Magazine Politique

Histoire et fonctionnement du système économique

Publié le 20 décembre 2011 par Plusnet
Histoire et fonctionnement du système économique
Histoire et Fonctionnement du
Système Économique
Le problème qui a été esquivé à travers les siècles, et pour lequel il faudra se battre tôt ou tard, c’est le conflit qui oppose le peuple aux banques.
– Lord Acton
Il n’existe aucun individu dans notre société qui n’utilise pas de l’argent à tous les jours pour effectuer des transactions et même lorsqu’un individu ne fait aucune transaction durant la journée, il utilise des objets qui furent achetés et il est possible de déterminer un coût d’utilisation journalier de ces produits. Malheureusement, découlant des lacunes du système de l’éducation et du système médiatique, les gens utilisent de l’argent sans connaître sa valeur réelle et sans comprendre le fonctionnement de l’économie, tout comme il est possible d’utiliser un ordinateur sans comprendre comment il fonctionne. Pour comprendre le fonctionnement du système économique, il est primordial de comprendre son évolution et l’apparition des principes économiques dans leurs contextes respectifs parce que « de tous les secteurs de l’économie, l’étude de l’argent est celui où la complexité du système sert le plus à déguiser la vérité, à la dissimuler, au lieu de l’exposer, » dit John Kenneth Galbraith, économiste. Il est à spécifier que ce texte n’est qu’un résumé négligeant plusieurs aspects, pour en favoriser d’autres plus importants, selon l’objectif de cette lettre à l’humanité.
À l’époque de la préhistoire, les hommes connaissaient déjà la valeur de leurs possessions et ils les échangeaient entre eux par le principe du troc, mais il n’était pas toujours facile pour un individu d’échanger un objet qu’il possède à une autre personne qui ne désirait pas cet objet. Pour réussir à obtenir l’objet désiré, il devait parfois effectuer plusieurs échanges pour obtenir un objet qui lui permettrait de l’échanger contre l’objet désiré. Par exemple, Jean a besoin d’une pelle et il n’a qu’un couteau à offrir, mais Pierre qui possède une pelle possède déjà un couteau et il veut échanger sa pelle contre une hache, alors Jean doit trouver une autre personne qui veut échanger un couteau contre une hache pour l’échanger contre la pelle dont il a besoin. Évidemment, le temps nécessaire à ces échanges n’était pas très productif et l’évolution remédia à ce problème grâce à l’invention d’un système d’échange basé sur des objets de transactions ou le poids de certains minéraux précieux. Les sociétés se sont accordées pour donner une valeur fictive à l’or, l’argent et le bronze. Cet accord entre les individus fit naître le premier système économique facilitant les échanges en permettant à toutes les personnes d’échanger un objet contre des métaux précieux.
La forme et la pesanteur des métaux précieux étaient variables et il n’était pas facile de les couper lorsqu’une seule partie du morceau suffisait à une transaction, alors afin de faciliter les échanges, les orfèvres transformèrent ces métaux en pièce de monnaie dont la pesanteur était fixe. Durant cette période de transition économique, certaines personnes vendaient plus qu’elles achetaient et elles commencèrent alors à accumuler de la richesse. Suivant la nature humaine, ces riches avaient peur de se faire dérober et c’est à ce moment qu’ils popularisèrent les coffres-forts. Les gens n’étaient pas tous assez riches pour s’acheter leur propre coffre fort et flairant la bonne affaire, les propriétaires des coffres-forts acceptèrent de louer à ces gens un espace pour entreposer leurs pièces de monnaie.
La monnaie en papier fut inventée à ce moment de l’histoire, les propriétaires des coffres-forts échangèrent les pièces de monnaie qu’ils gardaient contre des billets en papier représentant une quantité de pièces. La promesse de dette naquit simultanément, seul l’orfèvre qui signait la promesse était obligé de l’échanger contre des pièces d’or, mais les autres orfèvres pouvaient accepter l’échange s’ils avaient confiance au signataire parce qu’ils pouvaient se faire rembourser par ce dernier. Dans l’éventualité de l’insolvabilité d’un orfèvre, les détenteurs des promesses de dettes perdaient leurs pièces d’or. Les billets étaient plus légers et plus faciles à transporter comparativement aux pièces de monnaie, les gens préférèrent alors laisser leurs pièces de monnaies dans les coffres forts et utiliser leurs billets en papier pour acheter des produits. Au fils du temps, ces propriétaires de coffres forts réalisèrent que leurs coffres ne faisaient que se remplir parce qu’il y avait plus de personnes qui venaient déposer des pièces qu’en retirer. Ces propriétaires prêtaient déjà leurs pièces de monnaie contre de l’intérêt et ils eurent l’éclair de génie de prêter les pièces qui ne leur appartenaient pas pour récolter encore plus d’intérêt. Constatant l’accumulation de la richesse des propriétaires, les gens demandèrent à leur tour de l’intérêt sur les pièces de monnaie qu’ils leurs prêtaient et c’est ainsi que les premières banques sont nées. Évidemment, ces banques chargeaient plus d’intérêts sur l’argent qu’elles prêtaient que sur l’argent qu’elles se faisaient prêter pour couvrir le prix de ses infrastructures, de ses coûts d’opérations, le risque du non remboursement de ses créanciers et une certaine marge de profit.
Les propriétaires des coffres-forts virent leurs profits diminuer en devenant des banquiers, étant donné qu’ils devaient maintenant verser une partie de leurs intérêts à leurs prêteurs et ils eurent encore une illumination pour augmenter leurs profits. Les banquiers étaient les seuls à connaître la somme totale d’argent dans les coffres forts et la demande de billets en papier ne faisait qu’augmenter, ils prêtèrent alors plus de billets en papier qu’ils ne possédaient de pièces de monnaie pour récolter encore plus d’intérêt. Ils chargeaient alors de l’intérêt sur de l’argent qu’ils ne possédaient pas et qui n’existait pas réellement : ce principe est l’ancêtre de l’effet multiplicateur du crédit. Est-ce logique qu’un individu prête 900 dollars en promesse de dette lorsqu’il ne possède que 100 dollars en pièce d’or? Certaines personnes réalisèrent la magouille des banquiers et ils allèrent retirer leurs pièces de monnaie à la banque. La rumeur se répandit tellement rapidement que le roulement de la banque s’inversa et les coffres forts se vidèrent avant d’avoir remboursé tous ses créanciers. Pour la première fois de l’histoire, le gouvernement devait intervenir et interdire ce déséquilibre entre le nombre de billets en papier et les pièces de monnaie, mais le gouvernement possédaient une grande quantité de billets en papier et il décida alors de réglementer cette pratique pour éviter que ses billets en papier se dévalorisent en perdant la confiance des gens.
Le gouvernement et les banquiers privés négocièrent une réserve obligatoire, un ratio de neuf billets en papier contre une pièce de monnaie en or et pour prévenir le manque de pièce de monnaie d’une banque, le gouvernement créa une banque centrale qui prêterait des pièces de monnaie à une banque qui en manquerait contre des billets en papier. Grâce à ce principe de banque centrale, il n’était plus théoriquement possible de vider les coffres-forts d’une banque puisque la banque centrale allait remplir les coffres d’une banque privée aussi rapidement qu’ils se videraient. En plus, dans l’éventualité que la banque centrale manquerait de pièces de monnaie, elle allait emprunter des pièces aux autres banques pour les prêter à la banque qui se faisait vider. Ce principe d’échange de pièces de monnaie entre la banque centrale et les banques privées créa une stabilité financière en empêchant la faillite des banques privées.
Ce petit résumé de l’histoire est inspiré de l’allégorie de l’orfèvre de Paul Grignon, mais concrètement, l’évolution du système économique jusqu’à l’apparition des banques centrales est légèrement plus complexe à comprendre et elle expose plusieurs forces et faiblesses du système économique actuelle. L’évolution du système économique est le produit de l’évolution interactive de l’argent, des banques, des sociétés par actions et de la bourse qui en sont les composantes essentielles.
Le premier fait historique important relatif à l’objectif de cette lettre se produit au 12e siècle en Europe. Les moulins du Bazacle furent la première société par actions à Toulouse, les gens achetaient des actions pour financer le développement de la compagnie et devenir des associés. Chaque année, les actionnaires se réunissaient pour élire les administrateurs, le trésorier et le receveur des gains qui avaient le devoir de gérer la compagnie. Contrairement à la bourse de notre époque, les actionnaires recevaient une quantité de farine relative au nombre d’actions qu’ils possédaient au lieu de recevoir une partie des profits de la compagnie. Les actionnaires avaient le droit de vendre leurs actions à d’autres personnes ou d’en acheter davantage pour recevoir plus de farine. Le prix des actions n’était pas fixé par la compagnie, les gens négociaient chaque transaction et le principe de l’offre et de la demande fixait le prix. Contrairement à la bourse des valeurs de nos jours, la fixation du prix par l’offre et la demande n’était pas analysée par un système comptable qui déterminait un prix équitable, les gens devaient trouver des acheteurs ou des vendeurs pour négocier une transaction. Évidemment, il était déjà possible de trouver un vendeur d’actions à bas prix et de trouver un acheteur à bon prix pour réaliser un certain profit. Ce type de transaction est l’ancêtre de la bourse.
L’histoire se continua jusqu’au fondement de la première bourse moderne au 13e siècle à Bruges, les marchands se rencontraient devant l’hôtel de la famille Van der Buerse pour négocier la valeur des différents types de monnaies de tout l’Europe et fixer le prix des marchandises selon les conjonctures économiques. À cette époque, les informations nécessaires à la fixation du prix n’étaient pas transmises par les médias et les marchands s’engageaient de bonne foi à transmettre leurs connaissances relatives à la valeur des différentes monnaies et marchandises par rapport à l’offre et à la demande des autres marchés. Suite à ce partage d’information, les marchands pouvaient déterminer le prix de vente d’un objet selon les différentes monnaies ou encore, l’achat d’une monnaie par un autre type de monnaie. Bruges joua un grand rôle dans la création du marché des valeurs qui fut développé par la suite à Anvers.
