des souvenirs à raconter, des fantasmes à avouer, des craintes à affronter, des portes ouvertes à enfoncer, des solutions à trouver et enfin du temps à regarder passer, ensemble.

Pendant que les mots défilent sur l’écran je me dis: »Pas question que tu te défiles, trouve le cran! » (C’est tiré par les cheveux, je sais, mais comme j’en ai (des cheveux banane!), je les utilisent!). Il faut que j’aille lui parler. Un truc simple, franc et honnête. Je cherche. Je trouve: »Voulez vous couchez avec moi ce soir? » Non, trop risqué, trop Français! « Salut, comment tu t’appelles! » Non, trop naze… »Vous avez l’heure s’il vous plaît, j’suis là pour l’appartement, j’investis…Non, pas de moi… »Je t’aime! » Non, elle ne me croira pas!

Mon mail est fini depuis un moment. Le cœur battant fort je fonce lentement (association étrange mais j’aime bien. Et puis je fais ce que je veux, avec mes cheveux!). Elle me regarde m’approcher. Je m’entends lui dire: »Salut! Je quitte Valencia demain matin sans avoir rencontré de Valencianos, ça craint, non! Si t’as rien de prévu ce soir, on peut aller boire un verre! A 20h, je serais devant l’église de la place. A 21h je n’y serais plus. A plus tard, ou adieu! Bonne fin d’après-midi! »

Je veux lui laisser le temps de la réflexion et surtout, je veux de la magie. Après ma courte tirade, je la laisse à son ordinateur. Je ne lui laisse pas le temps de me répondre. A peine ai-je le temps d’apercevoir un léger sourire fleurir son visage que je suis dehors. Mon cœur est en forme à en croire les bonds qu’il fait en mon sein. Je me sens comme un gamin qui sait qu’il va rouler sa première pelle! La vie est belle.

Quelques heures ont passées (il est donc plus tard). Je suis assis non pas sur le rebord du monde, mais sur les marches de l’Église de Saint Maclou (mamie, ne te fâche pas, c’est juste pour rigoler, évidement !). Il est 20h 42 (ou 43, pas certain, pardon!) lorsque que je l’aperçois. Elle a détaché ses cheveux . Elle approche. Elle a attaché ses ailes et planqué son auréole. Elle est tout près. Elle a les lèvres qui brillent. Elle est devant moi. Même si je reconnais que le postiche est de haute qualité et qu’elle ressemble, à si méprendre, à une femme, à une humaine, on ne me berne pas moi, je vois bien qu’en fait, elle est un ange.

- « Je connais un petit bar sympa, suis moi » me dit-elle. Moi, pas fou, je la suis. On marche pendant quelques minutes. Elle est souriante, décontractée, joyeuse. On s’installe dans un salon de thé et on commande (devine quoi génie !) du thé (t’es trop fort!). On passe un moment si agréable et si teinté de simplicité, qu’on le déguste à petites lampées, comme notre thé. On ne veut pas prendre le risque de se brûler, la peau des lèvres est si fine.

On se raconte nos vies. Elle est photographe et travail pour le quotidien El Pais. Je la laisse parler. On se regarde, on se sourit. Je lui raconte mon voyage et mon départ pour Milan, prévu pour le lendemain. Raconter sa vie, bien plus que l’air du large, ça creuse. Lorsqu’elle me propose de trouver un coin pour manger un bout, je lui réponds qu’un coing ne sera pas suffisant et que j’aime pas manger debout. Elle rigole (je t’avoue ma surprise au vu de la piètre qualité de ma réplique qui, pour le coup, pourrait être une des tes répliques (le pire c’est que tu pourrais en être satisfait!)).

