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Rencontre avec douglas kennedy

Par Geybuss

100 0219C'était il y a quelques jours à Rennes, dans le Salon Ouest France et à l'initiative de la librairie Le Failler: la rencontre / dédicace avec l'auteur Américain Douglas Kennedy.

Depuis quelques années, cet écrivain a la particularité de collectionner les best sellers dont certains sont adaptés au cinéma.  Douglas Kennedy est surtout plus célèbre en Europe qu'aux USA.

Un petite liste non exhaustive : Piège nuptial (ex cul de sac), Une relation dangereuse, la femme du Vème, l'homme qui voulait vivre sa vie, quitter le monde, derrière les pyramides....

Douglas Kennedy nous a présenté son dernier roman "Cet instant là".  À la fois drame psychologique, roman d’idées, roman d’espionnage mais surtout histoire d’amour aussi tragique que passionnée.

Douglas Kennedy vit un peu à Londres, un peu à Paris, un peu à Berlin. En tous cas, il parle français et c'est donc dans la langue de Molière qu'il s'est adressé à son public. Déjà, chapeau !

Voici le compte rendu de mes petites notes, sans doutes moins fourni qu'habituellement. Beaucoup de monde dans la salle, donc pas facile de se concentrer et de saisir quelques nuances d'accent !

Parfois il y a les questions, parfois non parce que les réponses ont largement dépassé l'ampleur des questions justement.

DK : En France, tous les écrivains sont importants.

Aux Etats Unis, tous les écrivains à succès sont importants.

En Angleterre, vous êtes écrivain, et alors ?!!!

Souvent, on me demande comment on devient Douglas Kennedy ? Je réponds que les carrières créatives sont des montagnes russes. Pour être Douglas Kennedy, il faut aimer la solitude, supporter la déception et le rejet et avoir 20 ans. Mon succès a été tardif : 41 ans, 16 ans après mes premiers écrits. Le succès est fragile, j'ai des doutes tous les jours.

De même, on m'interroge souvent sur la part d'autobiographie dans mes romans. Dans "Cet instant là", j'évoque un écrivain américain divorcé de 50 ans. Ce pourrait être moi. Ce n'est pas autobiographique même s'il y a beaucoup de choses personnelles. L'histoire est complètement inventée. Par exemple, je n'ai jamais assassiné mon ex femme avec une bouteille de vin  !

Le coup de foudre ? Au début, tout est magnifique, et puis après, selon mon expérience, les choses changent quand 2 camions de déménagement stationnent sur le même trottoir.. Tout change avec la vie quotidienne, surtout avec les enfants.

RENCONTRE AVEC DOUGLAS KENNEDY

Le conférencier : le personnage principal du roman n'a pas voulu poser ses racines...

DK : Je suis un homme voyageur. La fuite est dans tous mes romans. C'est la fascination que la vie puisse être ailleurs. Le plus ironique, c'est que c'est comme cela qu'on se crée ses propres pièges.

Le conférencier : Le roman se situe là où était le mur de Berlin qui est omniprésent...

DK : J'ai voyagé à Berlin au début des années 80, pendant la Guerre Froide qui était très très froide, avant Gorbatchev. A l'époque, Berlin était noir et blanc, très gloque. C'était aussi un nid d'espions. En 2006, j'ai commencé à  vivre une semaine par mois à Berlin. L'idée de ce roman a commencé à naître, car on a tendance à déjà bien oublier cette époque. Alors, je me suis documenté, j'ai fait beaucoup de recherche sur la stasi etc...

Ce roman est construit comme une poupée russe, ou une boite chinoise. Il y a plusieurs histoires parallèles car c'est comme cela dans la vraie vie, il n'y a pas qu'une seule vérité.

Quand on écrit, on peut contrôler le destin des autres, des personnages. Dans la vie, c'est impossible car il y a le hasard. Cela me passionne l'idée qu'on vive dans une musique de hasard, que tout puisse basculer d'un moment  à l'autre. J'accepte l'idée que le tragique fasse partie de la vie, c'est le prix à payer. "Cet instant là" parle aussi de cela, de comment l'on vit après la tragédie.

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Mes romans sont très structurés. Mais au début, je n'ai aucune idée du récit. J'aime l'idée que l'on puisse écrire contre le cliché, par exemple écrire sur une droguée qui serait propre, organisée etc..

A l'époque de "La femme du Vème", on me demandait : "Mais comment avez vous fait pour découvrir et décrire aussi bien Paris : La réponse était " A pieds !"

Douglas Kennedy a étudié l'histoire à l'université. "L'Histoire me fascine, surtout les grands événements. C'est pour cela que je les utilise beaucoup dans mes livres."

"Même si l'on n'écrit pas sur l'Amérique, quand on est un écrivain américain, il y a toujours de l'Amérique sous le vernis de ce que l'on écrit. "

Le conférencier : Votre écriture est elle visuelle ?

DK : Oui, parce que j'écris des classiques, mais je reste en dehors du processus cinématographique.

Le cinéma, pour le romancier, c'est comme le casino. De temps en temps, on gagne et des fois, c'est risqué ! J'ai bien aimé l'adaptation française de "L'homme qui voulait vivre sa vie". J'ai assisté à une demi journée de tournage à Paris car ma fille voulait rencontrer Romain Duris !

Le film "La femme du Vème" qui va sortir prochainement sur les écrans est assez différent du roman.

Une question du public : Vous avez vécu 11 ans en Irlande, est-ce que l'Irlande est devenu votre pays ?

DK : Son pays, c'est comme sa famille, c'est sa dispute perpétuelle. L'Irlande n'est pas ma dispute !

Pour info, Douglas Kennedy écrit environ 2000 mots par jour. Mais cela dépend de "comment le roman glisse entre les mains du romancier !"

Et maintenant, pour compléter ma collection de photo "Mains et effet de mains d'auteurs"

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Enfin, j'avoue que cette fois ci, j'ai fait comme tout le monde (oh, l'excuse !!!), j'ai joué à la groupie !

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