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La Sacem accuse la FNAC de piratage de DVD

Publié le 28 février 2008 par Sylvain Ratton

Denis Olivennes, PDG de la FNAC, s’est fait le héros de la lutte contre le piratage en France. Il a été investi par Nicolas Sarkozy d’une mission sur la lutte contre le téléchargement illégal débouchant sur la création d’un rapport. Cette fois-ci, on allait voir ce qu’on allait voir ! Le piratage allait être mis à mal et on voyait déjà le gouvernement porter l’estocade au dernier pirate.

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Oui mais voilà, Le Canard enchaîné, daté du 27 février, révèle une affaire bien embarrassante. Selon le quotidien satirique, repris par plusieurs sites, la Sacem, qui perçoit et répartie des droits d’enregistrements au bénéfice des auteurs, des compositeurs et des éditeurs, soupçonne la FNAC de distribuer des DVD pirates de concerts de grands groupes dans ses rayons. La société d’auteur vient d’ailleurs de confirmer qu’elle portait l’affaire entre les mains des services de police. Elle enquêterait depuis 2 mois sur une série de “vidéos suspectes” trouvées chez le premier disquaire de France. “Des concerts ‘live’ -souvent inédits - de grands groupes de rock, commercialisés sous un étrange label, ‘Wow Corporation’, une maison jusque là inconnue des professionnels du disque“, indique le journal. Sont concernés notamment des lives des Rolling Stones, d’Eric Clapton, de Jimi Hendrix, ou encore de Queen. L’étrange label n’a ni adresse, ni site internet et se présente comme une société américaine. Mais, selon la Sacem, c’est en ex-Yougoslavie que la soit-disant maison de disques est installée.

fnac
L’attention de la Sacem aurait été attirée par les prix très attractifs pratiqués par la Fnac sur ce type de produits, de l’ordre de 5 à 10 euros moins chers que les DVD classiques. De plus, leur jaquette n’est pas de bonne qualité, les disques ne seraient pas lisibles sur toutes les platines DVD, et les images et le son seraient très inégaux. Le plus surprenant, c’est la réponse de la FNAC : “Nous achetons 262.000 références par an et nous avons plus de 600 fournisseurs. Ils savent ce qu’ils nous vendent, ils sont responsables. C’est à eux d’être honnêtes. On ne va pas, à chaque commande, demander au fournisseur qu’il nous prouve que son produit possède toutes les autorisations. Maintenant, si quelqu’un nous prouve qu’il n’est pas légal, on le retire des rayons“, explique au Canard Guy Messina, directeur du disque et de la vidéo chargé des achats du groupe.

D’autres distributeurs français seraient également concernés par cette affaire mais on peut tout de même se demander s’il n’y a pas quelque chose qui cloche. Si le piratage concerne des internautes qui téléchargent quelques titres pour leur usage privé, alors ils risquent de se voir supprimer leurs abonnements tandis que le distribeur, aussi connu que la FNAC, ne se soucie guère de l’origine de ses produits. Il est vrai que le rapport part du principe que vous êtes responsable de ce que vous avez sur le disque dur mais il faudrait que ce soit aussi le cas pour les magasins. A suivre…


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