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Rechute...

Publié le 02 décembre 2011 par Etsinonrien
Je ne suis née dépressive et je crois bien que je mourrai dépressive... Alors que je pensais que mon dernier traitement en date, entamé il y a deux ans et en bonne voie de se terminer, allait faire effet, je me rends compte qu'en fait il n'en est rien.
Je me retrouve comme une idiote à écrire sur la place publique parce que je ne vais pas bien. Je n'ai personne à qui en parler. J'ai bien consulté un psy il y a quelque temps de cela, mais cela n'avait pas collé entre lui et moi.
Il me semble parfois que j'arrive à mettre le doigt sur ce (cette personne) qui me fait tant souffrir. Il suffirait pour cela d'y remédier, de couper les ponts une bonne fois pour toutes. Toutefois, j'ai tellement peur de me tromper et de souffrir encore plus que je n'ose pas franchir le pas. Alors, je me raccroche à des illusions, en me disant que ça va passer, que ça ira mieux demain.
On n'imagine pas à quel point c'est épuisant de broyer du noir. Aujourd'hui, par exemple, je me sens vidée de toute énergie. Je suis debout depuis 7 heures du matin, et à part emmener les enfants à l'école, je n'arrive à rien faire.
Je me déteste. Je suis un poids pour tout le monde. Une emmerdeuse née. Je n'arrive pas à voir la vie en rose. Je suis exigeante, tyrannique, acariâtre. Je hais mon physique, mes kilos en trop. J'ai repris du poids, je suis redevenue grosse, je n'ai plus rien à me mettre. J'aimerais pouvoir aller claquer mon argent dans une boutique et me refaire ma garde-robe. Mais rien que l'idée de la cabine d'essayage me rebute : je sais déjà que rien ne va m'aller, que le moindre vêtement va mettre en valeur, non pas mes jambes, ni mes seins, mais cette foutue graisse que j'ai autour du ventre depuis trop longtemps maintenant. Quand mes idées sont noires, il me vient parfois à l'esprit de me faire une liposuccion à vif. Tailler directement dans le gras. J'en serais bien incapable, évidemment, mais ça peut vite tourner à l'obsession. Pour me consoler, je mange du chocolat. Je crois bien que je suis perdue.
Ou encore, quand mes idées sont bien noires, je fais une petite prière au fond de moi pour que mon coeur cesse de battre. Hop, comme ça, d'un seul coup. Ou qu'un camion me passe dessus, comme ça on n'en parle plus. Je sais bien que cela ferait souffrir mes enfants de ne plus m'avoir, mais ne souffrent-ils pas plus avec une maman qui n'est jamais heureuse et qui passe sa vie à se plaindre?
J'ai beau cherché depuis des années, je ne trouve rien ni personne qui puisse apaiser mes souffrances. Mais cela va durer encore combien de temps? Peut-on réellement passer une vie entière à subir des souffrances exacerbées, quand on sait en plus que plein d'autres personnes sont confrontées à la même situation mais que celles-ci arrivent à prendre les choses avec plus de philosophie? J'ai tout pour être heureuse, alors pourquoi ne le suis-je pas? Pourquoi cette quête obsessionnelle du bonheur et de ma sérénité est-elle tombée sur moi? Pourquoi, à 35 ans, je suis encore en train de maudire mes parents de m'avoir mise au monde?
Ça ira mieux demain, n'est-ce pas?

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