On prolonge cette rencontre éphémère dans un restaurant de quartier qui ne paye pas de mine mais qui a le mérite d’être authentique. J’ai l’impression d’entrer dans sa vie. C’est bon, c’est doux, c’est fou. On boit du vin, on mange du pain et comme y’a plus de boursin, et bien… on fait sans boursin. On a tellement faim qu’on se boufferait les mains mais comme on n’en a que deux, on se retient. Elle me propose de venir chez elle. Elle me propose une part de sa tarte aux pommes qu’il faut absolument finir. Elle me dit qu’avant de retourner à l’hôtel et avant de quitter la ville, je dois absolument découvrir l’appartement d’une Valencianos. Elle me dit tout ça sur le chemin qui mène à chez elle. En fait, elle me berce, son charme me perce. Elle n’a pas à me convaincre mais elle s’amuse à trouver tout un tas de bonnes raisons de monter chez elle. Elle s’amuse à inventer des prétextes. Elle s’amuse surtout à ne pas me dire pourquoi elle veut que je monte chez elle. Moi aussi je m’amuse. Ma part du contrat consiste à acquiescer avec force et entrain à chaque fois qu’elle me dit, avec le plus grand sérieux, un truc du genre : « En fait, il faut que tu viennes chez moi, non, il faut ab-so-lu-ment que tu viennes chez moi, car tu dois apprendre à nourrir des poissons ! T’as un aquarium ? » Et moi de lui répondre, avec autant de sérieux : « Non je n’ai rien. T’as raison, il faut absolument que j’apprenne à nourrir les poissons ! » Ma part du contrat consiste à feindre de ne pas comprendre pourquoi je dois monter chez elle. Dans les escaliers, on court et on rigole. Je fais autre chose également, je compte. Qu’elle n’est pas ma surprise quand devant sa porte, je découvre que ciel nous sommes au septième!

L’on s’embrasse avec tant de sincérité et tant de force qu’une tierce personne serait bien en peine de distinguer, de nous deux, qui est elle et qui est moi. Nous nous mélangeons (comme dirait Jean Luc), nous nous échangeons, nous nous essayons, nous nous regardons, nous nous parlons et nous nous aimons. Je suis sur elle, j’embrasse son dos. Elle tord son joli corps, cherche mes yeux, qu’elle trouvent et me dit: »Reste ici! Reste ici! »

Je me penche et lui souffle à l’oreille: »Oui je reste, trois fois je reste, mille fois je reste!  Mais il est une chose qui doit être clair. J’ai commencé un voyage il y a de ça quelques mois. Et ce voyage, je me dois de le terminer. La boucle devra-être bouclée. Comprends-tu? Je partirai bientôt. »

A ce moment là, elle a une idée qui donnera le ton de notre histoire. Cette idée, magnifique, donnera le tempo de notre aventure. Avec cette idée, elle peint notre futur proche d’un rouge sang, le rouge de la sensation, le rouge de la passion. Elle me dit: »Très bien, je comprends.Voila ce que tu va faire Nicolas. Je veux que chaque matin tu me dise au revoir comme si tu devais partir dans la journée. Mais je ne veux pas que tu me dises quand tu partiras…surtout pas. Tu m’entends Nicolas! (sa voix à ce moment là est doulente, c’est à dire à la fois douce et violente) Quand je rentrerai le soir, continue-t-elle, je veux découvrir ta présence pour une nuit de plus, ou ton absence pour toujours. On se dira adieu à chaque fois que l’on se séparera et on s’aimera chaque fois que l’on se retrouvera. Seul toi sauras quand on s’embrassera pour la dernière fois…Un soir je rentrerai et tu ne seras plus là… » Dans un autre élan doulent (décidément j’aime bien ce nouveau mot!), elle s’offre une place au chaud dans mon cœur quand je l’entends me dire: « Te quiero! »

Les sept semaines que j’ai partagées avec elle, ont été inoubliables…

ps: Elle m’a avoué, plus tard, que ce qui l’a décidé à venir au rendez-vous que je lui ai fixé, ce jour là, c’est que je devais quitter la ville le lendemain… A bon entendeur, salut!


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