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The Killing [ SAISON 1 ] – Analyse & Critique.

Par Celine_diane
The Killing [ SAISON 1 ] – Analyse & Critique.
"Qui a tué Rosie Larsen ?" titre The Killing, largement inspiré par le célèbre tagline "Qui a tué Laura Palmer ?" de sa cousine Twin Peaks.
Chez The Killing, on retrouve des ingrédients connus: le meurtre atroce d’une innocente jeune fille, le lac, l’enquête. Hormis cette trame de base, la série, fausse jumelle lynchéenne, puise ses influences ailleurs : en terres nordiques essentiellement. Normal, me direz-vous, puisqu’il s’agit tout simplement du remake de Forbrydelsen (soit Le Crime), gros carton au Danemark.
Nouvelle bonne pioche donc pour la chaîne américaine AMC, après la folie d’un The Walking Dead ; The Killing, créé par Veena Sud (déjà connue pour Cold Case) étant venue se classer deuxième sur le podium des meilleures audiences.
Un succès monstre pour une série policière a priori archi banale ? Non, car The Killing est bien plus que cela. Un véritable puzzle réjouissant, en forme de whodunnit dégénéré, dont l’atmosphère dépressive et le pessimisme à peine masqué sur la nature humaine frappent le spectateur au cœur.
Au-delà du récent engouement pour les productions (littéraires ou non) nordiques, et en attendant le Millenium de Fincher (réalisateur de Seven, autre grosse influence du remake US), le succès de The Killing s’explique aussi par sa réussite formelle.
The Killing [ SAISON 1 ] – Analyse & Critique.
Déjà, l’intrigue s’articule autour d’un axe très dynamique, et inédit : l’enquête autour du meurtre à proprement parler, le deuil de la famille Larsen, et, une campagne politique en cours qui débouchera sur l’élection d’un nouveau maire.
Trois angles de vue pour des épisodes en triptyque alambiqué, peinture sombre et opaque des dessous de Seattle, sinistre et pluvieuse, équivalent américain de l’austère Copenhague.
Les masques tombent
Le meurtre est un catalyseur : il révèle le pire. Derrière chacun d’entre nous. Le flic. Le prof. Le père. La sœur. La fille. La camarade de classe. L’honnête citoyen. Le politicien. La morte. Personne n’est à l’abri dans cette géante fouille psychologique. Tout le monde est un potentiel suspect. C’est simple : à chaque nouvelle piste (finalement abandonnée), on est persuadés de détenir le coupable. Celui qui aurait pu le faire. Pas très rassurant tout ça.
D’un côté, donc, l’équation de base, diabolique (1 jour d’enquête = 1 épisode de ¾ d’heures), joue avec nos nerfs. De l’autre, opacité, atmosphère torturée et rebondissements en cascade viennent compléter le tableau. Tout est là pour que l’on devienne vite accro à The Killing. Et autant vous dire que ça marche.
Côté acteurs, le choix est judicieux : deux gueules méconnues (Mireille Enos et Joel Kinnaman), offrent d’emblée la possibilité d’une identification immédiate. Finies les inspecteurs supra intelligents des habituelles productions US : The Killing leur prête enfin un visage plein d’humanité, mille failles et imperfections. Le duo Sarah Linden / Stephen Holder est donc rendu incroyablement attachant : la première s’assume en mère dépassée face à un ado en crise, pulls ringards et passé trouble en prime ; le second s’affiche en ex-toxicomane, viré de la brigade des stups, spontané et souvent puéril.
The Killing [ SAISON 1 ] – Analyse & Critique.On suit leur enquête presque en temps réel, en suivant leurs points de vue, on possède les mêmes indices, les mêmes suspicions. The Killing implique constamment le spectateur, il est un acteur à part entière de ce cluedo crépusculaire : les protagonistes et les cartes ne changent pas, mais le regard qu’il porte sur eux, la perception qu’il en a transforme sans cesse le jeu. De là, le gentil professeur de lettres peut se muer en potentiel terroriste, le gentil pote d’enfance en abominable psychopathe, le jeune ado en méchant diable.
Autour des deux flics gravitent des figures hautement intéressantes, hantées par le spectre d’une Rosie morte, que toutes ont un jour ou l’autre côtoyer.
Des personnages qui, en révélant leurs démons, mettent également en lumière ceux d’une Amérique post 11 septembre, politiquement corrompue, où les médias tiennent les rênes, et dont les relents racistes et extrémistes empestent les rues. Les réputations s’effondrent en deux, trois rumeurs. Les alliances se font et se défont, au gré des ambitions. Tout le monde veut faire justice soi-même. Tout le monde ment, aussi.
The Killing [ SAISON 1 ] – Analyse & Critique.La palme revient aux parents endeuillés (géniaux Michelle Forbes de True Blood, et Brent Sexton) dont le couple va vite voler en éclat suite à la perte de leur fille adorée. Jamais une série n’aura pris autant de soin à s’attacher aux sentiments des victimes, à aborder frontalement, et avec tant de subtilité, le deuil et la perte d’un enfant. On ne trouve d’aussi beaux points de vue qu’au 7ème art, beaucoup plus rarement sur le petit écran.
Ainsi, The Killing prend-t-il son temps. De pleurer ses morts. De comprendre les vivants. On est, ici, dans de l’anti spectaculaire. A l’exception des finals, qui engendrent volontairement l’addiction, la série ne précipite rien, multiplie les parallèles, les mauvaises pistes, les secrets.
Jusqu’au faux pas, qui a déjà fait couler beaucoup d’encre.
Soit une conclusion en points de suspension, qui choisit de frustrer, pour mieux fidéliser. Là où une boucle bouclée en guise de final était attendue (préférable ?), The Killing préfère s’achever en plein climax. Le cliffhanger, indéniablement, nous laisse sur notre faim.
Mais, avant de visionner la seconde saison d’ores et déjà programmée, vous pouvez toujours découvrir le The Killing danois (dispo en dvd) : ils y révèlent le nom du coupable.

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