La Feitoria de Flandre, fondée au 15e siècle à Anvers, est devenue la table tournante des marchés internationaux en réunissant des financiers et des marchands espagnols, flamands, allemands, portugais, italiens et suédois en reliant l’Inde à l’Amérique. Les banques n’étaient pas encore suffisamment établies dans cette ville pour tenir un registre de toutes les dettes des commerçants, alors les lettres de change reprirent de l’importance en facilitant les échanges entre trois personnes. La lettre de change est une preuve qu’une première personne appelé le tireur, donne à une deuxième personne appelée le tirée, l’ordre de payer à une date fixe une somme d’argent à une troisième personne nommée bénéficiaire : c’est l’ancêtre du chèque tel qu’il est connu de nos jours. Contrairement à la monnaie en papier qui pouvait s’échanger en tout temps, ces lettres offraient une certaine garantie contre les voleurs étant donnée que le bénéficiaire était le seul à pouvoir les échanger. Un grand progrès boursier apparut en 1592, les financiers commencèrent à publier un registre des cours cotés au marché pour équilibrer les négociations. La publication de ce registre fut facilitée par l’arrivé de l’imprimante durant cette période de progrès technologique.
Les bourses de la France se développèrent vers la fin du 15e siècle selon la structure de la Feitoria de Flandre en centralisant les effets du commerce et l’escompte. Lyon fut la bourse dominante de la France et elle avait comme devoir de promouvoir la loi à toutes les autres places de l’Europe. Contrairement à Anvers, les banques étaient déjà présentes à Lyon et certaines d’entre elles se fusionnèrent pour obtenir une plus grande part du marché en augmentant leur capacité à prêter de l’argent. Durant cette période, une guerre éclata entre les espagnols et les français et ces nouvelles banques fusionnées, qui possédaient une capacité de crédit plus grande que jamais, eurent la brillante idée de prêter de l’argent pour subventionner les deux nations. « L’argent n’a pas de patrie, les finances n’ont pas de patriotisme et n’ont pas de décence; leur unique objectif est le gain. » dira Napoléon Bonaparte quelques années plus tard.
Avant l’arrivé d’Henri II au pouvoir, François I endetta grassement le pays avec des emprunts à court terme pour subventionner la guerre contre Charles Quint. Tous les trois mois, le Roi devait rembourser ses emprunts, mais les coffres se vidaient pour le paiement des intérêts et il devait réemprunter pour payer le capital. La France s’enfonçait déjà dans le cercle vicieux du crédit en ayant emprunté plus d’argent qu’elle ne pouvait rembourser sans payer trop d’intérêt. L’arrivé au pouvoir d’Henri II est marqué par le Grand Parti de Lyon en 1555 qui est un emprunt à long terme visant à rembourser la dette de l’état et remplir les coffres pour continuer la guerre. Cet emprunt de deux millions d’écus sur onze ans à un taux de 16% d’intérêt par année est offert à tous les particuliers et aux banques avec les rentes sur l’Hôtel de ville de Paris. Cette offre alléchante de 16% d’intérêt est acceptée par plusieurs banques qui flairent la bonne affaire, mais les banqueroutes successives des aléas économiques, militaires et politiques répandirent la peur chez les prêteurs. À chaque année, l’espoir des remboursements diminuait et les gens qui possédaient une partie de la dette commencèrent à la revendre à perte en suivant le dicton : « un tiens vaut mieux que deux tu l’auras. » Cette dévaluation de la dette de la France fit perdre la confiance des prêteurs et il fallut attendre plusieurs années avant qu’un Roi puisse réemprunter des sommes colossales.
La troisième ville à reprendre le flambeau fut Amsterdam à la fin du 16e siècle grâce à la Compagnie néerlandaise des Indes orientales qui possédait un capital dix fois supérieur à sa rivale, la Compagnie anglaise des Indes orientales. La grande quantité d’importations et d’exportations créa une problématique monétaire, il s’échangeait environ 800 types de monnaies différentes et certaines d’entre elles ne pesaient plus leur poids initial à cause de l’usure des pièces. Les kassiers jouaient le rôle des banques en échangeant les lettres de change et l’or, mais ils n’étaient pas tous honnêtes et certains d’entre eux eurent l’idée de refondre les bonnes pièces pour les alléger de leur pesant d’or en ajoutant d’autres alliages dans la pièce. Bien que cette pratique soit malhonnête, elle était très profitable pour les kassiers et la justice dut intervenir. La ville créa alors la Banque d’Amsterdam pour lutter contre les pièces de monnaies qui ne valaient plus leur pesant d’or et la municipalité interdit les activités des kassiers en s’assurant le monopole. À cette époque, les gens déposaient gratuitement des pièces de monnaie dans leurs comptes, la banque inscrivait cette transaction dans ses registres et elle offrait de la monnaie de banque ou une lettre de change au dépositaire, mais elle n’acceptait pas de prêter de l’argent sous toutes ses formes. Contrairement à la lettre de change, la monnaie de banque pouvait s’échanger librement entre les marchands et n’importe qui pouvait retourner à la banque pour retirer les pièces de monnaie : c’est la naissance de la monnaie telle qu’elle existe de nos jours. La banque chargeait des frais de fonctionnement uniquement sur les retraits en pièces de monnaie, le transfert de la monnaie de banque ou l’inscription de monnaie scripturale dans les comptes était gratuit afin populariser leurs utilisations.
La Bourse d’Amsterdam fut fondée au début du 17e siècle et elle possédait un bâtiment réservé pour les transactions boursières. Les juifs publièrent deux fois par semaine le premier journal économique, Gazeta de Amsterdam, affichant les coûts des produits, des monnaies et des actions sur le marché pour faciliter les transactions. Suite à ces progrès, la spéculation se développa, se propagea et s’enflamma pour produire le premier krach boursier. À cette époque, l’agriculture était en pleine expansion et la tulipe devient un symbole de luxure et de richesse très convoité pour sa beauté et sa rareté. La demande dépassa rapidement l’offre et les prix de la tulipe explosèrent jusqu’à douze fois le prix courant. Les récoltes annuelles des tulipes ne suffisaient à satisfaire la demande et pour remédier à cette problématique, les agriculteurs vendirent leurs plantes avant même qu’elles ne soient semées par un contrat de tulipe, ce marché à terme promettait au détenteur une quantité de tulipes à la prochaine récolte. Évidemment, les contrats se revendirent entres les spéculateurs et de spéculation en spéculation, le prix atteint un plafond qui s’effondra sur les investisseurs. Ce fut le premier krach boursier qui ruina la majorité de ses investisseurs sans mentionner les gens qui vendirent à temps et empochèrent des sommes importantes d’argent. La merveille financière de la tulipomanie est sans aucun doute la vente intemporelle d’un produit temporel. Avant cette évolution, il était uniquement possible d’acheter des produits finis existants réellement, mais grâce à l’invention des contrats à termes, il était dorénavant possible d’acheter des produits inexistants lors de la transaction. Par exemple, la vente des bulbes ne pouvait s’effectuer que deux mois par année lors de la période de transplantation et les contrats à terme permirent de vendre les bulbes durant toute l’année.
La révolution financière britannique marqua l’histoire à la fin du 17e siècle en créant la deuxième banque centrale : Bank of England. Cette banque avait déjà pour rôle de prêter de l’argent à l’état, de maintenir la stabilité monétaire et financière, de conduire la politique économique, d’assurer la distribution des livres sterling et de prêter aux banques commerciales en dernier recours pour éviter la banqueroute. Cette assurance de fond par la banque centrale favorisa le développement d’un réseau de banques commerciales sur tout le territoire de la Grande Bretagne. Contrairement à la pensée populaire, la banque centrale n’est pas gouvernementale, elle est une entité détachée du gouvernement qui doit agir en suivant ses exigences. Certains membres du gouvernement siègent à son conseil d’administration en collaboration avec les plus grands banquiers de son système économique. L’apparition de la livre sterling étampé par la Bank of England comme monnaie officielle de l’état solidifia la structure économique du pays en augmentant la confiance des investisseurs étrangers, mais un grave problème fut négligé par l’histoire comme un des fondateurs de la Bank of England, William Paterson, l’exposa : « La banque retire des intérêts sur tout l’argent qu’elle crée à partir de rien. »
Au nom de la stabilité financière, l’unification des banques privées par la banque centrale créa un fonctionnement bancaire très semblable à celui d’une seule banque et d’un monopole économique. Contrairement à la pensée populaire, lorsqu’un individu écrit un chèque à partir de la banque A pour acheter un service à un individu qui déposera son chèque à la banque B, la banque A ne donnera pas des billets d’argent à la banque B. Les deux banques inscrivent simplement cette transaction dans leurs registres : la banque A inscrit un montant additionnel à son crédit (une diminution de son actif) et la banque B inscrit un montant additionnel à son débit (une augmentation de son actif). Toutes les transactions entre les membres de ces deux banques sont ainsi notées durant la période comptable jusqu’à ce qu’elle soit terminée. Les deux banques font alors un bilan pour déterminer tout ce que ses membres doivent à l’autre banque et vice versa. Suite à cette simple soustraction du débit et du crédit, la banque qui doit de l’argent versera les fonds nécessaires à sa coéquipière pour équilibrer toutes les transactions entre leurs membres. L’argent scriptural a remplacé l’argent réel depuis longtemps.
Les sociétés par actions se multiplièrent rapidement et les actions se vendirent et se revendirent dans les bourses de valeurs. Étant donné qu’il n’y avait pas encore un bâtiment exclusif à cet effet, les Coffee-House étaient le lieu de prédilection de ces transactions et le Jonathan’s Coffee-House, ancêtre du London Stock Exchange, se démarqua par l’échange d’actions de plus d’une centaine de compagnies. Tel que le journal économique Gazeta de Amsterdam contribua au succès de la Bourse d’Amsterdam, John Castaing publia régulièrement « le cours des échanges et autres choses » pour faciliter les négociations de la valeur de tout ce qui pouvait se vendre. La conjoncture économique de l’essor des compagnies par actions encouragea le développement de la vente d’actions représentant les capitaux propres et non des emprunts ou des contrats de marchandise.
