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Un chroniqueur du XVe siècle, Georges Chastellain

Par Jeandeseillac
Il est des chroniqueurs célèbres, d’autres moins, parmi ceux-ci : Georges Chastellain. Auteur d’une œuvre remarquable, Georges Chastellain mérite que l’on porte un moment notre regard sur lui.
Un chroniqueur du XVe siècle, Georges ChastellainCe fut aux dernières lueurs de cet éclat si vif jeté par la dernière maison de Bourgogne qu’écrivit Georges Chastellain. Conseiller de Philippe le Bon, admis dans l’intimité des « grands », il entreprit vers la fin de sa vie, d’écrire l’histoire de son temps. Il devait à ses lumières et à son expérience, le crédit dont il jouissait auprès de Philippe le Bon.  Ce prince le consultait sur des questions importantes, lui racontait ses batailles et plus tard, lui fit part de ses plaintes contre l’ingratitude de Louis XI.    Peu de chroniqueurs furent mieux informés que lui. Il recueillit les confidences des principaux personnages qui firent l’histoire de son temps. Chastellain fut lui-même témoin d’un grand nombre d’événements.  Les représentants des nations étrangères n’avaient pas de secrets pour lui.  Il recevait des nouvelles de Gênes, savait ce qui se passait en Allemagne et en Angleterre. Toutes ces opportunités lui permirent d’écrire une œuvre de toute première main, témoignage incontournable sur l’histoire du XVe siècle.
La cour de Bourgogne sous Philippe le Bon était alors le centre de toutes les élégances.  Mais cette splendeur n’avait plus, que peu de jours à briller.  Les événements devaient entraîner cette dynastie à la ruine.  Avec Charles le Téméraire s’éteignit jusqu’au nom de la Bourgogne, qui passa avec sa fille Marie, sous l’autorité de la maison d’Autriche. Chastellain et son œuvre subirent le sort des provinces conquises, ils s’effacèrent en même temps qu’elles.  Les Autrichiens, puis les Espagnols ne s’intéressèrent pas à cette histoire étrangère à la leur.  Et la justification d’une famille éteinte ne concernait plus la France de cette époque.  Les années passèrent, l’imprimerie vint.  De nombreux livres furent publiés, mais les ouvrages en proses et en vers de l’écrivain bourguignon restèrent ignorés. Un autre chroniqueur, Commines fut plus heureux en passant à propos dans les rangs des Français.  De fait, la fortune littéraire de Georges Chastellain semblait définitivement condamnée.  Les uns après les autres, ses précieux manuscrits se dispersèrent.  Le XIXe siècle, redécouvrit enfin le chroniqueur de la cour de Bourgogne et ce qui restait de son oeuvre.
Un chroniqueur du XVe siècle, Georges ChastellainC’est en Flandre, dans le comté d’Alost (Aalst) en 1405 que Georges Chastellain vit le jour.  Il descendait des maisons de Gavre (Gavere) et de Masmines.  Il tirait son nom de la famille des châtelains d’Alost à laquelle il appartenait.
