Magazine Culture

Pascal Schumacher - "Bang My Can" 2011 Enja

Publié le 15 décembre 2011 par Audiocity

http://s370308257.onlinehome.fr/FEE2011/wp-content/uploads/2011/07/Pascal_Schumacher_Quartet_3-640x370.jpg

Il s'agit du dernier disque en quartet du vibraphoniste luxembourgeois Pascal Schumacher paru durant l'été de cette année. Une nouveauté pour moi qui ne connaissais pas ce musicien mais qui ai toujours été attiré par les sonorités de cet instrument, à commencer par ce que j'en avais déjà entendu dans les albums du Modern Jazz Quartet (Milt Jackson), de Stefon Harris en leader ou comme sideman, des nombreuses productions de Bobby Hutcherson, ou encore avec les 2 albums du couple Kouyate-NeermanComme tout musicien qui se respecte, Pascal Schumacher est un bourreau de travail qui ne compte pas les heures passées à répéter ses gammes et à écrire toutes sortes de pièces pour le cinéma, le théâtre, la danse, et bien sûr pour le quartet avec lequel il joue depuis maintenant plusieurs années et qui m'amène à vous parler de lui aujourd'hui. Si je ne me trompe pas, "Bang My Can" est leur sixième disque. Souvent relégué au "simple" statut de percussion, peu de musiciens sont arrivés à extirper le vibraphone de son utilisation d'origine pour en faire l'élément principal d'une formation, et c'est principalement le jazz ou la salsa qui, à leur manière, s'en chargeront (si même Mozart ne lui a jamais dédié de concerto....). Pascal Schumacher s'en empare, usant de sa technique personnelle et de technologies modernes pour le faire tinter de multiples façons, parfois rocailleux et sévère, électrique, ou bien cristallin et soyeux, originel. Ingénieux, inventif et mélodieux, ce disque romantique et lyrique tire franchement vers la pop et me plait beaucoup pour ça. Il exprime très bien les possibilités diverses qu'offre le vibraphone lorsqu'il est associé avec brio à un trio piano-basse-batterie (dans l'ordre Franz von Chossy, Christophe Devisscher, Jens Düppe). C'est vivace, les riffs essentiellement binaires détonnent et les thèmes fonctionnent très bien. 


Pour orienter l'auditeur comme il est coutume de faire, on pensera à Neil Cowley Trio sur l'énergique "Bang My Can", The Bad Plus pour la fougue de "Elmarno", Dan Berglund et son Tonbruket première mouture sur "A Fisherman's Tale", très belle ballade poétique et minimaliste, ou bien forcément E.S.T pour la mélodie et les basses de "Water Like Stone" (magnifique composition). Une fois énuméré tout cela pour la forme, il faut surtout voir dans "Bang My Can" une oeuvre très bien écrite qui se lit avec beaucoup de simplicité. Ce disque dégage une grande sérénité ("Metamorphosis"), sa grande variété le rendant à chaque fois plus attachant. La corrélation piano-vibraphone et leur harmonie "tranquille" et "souple" touchent juste ("30 Little Jelly Beans"), tout comme pour la partie rythmique, impeccable, puissante et moderne. Les 52 minutes s'avalent sans effort et sans peine. La musique vous porte avec légèreté. Tout n'est pas mémorable, sans doute, mais même si certains morceaux résonnent d'instinct plus ou moins favorablement à vos oreilles, ils restent suffisamment bien écrits et arrangés pour que sur la longueur vous ne vous ennuyiez pas. En fait, ça fonctionne tout simplement bien.

Amazon iTunes Officiel

Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Audiocity 526 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazines