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“Le Chat Potté” de Chris Miller

Publié le 07 décembre 2011 par Boustoune

Chalut les humains,

RrrrrrRrrrrRrrrrRrrrrrRrrrr….

Excusez-moi, je ronronne. Parce que franchement, après avoir subi des films autour de puces héroïques, de souris escrimeuses, de chihuahua chébrans et de hamsters high-tech, voilà un enfin un film qui met un félin à l’honneur (1). Et pas n’importe lequel! Ah! Quel kif de revoir sur grand écran mon idole, mon modèle, mon mentor au look incroyablement élégant, avec ses bottes et son chapeau à plume, son pouvoir de séduction qui lui a valu le surnom de “Cachanova” ou de “Felin Lover”, son talent de bretteur et sa gouaille à accent dignes d’un Inigo Montoya (2). Je veux bien sûr parler du seul, de l’unique, de l’irrésistible Chat Potté!

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On en parlait depuis longtemps de ce “spin-off”, en fait depuis que notre génial matou avait conquis le monde de son regard de chat battu dans Shrek 2. Mais il lui aura fallu encore participer à deux autres volets de la saga de l’ogre vert – dont une sous l’apparence du chat “potelé”, quelle hérésie! – avant d’avoir enfin droit à une aventure solo sur grand écran. Ouf! Cette fois, ça y est! Et fort logiquement, ce long-métrage, qui en appellera sûrement d’autres, s’attache à la genèse de notre héros préféré, aux événements qui ont forgé la légende du plus grandiose des félins (après moi, quand même, hein, faut pas déconner…). Un récit qui s’éloigne quelque peu du conte de Perrault.

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Ici, point de pauvre fils de meunier usurpant l’identité du Marquis de Carabas, point d’ogre à duper,… Que nenni!  Cette aventure ne se déroule pas dans un univers médiéval, mais plutôt dans une ambiance de western mexicain façon Zorro ou le Desperado de Robert Rodriguez. Tout commence en effet dans le village de San Ricardo, dans le far-west de Far-Faraway. C’est là qu’est abandonné notre héros, juste après sa naissance. Il est recueilli par la généreuse Imelda, qui s’occupe d’un orphelinat. Alors chaton minuscule, il est une proie facile pour les caïds des cours de récré, mais il peut compter sur le soutien d’un de ses camarades, Humpty Dumpty (échappé de l’univers de Lewis Carroll). Lui aussi est “différent” et rejeté par le groupe. Ils deviennent très vite amis. C’est même Humpty qui baptise le félin “Chat” (“Puss” en VO).
Ils grandissent ensemble et commettent quelques erreurs de jeunesse. Des petits larcins, des bagarres, de l’insolence qui lui valent les réprimandes d’Imelda. Les deux compères semblent inséparables, mais pourtant, leurs chemins divergent quand une énième bêtise manque de provoquer un drame. Chat rattrape le coup et est récompensé pour son premier acte héroïque. On lui donne les fameuses bottes, symboles d’honneur et de respectabilité, et le chapeau qui lui attribue définitivement le patronyme de Chat Potté.

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Mais la légende ne fait que commencer… Pendant que Potté jure de ne plus servir que l’ordre et la justice, Humpty sombre définitivement dans le banditisme. Il piège son ami en l’obligeant à participer malgré lui à un braquage. Le forfait tourne mal et, alors que Humpty est arrêté, Potté parvient à échapper à la vindicte populaire. Il devient un fugitif, qui, dans l’impossibilité sa bonne foi, n’a d’autre choix que de partir loin de son village. Il parcourt alors le monde en quête d’aventures, dans tous les sens du terme : aventures trépidantes faites de chevauchées fantastiques et de combats à l’épée, aventures amoureuses sans lendemain où son chat-rme fait craquer les minettes.
Un jour, notre héros botté et chapeauté apprend qu’un couple de scélérats, Jack et Jill, détiendrait les haricots magiques dont lui parlait tout le temps Humpty Dumpty. Des haricots qui pousseraient en un rien de temps et seraient capables d’atteindre un royaume céleste hébergeant une oie géante capable de pondre des oeufs d’or…

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Oui, hein, faut avouer que c’est gravos, comme scénario. Un mix improbable entre Zorro, Alice au pays des merveilles, Jack et le haricot magique et Nils Holgerson, mâtiné de Jurrasic Park. Les mecs qui ont pondu ça ont dû fumer trop d’herbe à chat.
Mais bon, il fallait bien une trame pour mettre en valeur le génial Potté. Celle-là n’est pas toujours très inspirée, mais elle reste dans l’esprit déjanté de la série des Shrek, parodiant les contes de fées et glissant quelques références cinématographiques bienvenues.

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L’essentiel, c’est que le personnage du Chat Potté fasse son numéro et que les matous cinéphiles se reconnaissent un peu en lui. Ah! J’aime sa façon de laper son verre de lait au bar ou de jouer avec la lumière – on dirait moi, hi hi… – ou encore son art d’agacer les humains de ses miaulements rauques – ça marche à tous les coups, hé hé…
Et en bonus, les auteurs ont eu la bonne idée de placer à ses côtés une splendide femelle nommée Kitty Pattes de Velours, grâce féline incarnée et caractère bien trempé enveloppés dans une combinaison en cuir moulante très miaow miaow façon Catwoman. Ca c’est une minette de compet’!
Mon maître fantasme sur la greluche qui a effectué le doublage vocal de la jolie chatte – Salma Hayek pour la VO (3) – mais moi, désolé, les femelles humaines me laissent indifférent, au contraire des boules de poils sexy comme cette Kitty. Ah, ça y est mes hormones s’affolent, je suis amoureux. Et je suis sûr qu’en plus kitty et moi, on est félins pour l’autre.

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Hum, désolé de cette digression. Reprenons le fil de cette critique sans jouer avec. Le Chat Potté n’est peut-être pas un chat d’oeuvre cinématographique, mais c’est un divertissement tout à fait appréciable qui plaira aux enfants comme aux adultes.
Il est  fun, drôle, bien rythmé, peuplé de personnages secondaires attachants et porté par son héros, toujours aussi classe. Normal, c’est un chat, mais quand même, il est au sommet quand il susurre des mots doux aux minettes de sa voix de chien andalou – c’est toujours Antonio Banderas qui assure le doublage en VO – qu’il dompte un taureau, qu’il fasse sauter un cadenas d’un coup de griffe ou encore qu’il donne une leçon de flamenco lors d’une battle de danse épique qui ridiculise les Sexy Dance et consorts.

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Bon faut que je vous laisse,
J’ai repéré les lingots blancs dans le placard de la cuisine et je vais essayer de les faire pousser pour aller jusqu’au château céleste. Pas pour aller me récupérer les oeufs en or. Rien à secouer de ça… Par contre, j’ai besoin de récupérer le gros poussin en 3D qui habite là-haut. J’ai invité Kitty Pattes de Velours à dîner et je me dis que ça fera un excellent plat de résistance.

Pleins de ronrons,

Scaramouche

scaramouche vs Potté

(1) : Non, je n’ai pas oublié mon pote Le Chat du Rabin, mais il n’évolue pas tout à fait dans ce registre-là…
(2) : Pour les incultes, il s’agit d’un personnage culte de Princess Bride (“My name is Inigo Montoya you killed my fatherrrrr, preparrre to die!”)
(3) : En VF, c’est Virginie Efira qui assure le doublage. (C’est mignon aussi…)

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Le Chat Potté
Puss in boots : the story of an ogre killer

Réalisateur : Chris Miller
Voix de : Antonio Banderas, Salma Hayek, Billy Bob Thornton,
Zach Galifianakis (VO) Boris Rehlinger, Virginie Efira (VF)
Origine : Etats-Unis
Genre : film de cat et d’épée
Durée : 1h30
Date de sortie France : 30/11/2011
Note pour ce film : ●●
contrepoint critique chez : Le Nouvel Obs

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