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Skinny Puppy – HanDover

Publié le 15 novembre 2011 par Hartzine

Skinny Puppy – HanDoverChaque nouvelle sortie de Skinny Puppy est communément l’occasion de se recueillir sur les cendres métalliques de l’indus en chouinant que « putain, c’était mieux avant, mais pourquoi qu’ils ont tous fait de la merde après Maman ? ». Parce que d’une, mon petit chéri, le genre est mort au début des glorieuses nonante, et que de deux, les Canadiens au sang froid ont emprunté une voix tout à fait louable en s’aventurant sur les terres de l’électro(nica), de la minimale, du dub, bref, se nourissant, avides, des courants électro fondateurs des 90′s, faisant bruisser les machines en y incorporant leur belle noirceur cradingue. Quand leurs homologues de Ministry se sont tournés vers les murs de guitares et les hurlements de Belzébuth (petits joueurs). Cependant, le temps sans doute faisant son affaire, les dernières livraisons du groupe, depuis leur reformation en 2004, n’avaient guère de quoi décorner un bouc.

Skinny Puppy – HanDover

Alors, avec ce HanDover entre les pattes, à quoi t’attendre ? Déjà, tu remarques que l’horrible pochette et ses abominables mains pleines de doigts s’inscrivent bien dans la lignée de l’iconographie pourrie du groupe. Plus intéressant, le disque est une évolution constante du son, naissant dans les limbes d’une ambiant inquiétante – un peu chiante – pour aller ensuite s’exploser sur un dancefloor démoniaque trop bath. Le remarquable Ovirt d’ouverture, en demi-teinte, en est d’ailleurs la parfaite illustration. Le chant ne va pas te conter fleurette, mais l’instru endigue savamment la rage jusqu’à la moitié du disque. Car alors que tu commençais juste à craindre de devoir te contenter d’un album assez propret, et après la petite ballade pourrie Wavy et le quasi rappé AshAs qui laisse pantois, on te fait comprendre que la tension monte d’un cran avec Gambatte, puis le joyau Icktums, anxieux et burné comme tu aimes. Oui, tu pourrais presque secouer tes dreads vert fluo dans ta combi latex de 93 dessus tellement c’est bien. La rave mortelle se poursuit avec Point, plus noise mais toujours aussi racée, et le taré Brownstone. Tu restes un peu dubitatif sur Vysirus et son instru spéciale blockbuster très très znor… Heureusement, Village est le second titre parfait de l’opus, débridé et flippé à souhait. Là, alors que tu reprends lentement ton souffle, le disque se clos en douceur au son du dub chamanique de Noisex, montée extatique de sept minutes qui finit en crise d’épilepsie de la drum machine.

Alors, tu n’as plus honte de dire que tu écoutes du Skinny Puppy de 2011. Parce que, finalement, les Canadiens ont trouvé une cohérence dans un son moderne, bien qu’un peu daté. Même s’il faudra t’y replonger plusieurs fois avant de t’en imprégner véritablement. Tu leur pardonnes leurs précédents albums inaudibles avec leurs ballades acoustiques pourraves, et aussi ce chant débile sorti d’on-ne-sait-où sur les premières pistes de HanDover. (« Mais… ça sent le punk californien ! Mais t’es horrible ! ») Certes, gamin, il n’y a pas que du bon dans cet album-là, mais Skinny Puppy t’as prouvé qu’il n’était pas encore un vieux chien crevé.

Audio

Skinny Puppy -  Icktums

Tracklist

Skinny Puppy – HanDover (SPV, 2011)

1. Ovirt
2. Cullorblind
3. Wavy
4. AshAs
5. Gambatte
6. Icktums
7. Point
8. Brownstone
9. Vyrisus
10. Village
11. NoiseX


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