L’objectif principal de cette bourse était de financer les compagnies, elles émettaient des actions à un prix déterminé par la valeur et la fiabilité de la compagnie, relatives à l’offre et à la demande, pour se procurer plus de capital. Naturellement, les capitaux de la compagnie augmentent uniquement lors de la première transaction entre la compagnie et le premier acheteur, la revente d’actions par les actionnaires ne profite pas directement à la compagnie. Cette revente n’influence pas la somme d’argent reçue par la compagnie lors de l’émission de ses actions, mais dépendamment de l’offre et de la demande des actions de la compagnie, la valeur des actions de la prochaine émission sera plus ou moins élevée. Par exemple, une compagnie émet 100 actions à un prix de 5$ et elle reçoit alors un gain en capital de 500 $ suite à la vente de tous ses titres. La demande et la spéculation des marchés font augmenter le prix des actions jusqu’à 10$, certains actionnaires conservent leurs actions et d’autres les vendent, mais la fluctuation du prix ne fait pas augmenter les capitaux de la compagnie parce que ces transactions sont entre les actionnaires uniquement. Quelques mois plus tard, la compagnie émet encore 100 actions et le prix du marché est maintenant de 10$ à cause de la demande élevée de ses actions, la compagnie fait alors un gain en capital de 1000$ en vendant toutes les nouvelles actions. Évidemment, il est plus avantageux pour une compagnie d’émettre des actions lorsque ses actions sont en demande, mais elle doit faire attention pour ne pas émettre trop d’actions de peur que l’offre dépasse la demande et enclenche une processus de dévaluation du prix de ses titres.
Les connaissances, l’expérience et les principes économiques découlant de toutes ces évolutions financières se répandirent à travers le monde durant le 17e et 18e siècle. Les systèmes économiques de plusieurs pays adoptèrent la structure financière de la banque centrale, des banques privées et des bourses de valeurs pour assurer une stabilité financière et déterminer la valeur des monnaies et des produits. En plus, à cette période de colonisation, les conquérants propagèrent leur système financier dans leurs nouvelles colonies pour augmenter le pouvoir économique de leur mère patrie. Suite à la victoire de la Grande Bretagne en Amérique, les nouvelles colonies devaient utiliser la livre sterling pour toutes leurs transactions, ce qui produisait une fuite de l’argent de l’Amérique vers la Grande Bretagne à cause des intérêts relatifs à l’utilisation de cette monnaie. Les banques de la colonie devaient emprunter des billets de livre sterling à la Bank of England pour qu’il soit possible d’effectuer des transactions au sein de la nouvelle colonie. Plus la colonie avait besoin d’argent pour fonctionner, plus elle devait emprunter de l’argent à la Bank of England et plus elle devait lui payer d’intérêt.
Un fait historique important est à noter avant la Guerre de la Révolution Américaine. Benjamen Franklin avait compris que la prospérité des colonies Américaines, comparé à celle de la Grande Bretagne, reposait sur le principe de l’émission de la monnaie sans intérêt. Cette absence d’intérêt permettait aux citoyens moyens de développer l’économie du pays au lieu d’être les esclaves de l’intérêt des banquiers. L’absence d’intérêt empêche les banquiers de profiter de l’effet multiplicateur du crédit pour s’enrichir avarement et permet aux citoyens moyens de développer des entreprises et des industries plus rapidement parce qu’ils ne sont pas ralentis par les intérêts à payer sur l’emprunt nécessaire aux capitaux de départ. Monsieur Franklin est allé rencontrer les membres du gouvernement anglais en 1750 pour leur dire : « Contrairement à votre situation britannique, il n'y a pas en Nouvelle Angleterre un seul chômeur, mendiant ou vagabond. Cela grâce à l'émission sans intérêt dans nos 13 colonies de monnaie en papier ; ce qui permet de contrôler le pouvoir d'achat (en circulation) et n'engendre pas de dette publique. »
La conjoncture économique, sociale et politique menant à la Révolution Américaine est complexe et seul l’aspect économique sera abordé en résumé. Quatre facteurs économiques sont majoritairement responsables d’enrichir l’Angleterre au détriment de ses colonies : les taxes, les impôts, le Stamp Act et la banque centrale. Le gouvernement Britannique, étant conscient de la prospérité commerciale de ses colonies, émet des lois sur la taxation du sucre, du café, du vin et différents produits pour affirmer son contrôle sur les échanges commerciaux et l’économie de ses colonies. Suite à la Guerre de Sept Ans contre les puissances européennes, les coffres de la Grande Bretagne étaient vides et elle désirait les remplir en imposant davantage ses colonies. Le Stamp Act était une taxe cachée ne s’adressant pas uniquement aux marchands, mais bien à tous les colons. Cette loi obligeait tous les documents officiels à posséder un timbre fiscal pour être valide. Évidemment, les profits issus de la vente des timbres tombaient directement dans les coffres de l’Empire britannique. À cette époque, les colonies manquaient de monnaie britannique pour satisfaire leurs besoins commerciaux et ils créèrent alors le Colonial Scrip pour régler ce manque d’argent. Cette nouvelle monnaie n’était pas soutenue par l’étalon-or comme la livre sterling et sa valeur en était donc très faible du point de vue international, mais elle permettait quand même d’acheter des produits dans la colonie. La Grande Bretagne ne pouvait donc pas contrôler toute l’économie de ses colonies et sa Bank of England perdait l’opportunité de faire beaucoup de profit sur les intérêts relatifs à l’utilisation de la livre sterling par les colons. Ces deux causes ont provoqué le Currency Act qui interdisait à toutes les colonies d’émettre des nouvelles monnaies en les obligeants d’utiliser la livre sterling et de payer des intérêts à la Bank of England. « Le refus du roi George III de permettre à ses colonies d’utiliser un système monétaire honnête qui libère l’homme ordinaire de l’emprise de la manipulation monétaire était probablement la cause primaire de la révolution » écrivait Thomas Jefferson, un des pères fondateurs des Etats-Unis.
Il est important de remarquer qu’au 18e siècle, les pères fondateurs des Etats-Unis avaient déjà compris le problème des banques centrales et leur pouvoir sur l’économie. Ils savaient que les banques centrales n’étaient pas au service du peuple, mais bien au service des riches parce qu’elles renforçaient le pouvoir des banquiers. En plus, ils avaient compris que le principe de l’intérêt ne faisait qu’exploiter la classe moyenne en l’empêchant d’accumuler suffisamment d’argent pour ne plus avoir recours au crédit pour survivre. Indirectement, il est possible de se demander s’ils n’avaient pas déjà compris ce que Léon Tolstoï écrivit plusieurs siècles plus tard : « L’argent est une nouvelle forme d’esclavage et elle ne se distingue de l’ancienne que par son caractère impersonnel. Il n’y a pas de relation directe entre le maître et l’esclave. »
Parallèlement, il est impressionnant de remarquer la faiblesse du système d’éducation et du système des médias parce qu’en trois siècles, ils n’ont pas réussi à éduquer la population sur le fonctionnement du système économique. John Adams, un des pères de la constitution Américaine, avait déjà formulé un des problèmes majeurs qui ne fut jamais réellement résolu : « Toutes les perplexités, la confusion et la détresse en Amérique viennent non pas des problèmes de la constitution ou de la confédération, ni d’un manque d’honneur ou de vertu, mais plutôt de l’ignorance absolue quant à la nature de l’argent, du crédit et de sa circulation. »
Suite à la victoire de la Révolution Américaine, le gouvernement créa la First Bank of the United-States en 1791 pour un mandat de 20 ans seulement parce que les pères fondateurs ne voulaient pas renforcer le pouvoir des banquiers en leur offrant une banque centrale sur un plateau d’argent. Les objectifs de cette institution bancaire étaient d’établir un ordre financier dans l’économie, de déterminer une politique de crédit et de donner une vraie valeur à la monnaie fiduciaire issue du Colonial Scrip en lui accordant une valeur relative à l’étalon-or. Elle fonctionnait comme une compagnie par actions, elle n’était pas directement dirigée par le gouvernement qui était seulement un actionnaire et qui avait seulement un pouvoir décisionnel relatif à sa quantité d’actions. Les fondateurs de cette banque fixèrent un fond de roulement de 10 millions de dollars et pour ce faire, ils offrirent au public d’acheter des actions de la compagnie. Afin de s’assurer que le gouvernement conserve un certain pouvoir décisionnel au sein de cette institution, il était le premier à acheter 2 des 10 millions de dollars d’actions. Ironiquement, le gouvernement n’avait pas liquidité nécessaire à cet achat à cause de ses dettes issues de la révolution, les futurs dirigeants de la banque décidèrent alors de prêter au gouvernement l’argent nécessaire à l’achat des actions. Dès la fondation de cette banque, le gouvernement avait déjà une dette et des intérêts à lui payer. Il faut remarquer que cette banque se nomme First Bank of the United-States et qu’elle n’est aucunement gouvernementale puisque c’est simplement une compagnie par actions dont le gouvernement possèdent 20% des actions : ce nom n’est qu’une stratégie de marketing laissant croire à la population que le gouvernement contrôle la banque. Les gens devaient payer le quart de leur achat d’actions en or ou en argent pour permettre à la banque de posséder une grande quantité de métaux précieux et donner une valeur réelle aux billets de banque suivant le principe de l’étalon-or. Évidemment, les riches et les banquiers furent les plus grands acheteurs des actions de cette banque leur garantissant l’augmentation de leur richesse par le principe de l’intérêt. Le gouvernement n’était qu’un actionnaire de cette compagnie privée, mais il avait le droit d’inspecter les registres et d’expulser les administrateurs corrompus. À la fin de son mandat, les membres du gouvernement avaient compris que cette banque appauvrissait la nation et ils décidèrent de fermer ses portes. Le bâtiment de la banque et presque tout ce qui se trouvait entre ses quatre murs fut racheté par Stephen Girard pour créer à sa propre banque.
À cette époque, l’auteur principal de la Déclaration de l’Indépendance fut élu le troisième président des Etats-Unis. Thomas Jefferson comprenait le fonctionnement de l’économie, le principe de l’intérêt et le monopole d’une banque centrale. Il était même en faveur de la gestion gouvernementale de l’argent pour augmenter la richesse de la population au lieu d’enrichir les riches : « Le gouvernement devrait reprendre le pouvoir de l’émission de l’argent des banquiers et le redonner au peuple à qui il appartient. » Parallèlement, il avait averti les membres du congrès du danger de la centralisation bancaire et de notre situation économique actuelle : « Je crois que les institutions bancaires sont plus dangereuses qu’une armée. Si le peuple américain permet à une banque de contrôler l’émission de la monnaie, les corporations et les banques qui vont grandir alentours d’elles vont priver le peuple de ses propriétés jusqu’à ce que leurs enfants se réveillent sans-abri sur le continent conquis par leur père. » Malheureusement, l’histoire démontre très bien que les gens oublient facilement et répètent les mêmes erreurs.