Arrivé à l’âge de sept ans, après une enfance paisible, Jehan, son père, un homme fort sage dit-on, considéra qu’il était temps pour son fils d’apprendre à lire et à écrire.  Il confia l’éducation de l’enfant à un clerc.  « La patrenôtre », pour parler comme Georges, fut à la fois sa première prière et sa première leçon. Ce clerc, dont nous ignorons le nom, lui apprit à bien parler, à lire et à écrire en français et en latin.  Sous sa férule, notre Georges fera de très rapides progrès. Enfant doué, il aime les livres, surtout ceux qui éduquent et qui sont utiles.  Les ouvrages qui enseignent les préceptes de Dieu et ceux qui décrivent certains hommes comme exemples de sagesse ont sa préférence.Les années passent et son esprit, sa force physique se développent harmonieusement. Comme il aime l’étude, il s’applique à acquérir avec zèle et persévérance toujours plus de connaissances.  En 1430, on le voit encore assis sur les bancs de l’université de Louvain.Georges a vingt-cinq ans. La sève de la jeunesse en lui, il pense un peu moins aux études.  Notre étudiant ne songe bientôt plus qu’aux jeunes et jolies dames.  Comme il possède une âme de poète, il compose pour elles des vers charmants.  Pour mieux les trouver, il fréquente de plus en plus le monde, et, des mondanités à l’ambition, il n’y a qu’un pas.  Finies les retraites studieuses en solitaire.  Le monde l’attend.  Pour lui, maintenant, plus rien ne surpasse le bonheur de vivre parmi les seigneurs.  Il voyage ; traverse plusieurs pays lointains ; fréquente les cours et la noblesse.  Ceux qui le connaissent le surnomme l’aventureux.  Il semble que la fin de ses aventures soit assez malheureuse.  On ne sait rien des entreprises qu’il tenta, ni des épreuves qu’il subit.  Il combat pour la première fois, semble-t-il, en 1433 sous la bannière de Philippe le Bon.  Pour ses faits d’armes, il reçoit 90 francs.
Le traité d’Arras marque la fin de la guerre.  Comme beaucoup d’autres, Chastellain se retrouve sans emploi.  Un proche du duc de Bourgogne, Colard de Brimeu, sénéchal de Poitou, prend l’ancien soldat à son service. Quelques temps après, Jean de la Roche succède à Colard, son épouse remplit la fonction de gouvernante auprès de Catherine de France, seconde fille de Charles VII et de Marie d’Anjou.  Catherine de France épousera le comte de Charolais, fils de Philippe le Bon et d’Isabelle de Portugal.  Les de la Roche parti, la sénéchaussée de Poitou passe à Pierre de Brézé qui devient et restera l’ami de Chastellain.  Brezé sera plus tard persécuté et arrêté par ordre de Louis XI.  Chastellain laissera sur la captivité de son ami un écrit fort émouvant.  En 1445, Brézé l’envoie en missions secrètes auprès de Philippe le Bon. De par sa fonction, Chastellain est souvent en relation avec la cour de France.  Charles VII le reçoit toujours avec bienveillance et lui fait beaucoup d’honneur.  Toujours poète, pour remercier le souverain de ses bontés, Chastellain lui offre quelques vers de sa composition. Il aime la France.  Et longtemps après, lorsque Charles et Philippe se seront éloignés l’un de l’autre et, jusqu’au début du règne de Louis XI, Chastellain répétera qu’il met la France au-dessus de toutes les nations chrétiennes. C’est à cette époque qu’il rencontre des personnages célèbres, parmi eux Agnès Sorel, qu’il n’apprécie pas, et le roi René de Sicile, l’ami des poètes.
« j’ay puis veu sourdre en France,Par grant dérision, La racine et la brancheDe toute abusion,Chef de l’orgueil du mondeEt de lubricité ;Femme où tel mal habondeRend povre utilité. »


