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Publié le 14 novembre 2011 par Dubruel

 

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La Grande-Bretagne devrait penser à rejoindre l’euro

Cet article est une traduction d'une tribune de John Monks parue le 26 octobre 2011 dans le journal britannique, the guardian. John Monks est l'actuel président la confédération européenne des syndicats (CES). Il a été auparavant président du premier syndicat britannique, le Trade Union Congress (TUC).

Avec le sommet de crise de l'Union Européenne aujourd'hui, cela peut paraître très excentrique pour beaucoup de se demander à l'heure actuelle si c'est dans l'intérêt de la Grande Bretagne de refuser la monnaie unique.

Bien sur, parmi les leaders politiques et économiques du Royaume-Uni, une écrasante majorité pense que c'est dans l'intérêt de la Grande-Bretagne de ne pas adopter l'euro. Même quelques experts, comme Adair Turner [NDLR : ancien patron des patrons britanniques et proche de Tony Blair], qui étaient initialement favorables à l'adhésion de la Grande Bretagne [à la zone euro], ont avoué qu'ils s'étaient trompés. Et comme les dirigeants de l'Europe luttent pour résoudre les problèmes de la Grèce et de d'autres pays en difficulté, la seule consolation britannique a été de remercier la providence parce que nous ne somme pas membres [de l'union monétaire], que nous avons notre propre banque centrale et que nous gardons le pouvoir de dévaluer notre devise.

Mais ce refus de l'euro par la Grande Bretagne ignore quelques vérités dérangeantes mais pertinentes.

Une vérité est que même avec tous les troubles qu'ils traversent, l'euro a gagné 25% contre la livre en dépit de tous les drames grecs ou autres.L'euro est une monnaie forte, les vacanciers britanniques le savent trop bien.

Pendant une courte période, la dévaluation de la livre semblait marcher - les exportations et la croissance s'amélioraient (bien que les taux de croissance sont plus bas qu'en Allemagne et dans d'autres pays du Nord de l'Europe) L'inflation, aussi, restait initialement basse.

Mais dans les 12 mois qui ont passé, la reprise est tombée en panne et l'inflation a grimpé jusqu'à 5,2%.

La dévaluation n'a pas apporté à la Grande-Bretagne l'élan d'adrénaline nécessaire. Et maintenant, nous souffrons d'une livre dépréciée qui nous fait payer plus cher les importations alimentaires et énergétiques. L'impact inflationniste se fait maintenant douloureusement ressentir.

Alors que le Royaume-Uni se félicite de rester à l'écart de l'euro, elle devrait observer avec attention l'Irlande. L'Irlande a été durement touchée par la récession mais il y a des signes encourageant d'amélioration. La production industrielle en Août était en hausse de 11% par rapport au même mois de l'année précédente. Comme membre de la zone euro, l'Irlande ne pouvait pas dévaluer. L'inflation est faible – une hausse de 0,7% des prix à la consommation ces quatre dernières années, contrairement au Royaume-Uni où les prix des boissons et de la nourriture ont augmenté de plus de 28% pendant la même période. Les exportations augmentent et, bien que le chômage reste beaucoup plus élevé qu'ici [NDLR : en Grande-Bretagne], il y a une pointe d'optimisme. Chose intéressante, l'opinion publique en Irlande est encore en faveur du maintien de l'euro et elle ne veut pas suivre la voie de la dévaluation choisie par le Royaume-Uni.

Finalement, il y a une question cruciale à propos de l'influence britannique. Dans toutes les discussions à propos du future de la zone euro, les ministres britanniques exhortent les dirigeants de la France, de l'Allemagne et des autres [pays] à agir ensemble, suscitant l'irritation du président Nicolas Sarkozy et peut être de quelques autres. Les ministres britanniques ressemblent parfois à des spectateurs d'un match de football : des experts du jeu avec beaucoup de choses à dire mais qui contribuent très peu. Si le Royaume-Uni était un membre de la zone euro, il ne serait pas en train d'attendre de voir ce que les Français, les Allemands et le reste trouveraient [comme solution] mais, à la place, il jouerait un rôle actif et central dans la recherche de solutions.

Les ministres du gouvernement reconnaissent à juste titre que le futur de l'économie britannique reste liée dans une large mesure au futur de la zone euro. En tant que non membre, nous avons limité nos capacités à résoudre ces problèmes. En vérité, l'autonomie n'apporte qu'un avantage limité.

Donc, si la zone euro surmonte la crise actuelle, ne fermons pas nos esprits à la possibilité que cela pourrait être dans l'intérêt du Royaume-Uni de quitter la voie de la dévaluation et de reconsidérer l'appartenance à la zone euro. Les pro-européens devraient prendre confiance pour défier la croyance populaire.


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