Durant la période de 1811 à 1816, le gouvernement américain laissa croître son système financier selon la gestion des banques privées et le principe de la main invisible. Étant donné qu’il n’y avait pas de banque centrale pour gérer ses emprunts, le gouvernement fit appel au crédit des banques privées pour subventionner ses opérations militaires pendant la guerre de 1812. Ces emprunts gouvernementaux ont très bien fonctionné pour subventionner la guerre à court terme, mais à long terme, ils favorisaient l’inflation néfaste pour la croissance économique du pays. Les membres du Congrès ont alors décidé de fonder la Second Bank of the United States en 1818 pour diminuer la masse monétaire, contrôler le taux d’inflation et gérer les dettes gouvernementales.
Parallèlement à la Guerre Américaine de 1812, la Guerre de Napoléon en Europe dévastait le système agricole Européen depuis plusieurs années et cela provoqua une demande croissante pour les produits agricoles. Flairant la bonne affaire, les agriculteurs américains exportaient de plus en plus vers l’Europe et pour satisfaire à la demande, le développement du système agricole explosa par la spéculation des acheteurs de terres agricoles. La facilité des emprunts bancaires, l’augmentation de la masse monétaire, permit à plusieurs personnes de spéculer sur l’achat des terres et la demande dépassa l’offre en faisant augmenter le prix. Il est à noter que les banques finançaient les acheteurs terriens avec de l’argent qu’elles ne possédaient pas réellement, elles n’avaient pas autant d’or qu’elles prêtaient d’argent scripturale et c’était pour cette raison qu’elles prêtaient aussi facilement de l’argent aux investisseurs. Réalisant l’expansion monétaire démesurée causée par l’effet multiplicateur du crédit, les administrateurs de la Second Bank of the United States réclamèrent leurs prêts pour ralentir ce boom économique, une diminution de la masse monétaire, mais comme plusieurs crises économiques, les emprunteurs n’avaient pas encore accumulé suffisamment d’argent pour repayer leurs prêts et ils durent vendre leurs terres pour rembourser les banques. Par le principe de l’offre et de la demande, l’augmentation des ventes de propriétés terriennes fit diminuer leur valeur et les propriétaires ne purent pas rembourser leurs emprunts parce que leur bien terrien ne valait que le tiers du prix payé au départ. Les banques avaient alors prêté plus d’argent que les gens pouvaient rembourser et cela provoqua une diminution de la masse monétaire par la perte du pouvoir de l’effet multiplicateur du crédit. Le ratio de réserve obligatoire et l’effet multiplicateurs du crédit produisent une croissance de la masse monétaire exponentielle en permettant aux banques de prêter neuf fois plus d’argent scriptural qu’ils ne possèdent d’or en réserve et aussi, de prêter l’argent reçu en paiement de prêts, mais lorsque la boucle économique s’inverse, cette croissance exponentielle devient une décroissance exponentielle qui provoque une crise économique telle que la panique de 1819.
Reprenant le flambeaux des pères fondateurs qui se méfiaient des banques et surtout d’une banque centrale, le président Andrew Jackson, réalisant les fraudes et la corruption au sein de la Second Bank of the United States, décida de fermer cette dernière en utilisant son droit de veto en 1836. Tout comme la première banque, la deuxième ne possédait pas totalement le monopole monétaire du pays comme la Bank of England en Angleterre, mais elle utilisait son argent pour influencer l’élection de personnes qui accepteraient de lui donner ce pouvoir. Le président Jackson déclara même que « cette grande et puissante institution essaie activement d’influencer l’élection d’officier publique en utilisant son argent. » La corruption politique par les dirigeants financiers existe depuis longtemps. Le président Jackson décida alors de laisser le système économique se réguler par lui-même en laissant libre cours à l’influence de toutes les banques privées. Avant sa mort, un journaliste lui demanda quel était son plus grand accomplissement et il répondit : « J’ai tué la banque. »
Il est important de mentionner pourquoi le président Jackson détestait l’idée d’une banque centrale ou d’une banque nationale et les sept raisons pour lesquelles le gouvernement ne devrait jamais adopter un système économique fondé sur une banque centrale : elle concentre le pouvoir financier national sous une seule institution, elle expose le gouvernement à être contrôlé par des intérêts étrangers, elle sert principalement à rendre les riches plus riches, elle possède un trop grand pouvoir sur les membres du congrès, elle favorise les états du nord-est en désavantageant ceux du sud et de l’ouest, elle est contrôlée par quelques familles puissantes et la plus importante, les banquiers ont une longue histoire à instiguer des guerres entre les nations pour les forcer à leurs emprunter de l’argent.
Malheureusement, suivant la nature humaine du plus grand profit, les banques émettaient beaucoup trop de billets en papier comparativement aux réserves d’or qu’elles possédaient et cela entraîna un cycle de banqueroute. Encore à cette époque, les banques à chartes émettaient leurs propres billets en papier et elles étaient les seules à être obligées de rembourser leurs prêteurs. Les banques acceptaient d’échanger les billets en papier d’autres banques lorsqu’elles se portaient bien, mais lorsqu’une banque faisait banqueroute, les autres banques n’acceptaient plus d’échanger les billets en papier de cette banque et les investisseurs se retrouvaient avec des billets sans valeur. L’espérance de vie d’une banque était environ de cinq ans et cela produisait l’instabilité financière de l’économie Américaine. Étant donné qu’il n’y avait pas de banque centrale pour réglementer l’économie à travers tous les Etats-Unis durant la période 1837 à 1862, la réglementation était laissée à la discrétion de chaque état et les lois financières changeaient alors d’un état à l’autre. Cette instabilité donna naissance à un système semblable à celui d’une banque centrale à New-York et à Boston par la création de la New York Safety Found et de la Suffolk Bank. Indirectement, ces deux banques ont inspiré le principe des banques nationales qui se différencient des banques centrales parce qu’elles ne gèrent pas l’économie de tous les états comme un seul état.
Durant la Guerre Civile Américaine, comme à toutes les guerres, les coffres de l’état se vidèrent et les membres du congrès votèrent le National Banking Act en 1863 pour gérer les emprunts de l’état et remettre de l’ordre dans l’économie, mais encore une fois, ces banques nationales étaient privées et gérées partiellement par l’état. En plus de financer la guerre, cette loi possédait deux autres objectifs : le Comptroller of the Currency et la création d’une monnaie nationale. Le Comptroller of the Currency était responsable d’inspecter les banques nationales pour s’assurer qu’elles respectent les lois et les politiques économiques afin de sortir du cycle de banqueroute qui affaiblissait l’économie Américaine. Le président Lincoln déclara même que « le gouvernement devrait créer, émettre et faire circuler toutes les devises et tous les crédits nécessaires pour couvrir les dépenses du gouvernement et des consommateurs. En adoptant ces principes, des sommes immenses d’intérêts seraient épargnées aux contribuables. Le privilège de créer et d’émettre de l’argent est non seulement la prérogative suprême du gouvernement, mais c’est aussi sa plus grande opportunité créative. »
L’adoption de la monnaie nationale fut encouragée par une taxation de 10% sur les billets des banques privées. Le choix était simple : continuer d’utiliser leurs propres billets et payer 10% de taxes ou utiliser la monnaie nationale et ne pas payer de taxe. La monnaie nationale se répandit alors rapidement dans l’économie, mais un gros problème subsistait, elle devait être soutenue par l’étalon-or et les bons du trésor. La fluctuation de la valeur des bons du trésor obligeait parfois les banques à rappeler leurs prêts ou emprunter à une autre banque pour maintenir l’équilibre du ratio de la réserve obligatoire. En plus, les cycles économiques saisonniers provoquaient des périodes de retraits et de dépôts de masse qui étaient difficiles à gérer simultanément à la fluctuation de la valeur des bons du trésor. Ces deux facteurs créèrent alors plusieurs banqueroutes parce que toutes les banques manquaient de liquidité en même temps et les banques nationales, n’étant pas aussi performantes qu’une banque centrale, ne possédaient pas suffisamment de fonds pour fournir à la demande des banques privées lors des périodes de crises telle qu’en 1907.
Avant d’aborder la panique de 1907, il est important de souligner le talent politique d’Abraham Lincoln lors de la Guerre de Sécession tel que les historiens en font l’éloge, mais surtout, d’apporter un point qui est souvent négligé par les historiens. Afin de financer la guerre, il rencontra les banquiers qui lui proposèrent tout l’argent dont il avait de besoin à un taux d’intérêt de 36%, mais il savait que cet emprunt ruinerait les générations futures malgré la victoire. Il opta alors pour une autre solution lui permettant de financer la guerre sans enrichir les riches et sans endetter le pays, il décida d’adopter une monnaie fiduciaire, non soutenue par l’étalon-or, pour subvenir aux dépenses gouvernementales en 1862. La masse monétaire des greenbacks ne fit qu’augmenter année après année parce qu’ils étaient la solution aux problèmes économiques du gouvernement. Ils permettaient de subventionner les projets du gouvernement sans le soumettre aux intérêts et à l’avarice des banquiers. Monsieur Lincoln se souvenait des conseils et de la sagesse des pères fondateurs face aux problèmes économiques et aux banquiers, il savait que l’état devait contrôler l’argent et non les banquiers. Indirectement, les greenbacks offraient une certaine forme de nationalisation bancaire pour augmenter le pouvoir du gouvernement et diminuer celui des banquiers sur l’économie, mais les membres du gouvernement firent diminuer la masse monétaire des greenbacks suite à l’assassinat du président Lincoln. L’histoire rapporte que John Wilkes Booth aurait assassiné Lincoln pour des raisons politiques, mais une rumeur circule qu’il aurait été engagé par les banquiers parce que les politiques économiques de Lincoln nuisaient à leur prospérité.
