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Camille au café de la danse (18.12.2011) : Divine diva

Publié le 19 décembre 2011 par Notsoblonde @BlogDeLaBlonde

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Crédit photo : www.blogparis.fr Concert madame lune

Camille ça fait quelque temps que je connais son travail maintenant. J'aime ce qu'elle ose, la créativité débordante dont elle fait preuve, ce désir de sans cesse vouloir explorer de nouvelles pistes, celui de se nourrir de ses expériences personnelles pour faire évoluer son travail à l'image de ce qu'elle est elle-même.

Pourtant, jusqu'à ce jour, je ne l'ai encore jamais vue sur scène.

Cette semaine pourtant elle avait 5 dates de programmées au café de la danse. Depuis l'écoute de son dernier album Ilo Veyou, j'avais pourtant TRES TRES envie de le faire mais voilà les dates auxquelles elle était programmée ne convenaient pas avec mon propre emploi du temps. Et puis désistement de dernière minute, mon dimanche soir est libéré, je tente le tout pour le tout et j'essaie de voir, si, par hasard, je ne pourrais pas y assister. A toutes les portes auxquelles je frappe, j'entends le même discours "Pour cette artiste ci la date est complète depuis longtemps, en plus c'est sa dernière date parisienne alors impossible de dégager une place". Toutes les portes sauf une. Grâce à un heureux (ô combien heureux) concours de circonstance, on m'annonce que je vais pouvoir y assister. Je promets que sur le moment, j'ai fait un petit bond de joie. Hourra.

Dimanche soir. Café de la danse complet.

Dans le public, pléthore de célébrités. Parmi ces têtes connues, quelques chouchous : Charlie Winston et Florent Marchet notamment, tous deux simplement mêlés au public. Petite joie stupide quand je les aperçois.

Première partie assurée par le frère de Camille aka Simon Dalmais. Ambiance jazzy classique. C'est agréable pour commencer. Loin des expérimentations de sa soeur mais joli. Je me souviens maintenant, le mot qui m'est venu à la fin de son set c'est "plaisant".

Puis c'est au tour de Camille de s'installer. Alors qu'elle était brièvement apparue pour présenter son frangin simplement drapée dans un grand drap de feutre et chaussée de sabots dorés (oui parfaitement ça existe, la preuve j'ai cherché et par exemple tu peux te procurer les mêmes qu'elle ici, tu vois), la voilà qui entre en scène enveloppée dans un tissu blanc léger. Elle s'avance vers une ampoule suspendue au plafond qui retombe bas sur la scène et l'entoure de ses bras créant une sorte d'habillage textile tout autour. Elle entonne "aujourd'hui" et alors qu'elle évoque un accouchement, sa respiration s'accélérant et son rythme d'élocution aussi, elle finit par libérer la lumière qu'elle avait emprisonnée jusque là. Je trouve la métaphore superbe.Dès le premier titre la mise en scène m'a scotchée et ça n'a pas cessé jusqu'à la dernière minute. 


Elle découvre une robe composée de deux épaisseurs : la plus proche du corps est une robe de satin aux tons orangés qu'elle découvrira complètement quelque temps plus tard mais qui est pour l'instant encore recouverte d'une robe blanche aux plis marqués et aux pans amples avec lesquels elle jouera beaucoup pendant ses séquences chorégraphiées. Beauté.


Pour chaque morceau, Camille a prévu de petites trouvailles de mise en scène, pas de gros effet, non, des jeux de lumière, des ombres portées, mouvantes le plus souvent, des projections captées depuis de petites caméras stratégiquement placées sur scène, des jeux d'enfants (bulles de savon), des positions surprenantes (Wet Boy interprété intégralement en position couchée), une participation réelle du public (elle invite deux spectateurs qu'elle choisit elle même et qui se prêtent de bonne grâce au jeu à venir danser une valse à ses côtés pendant qu'elle chante "La France")...


Sur scène, les arrangements sont assurés par une batterie, un piano, une guitare, un violon, une contrebasse et (plus inattendus) : des verres en cristal. Harmonieux et varié.

