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[Critique] THE WHISTLEBLOWER (Seule contre tous) de Larysa Kondracki

Par Celine_diane
[Critique] THE WHISTLEBLOWER (Seule contre tous) de Larysa Kondracki
On est en 1999, dans la Bosnie dévastée de l’après-guerre. Kathryn Bolkovac (interprétée par la formidable Rachel Weisz) s’engage dans les forces de maintien de la paix de l’ONU. Par hasard, elle y découvre l’intolérable : un immense trafic sexuel de femmes de l’Est, impliquant l’ONU elle-même et des organismes privés internationaux. Au lieu d’y maintenir l’ordre et de protéger les populations sur place, certains hommes haut placés se font graisser la patte, et exploitent, torturent, violent, kidnappent de jeunes adolescentes. The Whistleblower, en anglais, veut dire : celle qui dénonce. Attention, choc. Larysa Kondracki, pour son premier long-métrage, revient sur une affaire peu médiatisée, absolument choquante, et tape là où ça fait mal : corruption à tous les étages, inhumanité générale, vérités scandaleuses. Au-delà du propos, proprement révoltant, le film se distingue également par sa qualité cinématographique. Kondracki n’en fait pas des tonnes, ne tombe ni dans la surenchère du scabreux (sans pour autant fermer les yeux sur les atrocités vécues par les victimes), ni dans le pathos (le traitement "histoire vraie" à coups de violons et autres séquences larmoyantes est évité).
En se concentrant sur l’enquête de son personnage principal (qu’elle rend captivante), sur une figure de femme forte et déterminée (à ranger tout droit auprès des Erin Brockovich (Soderbergh, 2000) et Betty Ann Waters (Conviction de Goldwyn, 2011), elle se rapproche de l’intensité dramatique et de la véracité documentaire, et documentée, d’un Veronica Guerin (Schumacher, 2002). D’ailleurs, elle s’est elle-même entretenue avec la véritable Kathryn Bolkovac pour approcher au plus près de la vérité. Aussi, lorsqu’elle clôt le long-métrage, en chiffres et faits terrifiants (2,5 millions de victimes de trafics sexuels aujourd’hui dans le monde, le même organisme privé présent actuellement en Irak et en Afghanistan), on n’éprouve que dégoût et consternation. C’est clair : voir ce film est indispensable.
[Critique] THE WHISTLEBLOWER (Seule contre tous) de Larysa Kondracki

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