Plusieurs facteurs économiques sont responsables de la panique de 1907, mais l’événement déclencheur fut causé par l’avarice de monsieur Otto Heinze. À cette époque, son frère Augustus Heinze s’était allié avec Charles W. Morse pour contrôler six banques nationales, dix banques privées, cinq sociétés d’investissement et quatre compagnies d’assurances. Monsieur Otto Heinze voulait s’enrichir en manipulant l’offre et la demande pour escroquer les shorts seller, ces vendeurs empruntent des actions en promettant de les rendre à l’actionnaire en le dédommageant par une somme d’argent pour pouvoir les vendre et les racheter à d’autres personnes entre temps. Par exemple, Jean emprunte des actions d’une valeur de 10$ à Pierre, Jean les vends alors à 10$ et espère que le prix des actions va diminuer pour les racheter à 5$ et les redonner à Pierre. En bref, l’actionnaire fait de l’argent lorsque le prix de l’action s’élève et le short seller fait de l’argent lorsque le prix de l’action diminue.
Augustus Heinze possédait beaucoup d’actions de sa compagnie United Copper Compagnie et Otto Heinze croyait que son frère les avait majoritairement prêtées à des shorts seller qui les avaient déjà vendues. Alors, en achetant le plus d’actions possibles de la compagnie, le prix des actions s’élèverait et son frère Augustus appellerait les shorts seller pour reprendre possession de ses actions en les obligeant de les racheter à un prix plus élevé. L’objectif d’Otto était de s’accaparer la majorité des actions pour que les shorts seller soient obligés de lui racheter. Pour financer ce plan, Otto, Augustus et Charles Morse rencontrèrent Charles T. Barney, le vice président de Knickerbocker Trust Company, qui refusa de s’allier au projet et avertit Otto qu’il ne possédait pas suffisamment d’argent pour tenter un aussi grand coup économique. Ne respectant pas l’avertissement, Otto acheta toutes les actions disponibles sur le marché du New York Stock Exchange le lundi 14 octobre 1907 et le prix de l’action augmenta de 39$ à 52$ en une seule journée tel qu’ils prévoyaient. Le mardi, Augustus appela les shorts seller pour reprendre possession de ses actions, mais Otto avait sous estimé le nombre d’actions en circulation sur le marché du Curb Market, l’ancêtre de l’American Stock Exchange, où les shorts seller s’approvisionnèrent pour les rendre à Augustus et le prix de l’action monta jusqu’à 60$. Le mercredi, plus personne ne voulait acheter les actions de cette compagnie et les trois escrocs se ruinèrent en restant coincé avec leurs actions dont le prix dégringolait. La rumeur se répandit et, pris de panique, les investisseurs des banques de Heinze et Morse allèrent retirer leurs investissements. La New York Clearing House Association força les frères Heinze et Morse à se désassocier de toutes les activités bancaires pour diminuer la panique des investisseurs. À la fin de la première semaine, la crise n’était pas encore dommageable pour l’économie de New York, les gens allaient simplement retirer l’argent d’une banque pour la déposer dans une autre.
La rumeur continua de se répandre en incluant la possibilité que Charles T. Barney aurait peut-être participé de loin à cette supercherie économique parce qu’ils avaient déjà été associés par le passé. En moins de trois heures, le lundi 21 octobre 1907, les gens avaient retiré plus de huit millions de dollar de la Knickerbocker Trust Company et la banqueroute ne fut pas évitable. Cette instabilité économique fit peur aux banques et elles diminuèrent grandement leurs prêts aux courtiers, engendrant une diminution de la masse monétaire, ce qui provoqua un ralentissement des transactions à la bourse, une diminution de la demande des actions et corrélativement, une diminution du prix des actions et un ralentissement économique. La boucle économique s’inversa, les banques rappelèrent leurs prêts pour rembourser les dépositaires et les gens furent obligées de vendre leurs possessions pour rembourser rapidement leurs emprunts, cette vente massive provoqua une diminution de la valeur des objets et certaines personnes furent dans l’impossibilité de rembourser les banques parce que les objets qu’ils avaient achetés ne valaient plus le montant de l’emprunt à rembourser. Plusieurs compagnies n’échappèrent pas à cette demande de remboursement et elles eurent peur de la faillite. Cette instabilité financière causa le ralentissement de la circulation de l’argent, les gens retiraient leur argent pour la garder en leur possession parce qu’ils avaient peur de la banqueroute généralisée. Il ne faut pas négliger les conséquences de l’effet multiplicateur du crédit, lorsqu’une banque perd une petite somme d’argent réel, elle perd aussi une grande capacité à prêter de l’argent sous forme de crédit. Les banques et les compagnies financières commencèrent à faire banqueroute une après l’autre jusqu’à l’arrivé de monsieur Monopoli.
Ce banquier réputé était un important actionnaire de plusieurs grandes compagnies comme General Electric, Carnegie Steel Company, United Staets Steel Corporation et plusieurs autres de moindre envergure. Le mardi 22 octobre 1907, J. P. Morgan organisa une rencontre avec les dirigeants des plus grandes banques de New York et quelques membres du gouvernement pour sauver l’économie américaine. Le gouvernement accepta de déposer 25 millions de dollars dans plusieurs banques pour leur permettre de rembourser leurs dépositaires. En plus, l’homme le plus riche des Etats-Unis, John D. Rockefeller déposa 10 millions de dollars de sa fortune personnelle à la Stillman’s National City Bank et il appela Melville Stone, le dirigeant de Associated Press, pour qu’il écrive un article mentionnant son investissement et rehausser la confiance du public envers le système financier. Le lendemain, l’économie n’était pas encore sauvée et J. P. Morgan réunit encore les hauts dirigeants pour qu’ils investissent 25 millions de dollars supplémentaires dans le système financier et surtout dans les compagnies de courtage pour relancer la valeur des actions. Les banquiers acceptèrent et à l’heure de fermeture du 24 octobre 1907, 19 millions de dollars avaient été prêtés en une seule après midi. Face à l’impossibilité d’investir sans arrêt dans le système financier, l’obligation d’augmenter la confiance du public pour qu’il arrête de retirer son argent était inévitable.
Les dirigeants formèrent deux comités pour rassurer le public. Le premier visait à influencer le clergé de faire des discours pour calmer le public lors de la messe de dimanche et le deuxième à la presse pour qu’elle explique la crise financière et le plan de relance économique à la population. La New York Clearing House allait créer 100 millions de dollars de certificat de prêts pour que les banques puissent se les échanger et solidifier le système économique en évitant la faillite. En plus, la presse publia la lettre d’admiration et de respect du banquier le plus réputé de l’Europe, Lord Rothschild en éloge à monsieur Morgan. Cette propagande fonctionna et l’apparence de l’ordre se rétablit parmi le public le lundi suivant, mais de grosses transactions continuaient à s’organiser en arrière scène. La ville de New York était sur le bord de la faillite et il ne fallait pas que cette nouvelle se propage. Le maire approcha alors monsieur Morgan pour qu’il achète 30 millions de dollars d’obligations de la ville de New York et il accepta la transaction pour sauver l’économie de la ville de New York. Il acheta des obligations, c’est-à-dire qu’il recevra des intérêts suite à ce prêt à la ville de New York.
La confiance se rétablissait tranquillement, le calme était de retour à New York et la boucle économique tournait presque dans le bon sens jusqu’au 2 novembre 1907. La firme de courtage de Moore et Schley avait vendu pour environ six millions de dollars d’actions de la compagnie Tennessee Coal and Iron à plusieurs banques et elles demandèrent à cette compagnie de rembourser ses actions pour se sauver d’une banqueroute imminente, mais Tennesse Coal and Iron ne possédait pas suffisamment d’argent. Cette faillite aurait provoqué une autre panique et J.P. Morgan envoya alors Gary, son bras droit, rencontrer le Président Roosevelt pour lui permettre d’acheter les actions de Tennessee Coal and Iron malgré les lois contre le monopole. Le président ne put refuser l’immunité légale de cette transaction pour sauver l’économie et Morgan acheta les actions en devenant le maître de ce monopole. Les crises économiques sont toujours une bonne raison pour déjouer les lois gouvernementales.
La crise était terminée et la sélection naturelle s’était produite. Les moins riches furent ruinés et les riches se sont enrichis à leurs dépens. Les riches n’ont jamais donné d’argent pour sauver le système financier, ils ont prêté de l’argent en chargeant des intérêts et ils ont acheté des actions à un prix ridiculement bas. La sélection naturelle est le principe le plus impressionnant de la panique de 1907 parce qu’elle n’est aucunement naturelle, les riches ont choisi de sauver certaines compagnies en achetant leurs actions et les autres furent obligées de déclarer faillite parce que les riches leur ont demandé de rembourser leurs prêts. Parallèlement, lors d’une banqueroute, seuls les premiers arrivés à la banque sont remboursés, alors la rapidité de l’information est primordiale, mais les banquiers sont les premiers à anticiper une banqueroute et leurs amis sont les premiers à retirer l’argent de la banque. Le même principe s’applique aussi à la valeur des actions d’une compagnie, les amis des courtiers sont les premiers à vendre leurs actions avant la chute du prix. Suite à cette arnaque légale, le Pujo Committee fut mandaté d’inspecter les transactions des banquiers de Wall Street lors de la panique de 1907. Le rapport conclut que toutes les transactions étaient en accord avec les lois et il révéla que 18 corporations financières étaient maintenant sous la direction de J. P. Morgan, de George Baker, de James Stillman et de leurs associés. L’empire Morgan s’élevait à 341 directeurs contrôlant 112 compagnies et représentant une capitalisation de 22.5 milliards de dollars. Il est à noter que la capitalisation totale du New York Stock Exchange était estimé à 26.5 milliards de dollars à cette époque. Malheureusement, J.P. Morgan est mort à la fin de la commission d’enquête et son testament a révélé qu’il n’était pas le principal actionnaire de ses compagnies. Il ne possédait que 19% des actions de ses compagnies, la majorité revenait à la famille Rothschild qui tentait de contrôler l’économie américaine depuis plus d’un siècle.
Plusieurs années passèrent avant qu’un historien, Frederick Lewis Allen, expose la vérité dans un article de Live magazine le 25 Avril 1949. Le président de la Knickerbocker Trust Company, Oakleigh Thorne, témoigna devant le comité du congrès que sa compagnie n’était pas en situation de banqueroute et qu’elle n’avait pas demandé d’aide avant que la rumeur de sa banqueroute circule. Il prétend même que J.P. Morgan aurait précipité l’instabilité du système économique pour provoquer la panique de 1907 et qu’il aurait répandu la rumeur de la banqueroute de la Knickerbocker Trust Company pour éliminer un concurrent : « J.P. Morgan a précipité la panique de 1907 pour en prendre avantage et la guider astucieusement au cours de sa progression. » déclara Frederick Lewis Allen.