Tout le concert n'est qu'une succession d'idées dont on se dit qu'elles débordent d'ingéniosité. Sans esbrouffe, avec des moyens relativement simples, Camille éblouit.

Chaque titre prend une dimension particulière sur scène si bien que même ceux qui m'avaient moins séduite sur disque remportent mon adhésion et celle, massive, du public, au vu des applaudissements et des acclamations qui font suite à chaque morceau.

Fin du concert devant une salle comble et enthousiaste au possible.

Retour pour interpréter d'anciens morceaux, ceux de ses précédents albums et une reprise de Mickaël Jackson "Wanna be startin' somethin'".

Là elle fait part à la foule de son désir d'exécuter un moonwalk. Tente l'exercice et annonce bien haut que "pieds nus, ça ne marche pas, ça ne glisse pas". Oui parce que ça me fait penser, j'ai oublié de préciser que Camille est pieds nus sur scène. Comme l'était par exemple Césaria Evora dont on a appris la triste disparition ce week end. Comme le sont beaucoup d'artistes que j'apprécie beaucoup d'ailleurs. Il faudrait que je me penche attentivement sur la question. Mais plus tard.

Donc Camille est pieds nus et réclame à l'assistance des chaussettes. Là, je reste convaincue qu'il y a dans le public des membres de son staff qui ont prévu le coup vu qu'elle reçoit rapidement deux chaussettes différentes, venant de deux endroits distincts du public. Elle s'en saisit et les enfile, en ayant pris soin de les renifler pour (dit elle) "vérifier qu'elles sentent bien pareil". Elle fait la démonstration d'un moonwalk fort réussi puis restitue les chaussettes à leurs propriétaires en les jetant dans le public. Si quelqu'un est en mesure de me donner des informations sur cette séquence là du concert, je prends. Ca me taraude un peu... Truqué ou pas?

Puis elle décide de faire chanter son public. Après des exercices classiques d'échauffement, elle lance la chorale, les paroles sont simples et répétitives, l'exercice dure longtemps, elle semble beaucoup s'en amuser et son public aussi, tenant les notes sur la durée. Moi j'ai la gorge qui chauffe mais je participe. C'est pas tous les jours que je participe à une chorale dirigée par Camille non plus. J'en profite.

Puis vient la fin du concert. Après deux bonnes heures de show où elle s'est donnée sans compter.

Là on se dit tous qu'elle a droit à un repos bien mérité mais...elle annonce que pour ceux qui sont intéressés, elle qui "n'a pas prévu d'aftershow hein" parce que "c'est pas son genre", propose que nous formions tous une procession musicale pendant laquelle nous reprendrions le refrain que nous avons chanté ensemble quelques minutes plus tôt tout en se rendant jusqu'au pont des arts en empruntant le métro.

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Le temps de se vêtir chaudement et de se chausser (oui, c'est mieux, elle avait déjà proposé ce final là en 2005 apparemment mais c'était l'été et elle était partie directement à la fin du concert descendant directement de scène pour sortir, sans prendre la peine de se chausser...), elle rejoint la partie de son public qui est motivée par l'aventure. J'en suis tu penses bien.

Commence alors un périple complètement irréel pendant lequel chacun a le sentiment de vivre un moment d'exception. Que ce soit pendant le trajet en métro ou sur le pont des arts où elle entonne plusieurs de ses titres entourée de ses musiciens, devant un public partagé entre le recueillement et l'envie de participer, convaincu d'assister à un moment émotionnellement très particulier.

Jusqu'au final de son concert, Camille aura su marquer sa singularité et sa volonté de défendre bec et ongle des valeurs et un style qui sont les siens. Force est de constater que tout ceci lui va vraiment bien.

Je repars avec un souvenir du concert, un des coussins bombés "Ilo Veyou" reprenant la typo dorée qui orne l'album (on avait le droit pour la dernière, hein, je n'ai rien volé soit dit en passant, inutile de saisir les autorités :p). Improbable soirée complètement magique.

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      Rappel : la chronique de l'album, Ilo Veyou est à retrouver là...


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