Un chroniqueur du XVe siècle, Georges Chastellain

Charles VII

 S’il aime la France plus que tout autre pays, il n’oublie pas le sien : la Flandre.  Car là est le tombeau de ses ancêtres.  En Flandre, il retrouve des natures fières, un attachement profond aux institutions, aux droits des villes et des communes.  A plusieurs reprises, il exprime ce sentiment d’appartenance dans son œuvre. Lorsque le duc de Bourgogne déclare que la noblesse de la Flandre par sa constance et sa fermeté est « la plus féable du monde », il s’enthousiasme.  Par gentille ironie, ses bons amis français l’appellent : « le gros homme flamand ».
Un peu à regret, Chastellain quitte la cour de France en 1445 quand, éclatent aux conférences de Châlons de violentes dissensions.  Si violentes que l’on craint un moment une guerre entre le roi de France et le duc de Bourgogne.  Sa vie change.  On suppose qu’il va d’abord à Gand.  Dans cette ville, il assiste, au mois de décembre 1445 à un tournoi resté célèbre. Parmi les juges de cette joute : le duc Charles d’Orléans, fils du duc Louis, assassiné à Paris, en 1407, dans la vieille rue du temple.  Fait prisonnier à la désastreuse bataille d’Azincourt, le duc d’Orléans a passé vingt-cinq années dans les geôles anglaises.
« Et encoires recite l’acteur en sa vision d’un duc d’Orléans mal fortuné,Et qui après longue prison revint en prospérité »
Coïncidence, le confesseur du duc français s’appelle : Adam Chastellain.  Mais rien ne dit qu’il est parent avec notre chroniqueur.  Protecteur des poètes, Charles, tout comme son père, aime les lettres, qu’il cultive :
« Le temps  a laissé son manteaude vent, de froidure et de pluie…. »
Le duc Charles sait que Chastellain est poète aussi l’accueille-t-il fort chaleureusement.
Un chroniqueur du XVe siècle, Georges Chastellain
A cette époque, Georges Chastellain renonce aux armes et à sa vie aventureuse.  Il veut « acquérir » comme il l’écrit «  mérite en labeur et impression de science ».  Au mois d’avril 1446, Chastellain accompagne Philippe le Bon à Arras. Il assiste là, à un combat singulier entre Philippe de Ternant, chambellan du duc, et un gentilhomme castillan.  A la suite de ce tournoi commence une longue amitié entre le chambellan et Georges. Dès cette époque Chastellain figure parmi les écuyers panetiers du duc.  L’année suivante, le duc l’envoie en mission en France où il passe plus de deux mois.  A son retour il se rend à Bruges ensuite à Gand, mais son séjour dans les états bourguignons ne se prolonge pas.  Sa prudence, son habilité, lui ont concilié la faveur de Philippe le Bon.  Cette fois c’est sur les rives du Rhin que le duc l’envoie.  Le sire de Ternant et lui conduisent une ambassade vers le duc de Clèves et l’archevêque de Cologne.  A peine revenu d’Allemagne, il tombe malade à Bruxelles.  Pour l’aider à se soigner, Georges a des soucis financiers, Philippe lui octroie une somme trente deux livres.  L’année qui suit, le duc charge le sire de Ternant et Chastellain d’une nouvelle mission en Bourgogne. A cette ambassade se trouve associé un jeune écuyer franc-comtois, nommé Olivier de la Marche.  En Bourgogne, Olivier et Georges rencontrent le duc d’Orléans.  Toujours très amical, le père du futur Louis XII, reçoit les Bourguignons à bras ouverts.  En 1449, les Anglais saccagent Fougères.  Cet acte de guerre engendre la colère du duc de Bretagne. La prise de la ville rallume les haines mal éteintes entre la France et l’Angleterre.  Philippe de Bourgogne qui désire maintenir la paix, envoie Chastellain vers le duc de Bretagne.

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Philippe le Bon


Mais l’ambassadeur extraordinaire, que le duc dépêche là où la situation le demande, exerce une fonction fort subalterne à la cour de Bourgogne.Si honorable qu’elle est, la fonction d’écuyer panetier, n’enrichit pas ceux qui l’exercent.  En 1447, Olivier de la Marche reçoit trois sous par jour, c’est-à-dire le même salaire que les valets de fruits, de torches et d’étables.  C’est peu, même très peu. La recette générale des finances mentionnent, en 1450, que Chastellain, malgré les faveurs dont il jouit, doit lutter contre des embarras financiers.  Le duc ne tenait semble-t-il pas assez compte des frais de ses missions et de ses voyages. Pour conduire à bien ses ambassades, Chastellain s’endettait.
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Un chroniqueur du XVe siècle, Georges Chastellain

Malgré ces problèmes, pour plaire au duc, il compose deux ouvrages à l’intention de son fils, le comte de Charolais : « Enseignements paternels et l’instruction d’un jeune prince ».
Un fois encore, le 17 mars 1451, le duc envoie son écuyer panetier en mission secrète.  Strictement secrète cette fois-ci, car on ne connaît ni le lieu ni l’ordre de mission.  Mystère total.  La même année, il monte en grade, il devient écuyer tranchant.  A Mons, il assiste au chapitre de l’ordre de la toison d’or.  En 1454, lorsque le duc revient d’Allemagne, il préside avec Olivier de la Marche, les fêtes de Nevers. Elles sont offertes au duc et à la duchesse d’Orléans et à la duchesse de Bourbon. Les fêtes terminées, il suit le duc à Châlons, Dijon, Rouvres et à Salins. Il se rend encore avec lui à Lille et à Bruges.  Sur la route, une mission secrète à Valenciennes lui est confiée.  Georges Chastellain participe à la plupart des cérémonies officielles.  Il assiste ainsi, en 1455, aux processions de la croisade.  En 1456, il accompagne Philippe le Bon en Hollande.  Chastellain est partout, ses services méritent une plus grande distinction.  Le 14 janvier 1456, notre homme se voit enfin paré du titre envié de conseiller de Philippe le Bon.
  
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Vers la même époque, on trouva dans l’hôtel de duc de Bourgogne quelques vers oubliés qui reprochaient au roi de France sa conduite méfiante et soupçonneuse vis-à-vis du duc Philippe.  Ces vers étaient de Chastellain.  Cette découverte fit scandale à la cour de France. Un nommé Gilles des Ormes s’adressant à l’auteur, écrit : «  Changez propos… disposez vous à guerre et à bataille,… ».
Aussi, lorsque peu après, notre conseiller reçoit une mission en France, on lui fait un assez mauvais accueil à la cour.  Vivement interpellé, fortement bousculé, Chastellain se voit traité d’ingrat par les proches de Charles VII. Les courtisans l’accusent d’oublier les bienfaits qu’il avait reçu naguère de ce roi.  Certains racontent qu’il évita de justesse la prison.  Revenu dans les états du duc, notre « ingrat » compose pour se justifier, son « exposition sur vérité mal prise ».  Cette affaire lui a causé suffisamment de soucis pour que sa santé s’altère.  A partir de ce moment, le conseiller du duc ne conserve plus cet enthousiasme pour les affaires de l’état. Compréhensif, le duc lui offre un logement dans le vieil hôtel de la Salle-le-Comte. Jadis, se tenaient dans ce palais, de belles assemblées de chevaliers.  Valenciennes, si fière d’avoir vu naître Froissart, va abriter les dernières années de Chastellain et recevoir sa tombe.  En même temps, le duc lui accorde une pension annuelle de 650 livres. A la condition « de mettre par escript choses nouvelles et morales, en quoy il est expert et cognoissant, et aussi par manière de cronicque les faits dignes de mémoire. ».
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Vers cette époque, il reçoit le titre d’historiographe.  Le duc lui demandait de raconter et de juger les nombreux événements dont il avait été le témoin.  Depuis plusieurs années, il avait réuni les matériaux nécessaires pour écrire la chronique souhaitée.  Il avait atteint cet âge où les illusions se sont évanouies et, où l’on est arrivé « à mûrisson et gravité plus parfaite. ». 

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Jean sans Peur


Avec autorité, il va maintenant, évoquer ses souvenirs, depuis le sombre Jean sans Peur jusqu’au bouillant Charles le Téméraire, depuis le faible Charles VI jusqu’à l’astucieux Louis XI.  Ses écrits vont embrasser toute l’histoire de la maison de Bourgogne et toute l’histoire de la France de ce temps là.
Cette période avait été marquée par le développement du pouvoir des princes. Ces chroniques offrent le tableau de la décadence simultanée des institutions communales et de la chevalerie, dont les héros ne sont plus que des chefs de bandes.  Elles décrivent les catastrophes qui se succèdent, les intrigues, les passions honteuses et les convoitises du siècle.

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Louis XI


En 1461, Chastellain interrompt son récit pour célébrer l’avènement de Louis XI.  Il avait connu ce prince à Bruxelles pendant les cinq années où il résida chez son « bel oncle » Philippe.  Dauphin encore, Louis multipliait, à cette époque, les protestations les plus humbles de gratitude et de dévouement à l’égard du duc et de son entourage. Après le couronnement il en alla tout autrement.  Philippe le Bon s’attendait à la reconnaissance du nouveau roi, mais il s’aperçut « qu’il avait nourri le renard qui mangera ses poules ».  Le duc confia ce sentiment à Chastellain.  L’historiographe ajouta alors quelques lignes dans sa chronique. Il reconnut combien l’on s’était trompé sur ce prince.
Dès 1463, il se fait aider, par Jean Molinet, qui devait plus tard continuer son récit. 

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Charles le Téméraire


En 1467, Philippe le Bon meurt, son fils Charles lui succède. A Bruxelles, quelques temps après, Charles, devenu le Téméraire, reçoit des mains d’un nommé Jean Chenebaut, un livre écrit par Chastellain « touchant le trépas de feu de très noble mémoire monseigneur le duc Philippe ».  Charles le Téméraire comme son père aime les lettres, il apprécie beaucoup l’ancien conseiller. Aussi le maintient-il comme indiciaire. Il va faire plus encore.  Le dimanche 2 mai 1473, pour la tenue d’un chapitre de l’ordre de la toison d’or, le Téméraire se trouve à Valenciennes.  Avant que la grand’messe ne soit célébrée à l’église Saint-Paul, il arme lui-même Georges Chastellain chevalier de l’ordre.  Le nouveau chevalier ne survivra guère à cet honneur qui couronne sa longue et honorable carrière.  Il décède dans les premiers mois de 1475.  On l’inhume dans l’église de Notre-Dame de la Salle-le-Comte, où il avait fondé la solennité de Saint-Georges «  à l’honneur de tous les chevaliers ».    Il laissait un fils, nommé Gauthier, qui fut doyen de Leuze en 1524.  Depuis la révolution de 1789, l’église et le château de la Salle-le-Comte n’existent plus.
Au milieu des dissentiments et des rancunes du roi de France et du duc de Bourgogne, il avait entrepris une œuvre bien dangereuse, et souvent au lieu de tresser des roses, il mania, comme il le dit lui-même, des épines qui lui déchirèrent les mains, mais, quoi qu’il en fut, il fallait défendre la cause «  de l’innocent et du prud’homme, en le citant comme exemple et comme modèle. ».
« J’ai escript, dit-il en parlant des princes de son temps, leurs œuvres et contentions et les grâces et les gloires que Dieu leur a envoyées.  Qui mieux les a employées, c’est celui qui en attend le plus grand fruit, et qui plus les aura converties à vanité, plus en tirera reproches.  Rois meurent, et nations s’esvanouissent ; mais seule vertu suit l’homme en sa bière et luy baille gloire éternelle. »  telle fut l’impartialité de Georges Chastellain, tel fut son zèle pour la vérité.
  
Un chroniqueur du XVe siècle, Georges Chastellain

Olivier de la Marche nomme Chastellain « son père » et s’honore de donner ce titre au « grand historiographe » du XVe s.  
Il écrivit des ouvrages en vers, des pages à la manière de Boccace sur les nobles malheureux, un mémoire adressé à Charles VII  « exposition sur vérité mal prise », une chronique et quelques autres pièces encore.
Chastellain est avant tout un écrivain de la Renaissance.  Il prend dans ses ouvrages les anciens comme modèles.  Au siècle suivant, Joachim du Bellay déclarera qu’il faut prendre les anciens pour modèles.  Un peu trop rhétoricien dans ses réflexions, il emploie un langage énergique et viril dans ses narrations. Il cherche à faire passer dans ses écrits la pensée des antiques sans en affaiblir la concision.  Il écrit ainsi parfois latin en français. Ces vers sont bien au-dessous de ceux de Ronsard et sa prose est sans grande portée, mais qu’importe, les mots sont là, avant tout, pour instruire.

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Assassinat de Jean sans Peur



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