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Jean-Luc Mélenchon va faire un très gros score en 2012 : c'est une simple question de logique !

Publié le 06 décembre 2011 par Leunamme

Ça y est, le revoilà parti avec ses élucubrations ! Il se prend pour Mme Soleil ! Peut-être, mais j'aime bien prendre des risques. Mais depuis que la politique me passionne (en gros, très longtemps), je suis sur d'une chose : il n'y a jamais de surprises en politique, la politique est une science exacte. Il suffit juste de savoir décrypter les choses au bon moment et de ne pas s'enfermer dans une vision à court terme comme le font trop souvent les médias.

En 2002, par exemple, la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour était tout sauf un miracle. Dès les cantonales de 2001, le FN était en forte progression. Personne ne l'avait noté à l'époque, la division d'avec Bruno Mégret avait encouragé tous les observateurs à considérer le leader frontiste comme politiquement mort. Les cantonales avaient prouvé que non, la mauvaise campagne de Jospin et la surenchère de la droite ont fait le reste. Mais dès 2001, les Français indiquaient qu'ils voulaient sortir de ce face à face tant attendu Jospin - Chirac. Oui mais, me direz-vous, dans ce cas là, Marine Le Pen a pulvérisé les meilleurs scores de son parti aux cantonales de cette année, si on suit ma logique, c'est donc elle qui devrait profiter de tout cela. Je pense que non, mais j'y reviendrai plus loin.

Pour l'instant, je vais essayer de démontrer en quoi il est logique que Jean-Luc Mélenchon fasse un gros score à la prochaine présidentielle. Attention, je ne dis pas qu'il sera au second tour, même si au fond de moi, je l'espére bien (et plus encore...). D'abord, notons que les récents sondages notent un certains frémissement. Il est donné entre 7 et 8%, ce qui est le double du printemps. Mais revenons à ma logique des cantonales. Le Front de gauche y avait dépassé les 10 %, soit une nette amélioration des scores obtenus auparavant par les seuls communistes, ce que bien peu de monde a relevé. Il y a donc bien une dynamique aussi de ce côté-ci de l'échiquier.

 Il est quasiment évident que la crise économique, mais aussi le rôle de l'Union européenne, celui de la BCE vont être au coeur de la campagne électorale. La question qui va être centrale sera celle de l'orientation politique que l'on doit donné à l'Europe. Doit-on aller vers plus d'intégration économique et donc plus de libéralisme, ou plus d'integration sociale, donc moins de libéralisme. C'est peu ou prou le même débat qu'en 2005 au moment du référendum. Nous allons donc retrouver les mêmes clivages. Or, à gauche, Jean-Luc Mélenchon est le seul à prôner une sortie de l'Europe libérale (qui ne veut pas dire une sortie de l'Europe).

Que c'est-il donc passé en 2005 ? 55 % des Français ont refusé une constitution qu'ils jugeaient trop libérale. On peut assez facilement considérer qu'ils provenaient pour part égale de droite comme de gauche. Soyons sympa, disons 25 % à gauche pour simplifier. 25 % venus de la gauche radicale, mais aussi du PS et qui constituent donc aujourd'hui le potentiel électoral que cherche à conquérir Jean-Luc Mélenchon.

Malheureusement, pour l'élection présidentielle de 2007, les différents partis qui composent la gauche radicale s'avérent incapables de s'entendre sur un candidat commun. Ils partent complètement divisés, et c'est Mme Royal qui rafle la mise profitant à plein du vote utile et de la peur à gauche d'un nouveau 21 avril. Olivier Besancenot, Marie-Georges Buffet, Arlette Laguiller, José Bové et Gérard Schivardi totaliseront à eux 5  environ 9 %. Jean-Luc Mélenchon qui sera le seul représentant de ce courant en 2012 (les candidats LO et NPA s'ils ont les signatures nécessaires seront inexistants ou presque), ne peut pas descendre en dessous de ce score. C'est son matelas. Cet électorat, très politisé, est en attente d'un espoir depuis la fin du PCF de Marchais. Mélenchon et le Front de gauche lui offrent cette lumière, même avec réticence, il votera pour lui.

9 % donc minimum. Mais quid de cet électorat noniste de gauche en 2005 qui avait voté Royal en 2007 ? La candidate promettait alors de respecter le vote des Français au référendum, cela lui a certainement permis de capitaliser. Mais aujourd'hui, alors que les mêmes problématiques, les mêmes choix s'offrent à eux, que vont faire ces électeurs là ? Je prends le pari que beaucoup d'entre eux vont  faire le choix de leur convictions plutôt que celui du vote utile. Jean-Luc Mélenchon a un vrai réservoir à la gauche du PS, le score d'Arnaud Montebourg lors des primaires l'a bien montré.

Mais ce n'est pas tout, et c'est là que j'en reviens à Marine Le Pen. La candidate d'extrême droite capitalise elle aussi sur la crise. Mais contrairement aux apparences, elle ne propose pas une sortie du libéralisme. Au contraire, ce qu'elle veut, c'est revenir au capitalisme de papa, un capitalisme qui serait cloisonné dans nos frontières comme c'était le cas jusqu'aux années 60. La limite de sa stratégie vient du fait que même si elle a réussi à changer un peu l'image de son parti, elle continue à faire peur à toute une partie de l'électorat. Mme Le Pen fait peur, et c'est en partie pour cela que beaucoup d'électeurs, par forcément convaincus par son discours se tournent vers elle. Pas par convictions, ou pas complètement.

Or, sociologiquement, l'électorat du Front de gauche, et celui du FN se recoupent. Je vais le pari là encore, le second donc, que s'il y a une dynamique réelle envers le Front de gauche, une partie des électeurs tentés par Mme Le Pen rejoindront finalement Mr Mélenchon parcequ'un discours d'optimisme et d'espoir est au final plus séduisant qu'un discours basé sur la haine et le rejet de l'autre, même si ce dernier est plus simpliste.Pour moi, Jean-Luc Mélenchon a donc de la réserve là aussi.

Je sais très bien que pendant une campagne électorale, beaucoup de choses peuvent se passer. J'admets que ma théorie repose sur des présupposés. Pourtant, l'enthousiasme provoqué par chacun des déplacements du candidat du Front de gauche prouve, la reprise par de plus en plus d'économistes de certaines de ses solutions (Que la BCE prête directement aux états endettés, par exemple), tout cela prouve que la mayonnaise commence à prendre. Et j'y crois ! Vraiment ! Et puisque j'ai décidé de jouer vraiment franc-jeu, je vais donner un pronostic. Pour moi, Jean-Luc Mélenchon ne peut être qu'entre 15 et 20 %. Disons 18, je m'en contenterai.

Rendez-vous en avril, mais j'espére que beaucoup se souviendront que je l'avais dit ! (Dans le cas contraire, ... on verra bien...)


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