Bien qu’il soit moins connu, plusieurs années avant l’affirmation de monsieur Allen, Oscar Callaway s’est adressé au congrès en mars 1915 pour l’informer que J. P. Morgan était un partisan de la famille Rothschild et qu’ils avaient pris le contrôle de l’industrie des médias américains: « Les organisations de J. P. Morgan ont employé 12 hommes hauts placés dans les journaux du monde entier pour qu’ils sélectionnent les journaux les plus influents des Etats-Unis et qu’ils déterminent combien d’entre eux devraient être achetés pour contrôler les politiques de la presse quotidienne. Ils ont déterminé qu’il était nécessaire d’acheter seulement 25 grands journaux pour contrôler la presse Américaine. Les journaux ont été achetés et ils ont placé un éditeur dans chacun d’eux pour superviser et éditer l’information relative aux questions militaires, financières, politiques et d’autres choses de nature nationales et internationales qui étaient considérées vitales aux intérêts des acheteurs. » Le contrôle de l’information existe depuis longtemps aux Etats-Unis et probablement dans tous les pays industrialisés. Il est primordial de réaliser le lien entre l’information et le principe de l’offre et de la demande. Plus les médias publient des informations positives d’une compagnie et censurent des informations négatives, plus les spéculateurs vont acheter ses actions et plus la valeur va augmenter. Le cycle inverse peut-être utilisé pour provoquer la diminution de la valeur des actions.
La famille Rothschild remporterait sans aucun doute le prix de la famille dont la popularité est inversement proportionnelle à sa richesse, si un tel prix existait. La population ne connaît pas cette famille malgré le fait qu’elle était déjà une puissance bancaire au 18e siècle. Le fondateur de cette famille de banquier est Amschel Rothschild et sa citation la plus connue, bien qu’elle ne soit pas vraiment connue, est : « Donnez moi le droit d’émettre et de contrôler l’argent d’une nation, et alors peu m’importe qui fait ses lois. » Quelques années plus tard, son fils Nathan reprit cette citation en y ajoutant une petite touche personnelle : « Je ne me soucie pas de cette marionnette qui est placée sur le trône d’Angleterre pour régner sur l’empire du soleil qui ne se couche jamais. L’homme qui contrôle la masse monétaire contrôle l’Empire Britannique et je contrôle la masse monétaire Britannique. » Malgré son arrogance, Nathan avait raison d’affirmer son pouvoir et Benjamin Disraeli, le premier ministre de la Grande Bretagne, l’approuvait : «Rothschild est le Seigneur et le Maître des marchés monétaires du monde. » En respectant les principes de la royauté, Monsieur Rothschild a marié ses enfants à des familles puissantes de l’aristocratie à travers le monde : Allemagne, Londres, Vienne, Naples et Paris. Il est à noter que tous ses enfants ont développé le commerce bancaire de leur père dans ces nouveaux pays pour unifier leur pouvoir économique mondial. Toute l’histoire de cette famille est très intéressante pour son influence sur le cours de l’histoire de l’humanité toute entière, mais seulement le procédé par lequel cette famille demeure dans l’anonymat sera abordé.
Parmi toutes les stratégies possibles pour demeurer inconnu, deux s’imposent par leur efficacité : le contrôle des réseaux d’information et la délégation. Au début de leur histoire, les Rothschild ont été réputés pour leurs réseaux de transport d’or et d’informations, ils savaient comment traverser les embargos et les lignes ennemies en temps de guerre. Ils offraient même les services de leurs réseaux d’informations à certains politiciens pour s’attirer leurs louanges et plusieurs politiciens ont accepté l’offre parce qu’ils étaient les plus efficaces du monde. Cette famille a toujours valorisée le pouvoir de l’information et elle s’est emparée de plusieurs journaux à travers les siècles, mais elle ne les a pas acheté directement, elle utilisait l’entremise de tierces personnes. Le père fondateur de cette famille de banquier a même déclaré : « L'ignorance du peuple est notre seul pouvoir. » Ils sont de très bons délégateurs, ils ont compris qu’ils ne pouvaient pas régner seuls sur un aussi grand empire et qu’ils devaient s’allier avec d’autres familles puissantes de notre monde. Les liens entre la famille Rothschild et plusieurs politiciens à travers le monde sont très impressionnants. Ils prêtent ou donnent de l’argent à des gens pour qu’ils achètent et dirigent des compagnies selon les intérêts de la famille Rothschild, sans les mentionner et sans qu’ils n’apparaissent sur aucun papier officiel. La recherche de leur histoire et de leurs alliés est laissée à votre discrétion, mais c’est probablement en pensant à eux que Napoléon a dit : « Lorsqu’un gouvernement est dépendant des banquiers pour l’argent, ce sont ces derniers et non les dirigeants du gouvernement qui contrôlent la situation puisque la main qui donne est au dessus de la main qui reçoit. L’argent n’a pas de patrie, les finances n’ont pas de patriotisme et n’ont pas de décence; leur unique objectif est le gain. »
À la période précédant la Federal Reserve, la masse monétaire était contrôlée par les grands banquiers, ils possédaient une grande quantité d’or et par suite logique, ils possédaient une très grande capacité à prêter de l’argent sous forme de crédit. Plusieurs économistes l’ont dénoncé au fil de l’histoire : il suffit que les riches retirent leurs actions de la bourse et qu’ils rappellent leurs prêts pour créer une crise financière. Tout débute par la vente massive d’actions à bon marché aux spéculateurs qui les achètent à crédit. Les spéculateurs ne font pas des emprunts à long terme pour acheter des actions, mais plutôt à très court terme pour maximiser leurs profits sur de petites périodes. Les banquiers récoltent alors beaucoup d’argent parce qu’ils ont vendu des actions et parce que les spéculateurs leurs ont emprunté de l’argent pour acheter les actions. À la date d’échéance de leurs prêts, il suffit aux banquiers de refuser le renouvellement des prêts en les obligeant à vendre leurs actions pour les rembourser. Plus les banquiers refusent de faire des prêts, plus les spéculateurs vendent leurs actions pour les rembourser et plus la valeur des actions diminue. Après un certain laps de temps, les banquiers ont fait des profits sur la vente des actions, sur l’intérêt des prêts qu’ils ont fait aux spéculateurs qui ont acheté les actions et ils ont récupéré l’argent de leurs prêts. Les banquiers se retrouvent alors en position de force, ils ont beaucoup d’argent et les actions ne valent presque rien. Évidemment, les banquiers achètent les actions intéressantes à prix modique et ils recommencent à prêter de l’argent aux spéculateurs pour qu’ils achètent des actions en provoquant la hausse du prix des actions.
Deux siècles plus tard, contre la volonté des pères fondateurs, la panique de 1907 fut la crise dont les banquiers avaient de besoin pour convaincre le gouvernement d’adopter un système économique muni d’une banque centrale. En 1908, le gouvernement forma la National Monetary Commission chargé d’étudier les systèmes de banque centrale en Grande Bretagne, en France, en Allemagne et dans plusieurs autres pays. Contrairement à la logique, le sénateur Nelson Aldrich ne fit pas appel à des politiciens pour déterminer les grandes lignes de la Federal Reserve, mais bien à des banquiers, aux plus riches banquiers : Paul Warburg, Frank A. Vanderlip, Henry P. Davison, Charles D. Norton et Benjamin Strong, le représentant de J. P. Morgan. La totalité de la richesse de ces hommes représentait à l’époque le sixième de la richesse mondiale. Ils se rencontrèrent secrètement loin des projecteurs au Jekyll Island Club, propriété luxueuse de J. P. Morgan, sous la demande du sénateur Nelson Aldrich en 1910. Malgré leurs efforts, le gouvernement n’accepta pas la proposition de la Federal Reserve à la première offre, mais ils avaient plus d’un tour dans leur bourse. Woodrow Wilson fut l’homme de la situation, un politicien charismatique et achetable. Les banquiers subventionnèrent sa campagne électorale contre la signature de la Federal Reserve et quelques lois économiques les avantageant. L’histoire s’écrivit en suivant le plan, Woodrow Wilson gagna l’élection et il signa les lois nécessaires à l’augmentation du pouvoir des banquiers, mais quelques années plus tard, à son grand découragement, il s’exclama en ces mots : « Je suis un homme très malheureux. J’ai ruiné mon pays sans le vouloir. Une grande nation industrialisée est contrôlée par son système de crédit. Notre système de crédit est concentré. La croissance de notre nation et toutes nos activités sont donc entre les mains de quelques hommes. Nous sommes devenus l’un des gouvernements les plus mal gérés, l’un des plus dominés et des plus contrôlés du monde civilisé. Ce n’est plus un gouvernement de libre opinion, ni un gouvernement de conviction basé sur le vote de la majorité, mais un gouvernement d’opinion et de contrainte d’un petit groupe d’hommes dominants. »
La Première Guerre mondiale éclata et l’économie américaine explosa. Le nouveau système économique a permis aux banques de créer suffisamment de crédit pour subventionner les dépenses militaires des Etats-Unis et une grande partie de celle des forces alliés. Suite à la victoire, l’économie américaine continua de progresser et les gens vécurent le rêve américain grâce au crédit produit par l’augmentation de la masse monétaire. De 1922 à 1929, la production américaine augmenta de 50% et le Dow Jones fit un bond incroyable de 300%, mais malheureusement, tout ce qui monte doit redescendre. Plusieurs facteurs sont responsables du krach de 1929, mais seulement trois d’entre eux seront approfondis : le rôle de la Federal Reserve, l’augmentation non proportionnel des salaires et l’achat à crédit d’action.
Premièrement, la Federal Reserve instaura une période de récession en diminuant la masse monétaire du pays pour contrer l’inflation de l’après guerre et ralentir les spéculations boursières démesurées par l’achat à crédit d’action. Deuxièmement, procédant selon la logique, un employeur ne peut pas augmenter le salaire de ses employés tant qu’il n’a pas suffisamment augmenté ses profits en vendant des produits : il ne peut pas donner ce qu’il n’a pas, ce n’est pas une banque. Les salaires sont alors les derniers à augmenter, mais à cette époque, les salaires n’ont pas augmenté assez rapidement pour que les gens aient suffisamment d’argent pour acheter les produits des compagnies. La différence entre les salaires et les quantités produites par les compagnies a créé un surplus parce que la population n’était pas assez riche pour acheter suffisamment de produits et assurer le roulement de l’économie. Il ne faut pas négliger le fait que la masse monétaire diminuait et alors, qu’il était moins intéressant pour la population d’acheter à crédit parce que les taux d’intérêt étaient plus élevés. Les compagnies, ne vendant pas suffisamment de produits, ont dû ralentir la production et mettre des employés à la porte pour limiter leurs pertes. D’un autre point de vue, il est possible que les dirigeants des entreprises ne redistribuaient pas suffisamment leurs profits aux employés. La population perdit alors de son pouvoir d’achat par les mises à pied, l’inflation et la diminution du crédit bancaire causé par la récession. Troisièmement, l’achat à crédit d’action, le margin buying, est un principe économique légal qui consiste en l’achat d’actions en fournissant seulement 10% de sa valeur. Par exemple, Pierre veut acheter une action d’une valeur de 100 $, il appelle alors un courtier qui lui prête 90$ avec intérêt pour qu’il l’achète. Si l’action augmente de valeur, Pierre peut alors la vendre pour rembourser le capital et l’intérêt au courtier en empochant un certain profit, à l’opposé, si l’action perd de la valeur Pierre doit payer cette perte au courtier pour continuer à posséder l’action ou vendre l’action pour rembourser le courtier et assumer la perte. Ce principe est très semblable à celui des casinos : la maison gagne toujours, ou presque. Les courtiers font moins d’argent lorsque le prix de l’action augmente étant donné que leurs profits se résument aux intérêts chargés, mais ils ne font pas de pertes lorsque le prix de l’action diminue et ils profitent quand même des intérêts. Cette nouvelle mode d’achat à crédit d’action créa une bulle spéculative de la valeur des actions, plus de 85 milliards de dollars circulaient de cette manière et il n’existait pas, à cette époque, plus de 85 milliards de dollars en billet de banque dans le pays. Encore une fois, l’effet multiplicateur du crédit joua son rôle dans cette crise économique.
En résumé, la Federal Reverse diminua la masse monétaire et provoqua la récession qui diminua à son tour la capacité de crédit des banques et par le fait même, l’achat à crédit des actions par les courtiers. Parallèlement, l’inflation, la disparité des salaires et la diminution du crédit causé par réduction de la masse monétaire firent en sorte de diminuer le pouvoir d’achat de la population. La convergence de ces deux facteurs engendra l’arrêt des achats d’actions à la bourse et le début du krach de 1929. Le jeudi noir du 28 octobre 1929, la journée débuta sans que personne ne veuille acheter d’actions et l’indice du Dow Jones perdit 22.6% durant l’avant midi. Les banquiers se réunirent et ils mandatèrent Richard Whitney, vice président du New York Stock Exchange, de prendre en main la situation en lui fournissant suffisamment d’argent pour relancer la bourse comme J.P. Morgan l’avait fait durant la panique de 1907. D’une assurance charismatique, Richard Whitney acheta une douzaine de titre au dessus de leurs valeurs pour relancer la bourse et la confiance des courtiers. Cet exemple en inspira plusieurs et le Dow Jones remonta pour terminer la journée avec un perte de seulement 2.1%. Normalement à cette époque, le nombre de transaction environnait les 2 à 3 millions par jour, mais cette journée mémorable établit un nouveau record à 12.9 millions de transactions. Le vendredi suivant fut plutôt stable, malgré le fait que plusieurs investisseurs durent vendre leurs actions achetées à crédit parce que les courtiers rappelaient leurs prêts et les investisseurs n’avaient que 24 heures pour les rembourser : ce principe économique se nomme le margin call. Le cercle vicieux s’enclencha, les investisseurs avaient beaucoup moins d’argent à investir et ils ne pouvaient plus emprunter autant d’argent pour investir.
Durant la fin de semaine suivante, les journaux exposèrent cette panique et ils ne firent que la répandre à une plus grande échelle. Tous les investisseurs avaient peur du krach et ils voulaient vendre leur action le plus vite possible avant qu’elles ne vaillent plus rien. Les banques n’intervinrent pas le lundi et le Dow Jones perdit 13% en une seule journée. Les géants de la finance ne pouvaient laisser s’écrouler la bourse sans intervenir, alors William C. Durant, J. P. Morgan Jr., Eddie Canton, Winston Churchill et des membres de la famille Rockefeller investirent des millions de dollars pour sauver l’économie, mais il ne firent qu’augmenter le record des transactions à 16 millions et le Dow Jones perdit quand même 12% malgré leurs efforts. La totalité de la valeur des actions avait perdu 30 milliards de dollars en deux jours. Le krach de 1929 continua et la bourse s’effondra pour laisser place à la Grande Dépression.
À cette époque, les banques jouaient le rôle des sociétés de courtage, il n’y avait pas de séparation concrète entre les deux : la société de courtage ne pouvait pas faire faillite sans que la banque fasse faillite. Le margin buying ruina alors les banques parce qu’elles prêtaient la majorité de l’argent nécessaire à l’achat des actions et les investisseurs ne possédaient pas suffisamment d’argent pour les rembourser : la maison gagne toujours, ou presque. Le krach de 1929 fit l’exception à la règle et les banqueroutes se succédèrent. Les gens vivaient à crédit et durent rembourser leurs banques pour qu’elles évitent la faillite, mais ils n’avaient pas suffisamment d’argent pour les rembourser et elles se virèrent alors vers les entreprises, mais les entreprises n’avaient pas vendu suffisamment de produit parce que les salaires n’étaient pas assez élevés pour que la population les achète et certaines ne purent rembourser leurs emprunts pour sauver les banques. Plus personne n’avait d’argent, mais cette histoire fait abstraction de la Federal Reserve qui est censée sauver le pays des crises économiques : l’objectif primaire de sa création.
En suivant les principes de l’économie actuelle, malheureusement, les périodes de récessions sont inévitables, mais il y a un mais, un choix s’impose : une grande expansion et une grande récession, ou une expansion modérée et une récession tranquille. Les économistes expliquent les fluctuations financières aussi naturellement que les scientifiques expliquent les lois de la nature qui régissent le cycle de l’eau, mais les fluctuations financières n’ont rien de naturelle et elles ne suivent pas les règles de la nature. Elles sont contrôlées, ou du moins, influencées par les banques centrales qui gèrent la masse monétaire et fixent les taux d’intérêt. Les périodes de croissance sont reliées à l’augmentation de la masse monétaire, à la diminution des taux d’intérêt et à la facilité du crédit. À l’opposé, les périodes de récessions sont reliées à la diminution de la masse monétaire, à l’augmentation des taux d’intérêt et à la difficulté du crédit. Suite au krach de 1929, plusieurs hommes avaient réalisé l’arnaque de ce système économique et Charles Lindbergh résuma très bien la situation : « Sous la gestion de la Federal Reserve, les paniques sont scientifiquement créées. Le krach de 1929 est la première à avoir été scientifiquement créée et elle s’est produite comme une équation mathématique. Il a été soigneusement orchestré par les banquiers internationaux pour provoquer une situation de désespoir et qu’ils émergent les dirigeants de nous tous. »
Il faut comprendre la relation entre la masse monétaire et la macroéconomie pour comprendre les périodes d'expansion et de récession. Tout débute par les banques centrales, plus elles fabriquent de l'argent en billets et plus les banques privées peuvent prêter d'argent sous forme de crédit à des taux d'intérêt avantageux par l'effet multiplicateur du crédit. Plus le crédit est facile à obtenir et plus les compagnies vont emprunter pour se développer et plus elles vont embaucher de travailleurs, et par le fait même, plus le pouvoir d'achat de la population va augmenter. Parallèlement, plus il est facile d’emprunter et plus les gens vont acheter à crédit. La conjonction du taux d’emploi élevé et de la facilité au crédit entraîne une augmentation de la consommation. Plus les gens consomment et plus les entreprises vendent, plus elles font de profits et plus elles veulent se développer en employant encore plus de travailleurs. L’augmentation de la masse monétaire crée ce roulement positif du cercle de la macroéconomie en entraînant une période d’expansion.
Pour diverses raisons telle que l'inflation, les banques centrales vont décider de diminuer la masse monétaire, elles vont retirer des billets en papier de la circulation et par le fait même, elles vont diminuer la capacité des banques privées à prêter de l'argent sous forme de crédit. Il ne faut pas oublier que l’effet multiplicateur du crédit fonctionne aussi à l’inverse, lorsque les banques centrales retirent un dollar de la circulation, les banques privées doivent retirer neuf dollars crédits de la circulation. L’effet multiplicateur du crédit entraîne aussi l’impossibilité de la population à rembourser la totalité de ses dettes. Par exemple, en considérant que 100$ représente 100% de tout l’argent réel sous forme de billet de banque en circulation dans un pays et que les banques ont prêté 900$ sous forme de crédit, lorsqu’elles rappellent seulement 12% de leurs prêts ou qu’elles refusent simplement de renouveler 12% de ses prêts, la population doit rembourser 108$ aux banques, mais il n’existe que 100$ réel en circulation et les gens ne peuvent pas emprunter pour rembourser le 8$ manquant parce que les banques ne veulent plus faire de prêts : la faillite est alors inévitable pour une partie de la population. Corollairement à cet exemple, lorsque la banque centrale décide de diminuer la masse monétaire de 12%, ou 12$ dans ce contexte, les banques privées doivent demander le remboursement de leurs prêts pour une somme totalisant 108$ quand la masse monétaire de billets existants est dorénavant de 88$. L’effet multiplicateur du crédit est le levier des périodes de récession.
Parallèlement, moins les banques privées peuvent prêter d’argent, plus les taux d'intérêts augmentent. Les compagnies vont alors emprunter moins d'argent pour se développer et elles vont embaucher moins de travailleurs. La diminution du taux d’emploi et la difficulté du crédit provoquent un ralentissement de la consommation. Les entreprises vendent alors moins de produits et leurs profits diminuent. Afin de diminuer leurs pertes, les compagnies vont renvoyer des travailleurs en entraînant encore une diminution du pouvoir d’achat de la population et de la consommation qui va diminuer les profits des compagnies et ainsi de suite. La diminution de la masse monétaire crée ce roulement négatif du cercle macroéconomie en causant une période de récession.
