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[Feuilleton] Mont Ruflet d'Ivar Ch'Vavar - 10/41

Par Florence Trocmé

Mont-Ruflet 
poème-feuilleton d’Ivar Ch’Vavar 
10e épisode 
Résumé de l’épisode précédent : Le poète donne à Alix la main dessé-chée de grand-mère qui est la main des contes... Entrée dans le bois, dont la réalité sonore est comme suspendue. L’écho cherche à se définir. 
 
Du reflet. L’écho, lui,  on peut à la rigueur en avoir 
Une représentation mentale. Par exemple je le vois,   (470) 
Moi, comme une succession de petits pois,  qui rou 
Lent hors la cosse :  une unité d’écho égale un petit 
Pois. Eh bien,  je dois dire que je ne suis pas mécon 
Tente de cette petite digression,   qui d’ailleurs n’en 
Est pas une (on reste en plein milieu de tout),  quel 
Poète ne m’envierait un tel morceau de bravoure ? 
Se rengorgea Alix. Mais encore, tournant la tête de 
Tous côtés, elle n’a de cesse d’avancer  (pardonnez- 
Moi : une seconde d’inattention... mais je lui rends  
La main)... J’ai passé l’orée et je suis passée dans la      (480) 
Forêt, j’ai fait quelques mètres, sous un premier hê 
Tre ; à béer, à chercher une autre façon de respirer, 
À tourner la tête,  et je tirais sur les sangles de mon  
Sac à dos.  Je tendais l’une et puis l’autre oreille, et, 
Oui, eh bien des gens étaient là, par ci, par là, tout 
Le village peut-être était là, il m’a semblé reconnaî 
Tre tel et tel... Eux étaient baissés... ils ont relevé la 
Tête, et levé les yeux... Ils m’ont regardée, et j’étais 
Comme une étrangère, pour eux,ça, je l’ai vu dans 
Leurs yeux. Ils ramassaient le bois mort, liaient les      (490) 
Fagots... Je me suis rendu compte à leurs oripeaux 
Que j’étais passé dans un autre temps ,Moyen Âge 
Vraisemblablement. Et il y avait les hommes, et les 
Femmes, tous pliés en deux ; et les femmes ont seu 
Lement relevé un peu le haut du corps, et les yeux. 
Les hommes se sont redressés complètement. Pour 
Se donner une contenance (probablement),certains 
Ont creusé les reins et, avec leurs gros poings,  eux, 
Ils se massent les muscles lombaires.  Deux ou trois 
Ont posé leur paume crasseuse en visière sur  leurs      (500) 
Arcades sourcilières. On dirait... oh, ça n’est peut-ê 
Tre qu’une impression... que tous louchent (tare gé 
Nétique ?... les mariages consanguins ?), tous, plus 
Ou moins. Ou alors...comme s’ils cherchaient à ch 
Asser une mouche,  de leur vision.  Et puis, plus ou 
Moins, ils se mettent à se balancer d’une jambe sur 
L’Autre, une sorte de danse ;  ils tordent leurs yeux 
Toujours plus et, dans le même temps leur progna 
Thisme s’accentue considérablement.. Les femmes 
Avaient repris leur travail, toutes ensemble ; le mê      (510) 
Me geste, toutes en même temps ; avec ces visages 
Fermés. J’observais tout cela et à vrai dire, — je ne  
Me sentais pas très à l’aise. Une pointe de culpabil 
Ité montait en moi, vous savez, comme quand l’on 
Sait bien, au fond, qu’on n’a rien à se reprocher, si 
Ce n’est peut-être qu’il arrive, — et c’est justement  
À nous que ça arrive — que l’innocence soit le pire 
Des crimes. Je commençais à trouiller du croupion 
Et à me sentir des envies de courir. C’est alors que 
Je vois la main de grand-mère posée sur mon épau      (520)

prochain épisode mercredi 21 décembre 2011

 
 


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