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100 livres en 100 semaines (#36) – The War for Late Night

Publié le 12 décembre 2011 par Epicure

100 livres en 100 semaines (#36) – The War for Late NightVous vous souvenez sans doute l’an dernier de cette saga impliquant deux monstres de la programmation télé de fin de soirée, Jay Leno et Conan O’Brien.

En l’espace d’à peine quelques mois, le public fut bombardé d’annonces témoignant de l’incapacité d’NBC de composer avec la patate chaude Jay Leno suite à la décision initiale de tasser le successeur de Johnny Carson au Tonight Show pour le remplacer par l’up-and-coming irlandais de souche.

Finalement on décida d’offrir la case de 22h00 à Leno en espérant qu’il puisse raviver la flamme de cette plage horaire presque éteinte depuis les beaux jours d’ER. Erreur monumentale. Après à peine quelques mois d’une expérience ratée, on apprenait à la stupeur générale que Jay Leno reprenait les rennes du Tonight Show. Conan? Out.

On a vu par la suite déferler sur Conan O’Brien une immense vague de sympathie sur les réseaux sociaux. En quittant le Tonight Show, O’Brien emportait avec lui la tranche des 18-35 ans que Leno et son style old school n’ont jamais été capables de rejoindre.

Mais que s’est-il donc passé dans les bureaux d’NBC au cours de cette période tumultueuse? Bill Carter, le Richard Therrien du New York Times, s’y est intéressé. Quelques années auparavant, il avait aussi enquêté sur les magouilles du clan Leno pour obtenir le Tonight Show sous le nez de David Letterman, que la planète entière voyait à la place de Johnny Carson. Il en avait résulté un livre passionnant, The Late Shift.

The War for Late Night est au moins aussi pertinent que The Late Shift pour quiconque s’intéresse au médium TV et à ses coulisses. Les événements sont relatés avec une telle précision qu’on imagine facilement l’envergure hallucinante de la somme de travail abattue par le journaliste. Parfois, ça se lit comme un roman : je pense entre autres aux moments où les dirigeants d’NBC doivent annoncer leur volte face à Conan. Presque chaque minute de l’épisode est évoqué au point où on a l’impression d’être parmi les protagonistes.

Petit bémol qui n’en est peut-être pas un : si vous êtes un fan de Jay Leno, vous risquez de sentir que les faits ne rendent pas votre préféré des plus sympathiques. C’était aussi perceptible dans The Late Shift où Leno était dépeint comme un insécure, un peu parano sur les bords, souvent dépassé par les événements. Presqu’un loser, en fait. Personnellement j’ai peine à croire qu’il s’agit-là d’un choix conscient de l’auteur. En tout cas, ça ne m’a pas empêché d’apprécier le beau travail accompli sur The War for Late Night.

Pour cotre info, aujourd’hui Leno est toujours à la barre du Tonight Show alors qu’O'Brien et son nouveau talk show entrent en ondes 30 minutes avant Leno à la chaîne câblée TBS.


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