Le système des médias laisse croire que les crises économiques sont causées par des effondrements de la bourse, mais ils ne mentionnent pas que l’effondrement de la bourse est très souvent causé par une diminution de la masse monétaire qui est contrôlée par les banques centrales. Les fluctuations de la bourse suivent les fluctuations de la masse monétaire : plus la masse monétaire augmente et plus les spéculations augmentent. À l’inverse, la diminution de la masse monétaire entraîne une diminution des spéculations de la bourse. La vitesse des transactions sur la marché boursier est beaucoup plus rapide que la vitesse des transactions de la macroéconomie : il se transige autant d’argent en une semaine sur le marché des changes qu’en une année sur le marché mondiale des biens et services. Cette différence de la vitesse de transactions est causée par la limite temporelle des prêts : les emprunts pour la spéculation boursière sont contractés sur de courtes périodes comparativement aux emprunts sur le marché de l’immobilier. Lorsque les banques privées cessent de renouveler les prêts, la masse monétaire du marché boursier diminue alors avant la masse monétaire du marché immobilier parce que les prêts arrivent à terme plus rapidement sur le marché boursier que sur le marché de l’immobilier. Cette différence de la vitesse des transactions provoque l’illusion que le marché boursier cause les périodes de récessions, mais il ne faut pas se fier aux apparences. Métaphoriquement, la diminution de la masse monétaire est la maladie causant les symptômes qui sont le krach boursier, la diminution de la consommation, la mise à pied d’employés et la période de récession. « Quiconque contrôle la quantité d’argent dans ce pays est maître absolu de toute l’industrie et de tout le commerce. Et si vous savez que le système tout entier est facilement contrôlable, d’une façon ou d’une autre, par quelques hommes tout puissants, pas besoin de vous expliquer quelle est l’origine des périodes d’inflation et de dépression. » a dit James A. Garfield, président des États-Unis mort assassiné.
Continuant l’histoire, le président Roosevelt vota le Gold Reserve Act en 1933 pour ralentir l’inflation en essayant de redonner de la valeur à l’argent Américain. Cette loi interdisait la possession privée d’or, sauf les bijoux et les objets précieux, et les transactions d’or à tous les citoyens américains à travers le monde. Le prix de l’or était à l’époque de 20.67$ l’once et cette loi fixait le prix à 35$ pour encourager les investisseurs américains et étrangers à vendre leur or aux américains et qu’ils deviennent les maîtres du marché de l’or. Parallèlement, l’étalon-or fixait la valeur de la monnaie du pays à cette époque : plus le pays possédait d’or et plus la valeur de sa monnaie était élevé s’il n’augmentait pas la masse monétaire. Evidemment, cette augmentation de la valeur de la monnaie américaine fit diminuer l’inflation tel que Roosevelt le désirait.
Suite à l’augmentation perpétuelle de la masse monétaire, la valeur le l’or augmenta comparativement à celle du dollars américain et il devient plus avantageux pour les autres pays de posséder de l’or que de la monnaie américaine. Le 15 août 1971, le président Nixon décida l’inconvertibilité du dollar américain en or, sans consulter ses partenaires, pour empêcher les banques centrales étrangères d’échanger leurs billets de dollar américain contre de l’or en provoquant la sotie de l’or des Etats-Unis. Corollairement, les fluctuations du marché détermineraient dorénavant la valeur de l’or et celle du dollar américain relativement à l’offre et à la demande. Ce système monétaire se nomme le régime des changes flottants et il met en évidence une relation inversement proportionnelle entre la dette publique d’un pays et la valeur de son dollar : plus la dette est élevé et plus le dollar perd de la valeur, en règle générale. Parallèlement, les banques centrales imprimaient de l’argent sous forme de papier en se basant sur la valeur et la quantité d’or qu’elles possédaient, c’est-à-dire qu’elles devaient respecter un certain ratio entre l’or et le nombre de billets, mais en abolissant l’étalon-or, elles devaient alors fonder ce ratio sur un autre aspect économique. Les administrateurs décidèrent alors de baser la valeur de la monnaie d’un pays sur le principe de l’offre et la demande de la monnaie du pays qui est directement relatif à la quantité de dette du pays : plus un pays est endetté, moins les gens désirent acheter ce type de monnaie et sa valeur diminue. Cette raison explique pourquoi plusieurs économistes nomment la monnaie de l’argent dette.
La crise économique mondiale débutant en 2007 confirme les mêmes principes économiques que les autres crises économiques se différenciant uniquement par leurs contextes respectifs. Suite à une période de récession de 2000-2001, la Federal Reserve a diminué son taux d’intérêt directeur à 1% en augmentant la masse monétaire jusqu’en 2006 lorsqu’elle a décidé d’augmenter son taux directeur à 5% en diminuant la masse monétaire pour diminuer l’ampleur de l’effet multiplicateur du crédit des banques. Cette diminution de la masse monétaire provoqua un ralentissement de l’inflation et des spéculations sur le marché immobilier, contrairement au krach de 1929 sur le marché boursier. Plusieurs familles avaient emprunté de l’argent à un taux variable pour acheter leurs maisons et l’augmentation du taux directeur fit augmenter leurs mensualités, un principe similaire au margin call du krach de 1929, provocant l’impossibilité du remboursement. Environ trois millions de maisons furent saisies par les établissements de crédit en provoquant une augmentation de l’offre des maisons sur le marché comparativement à la demande en entraînant une chute de la valeur des maisons, le même principe pour la valeur des actions des autres crises économiques. Cette chute de la valeur des maisons fit perdre de l’argent aux établissements de crédit parce qu’ils devaient assumer la perte de la valeur entre le montant d’argent qu’ils avaient prêté pour acheter la maison et le montant pour lequel ils vendaient la maison après l’avoir saisie. Les répercussions de la diminution de la masse monétaire sur le cycle de la macroéconomie sont importantes, mais elles ne seront pas abordées puisqu’elles ont été expliquées précédemment.
Les médias et l’histoire expliquent plus en détail la crise de liquidité bancaire sur le marché interbancaire et en voici quelques détails : l’envolée du taux interbancaire, l’asymétrie d’information, le défaut des couvertures de défaillance, le désajustement entre les profits des compagnies et les salaires des employés, les dépréciations d’actifs dérivés des subprimes, le ralentissement de l’activité des banques d’affaires et tous les autres effets qui sont causées par une diminution de la masse monétaire. Tel que Paul Grignon l’a dit : « Il peut y avoir des manques de ressources et de compétences, mais pourquoi devrait-il y avoir un manque d’argent? » Surtout lorsque l’argent n’est plus soumis à un ratio de réserve d’or et que les banques centrales peuvent en imprimer selon les désirs des gouvernements. Il suffit d’arrêter de faire des sauts drastiques et d’équilibrer la masse monétaire le plus fidèlement possible selon les variations de la production intérieure brut du pays. Suivant le même courant de pensées, Robert H. Hemphill, un gestionnaire du crédit de la Federal Reserve, a dit : « C’est bouleversant. Nous dépendons complètement des banques commerciales. Quelqu’un doit emprunter chacun des dollars qui est en circulation, cash ou crédit. Si les banques créent amplement d’argent synthétique, nous prospérons; sinon, c’est la famine. Nous sommes absolument sans système monétaire permanent. Quand quelqu’un commence à voir l’image globale, l’absurdité tragique de notre situation désespérée est presque incroyable. »
L’histoire des banques expose plusieurs principes économiques qui sont néfastes pour l’économie, mais il faut approfondir les problèmes de l’effet multiplicateur du crédit et certains autres aspects du système économique tel que l’inflation pour comprendre la situation actuelle et l’agrandissement perpétuel du gouffre entre les riches et les pauvres.
L’effet multiplicateur du crédit n’est qu’une fausse évolution du système économique créée par une sophistication du vocabulaire et une complexification des explications relatives à son sujet. À l’époque de l’étalon-or, la relation entre l’or et les billets en papier était simplement une relation entre un objet réel et une promesse de cet objet réel. À l’ère du régime des changes flottants, la relation entre les billets en papier et le crédit est simplement une relation entre un objet réel et une promesse de cet objet réel. Grâce à cette fausse évolution, les banquiers et les politiciens ont réussi à transformer une promesse d’objet réel en un objet réel. Avant le régime des changes flottants, les banquiers prêtaient plus de billets en papier qu’ils ne possédaient d’or et maintenant, les banquiers prêtent plus de crédit qu’ils ne possèdent de billets en papier. Évidemment, cette fausse évolution permet aux banquiers privés de récolter plus d’argent par le principe de l’intérêt tout en facilitant le contrôle de la masse monétaire.
En considérant l’effet multiplicateur du crédit, qui permet aux banques privées de créer neuf fois plus d’argent sous forme de crédit qu’elles en possèdent réellement, les banques centrales ont alors un contrôle sur seulement 10% de la masse monétaire parce qu’il n’est pas possible de prévoir efficacement à quel point les banques privées vont augmenter la masse monétaire en utilisant l’effet multiplicateur du crédit. Ce principe offre évidemment un très grand contrôle de la masse monétaire aux banques privées qui peuvent simplement réduire ou augmenter leurs nombres de prêts pour modifier la masse monétaire et l’histoire a bien démontré que ces fluctuations peuvent avoir de graves répercussions sur l’économie du pays. Parallèlement, le devoir principal des banques centrales est d’assurer la stabilité de l’économie en contrôlant la masse monétaire, mais elle ne contrôle que dix pourcents de la masse monétaire. Certes, elles émettent ou retirent de l’argent réel de la circulation en connaissant l’effet multiplicateur du crédit, mais ne serait-il pas mieux pour la société que le gouvernement soit le seul à déterminer la masse monétaire par rapport à son produit intérieur brut pour assurer une stabilité des prix? En plus, en abolissant ce principe économique, les banques privées feraient beaucoup moins de profits parce qu’elles ne pourraient plus charger de l’intérêt sur de l’argent qu’elles ne possèdent pas réellement.
Les médias ne cessent d’exposer diverses raisons pour expliquer l’agrandissement du gouffre entre les riches et les pauvres, mais fondamentalement, dès qu’une élite prête de l’argent aux pauvres en chargeant des intérêts, il est garanti que les riches vont s’enrichir et que les pauvres vont s’appauvrir. En considérant le fait qu’une personne qui place un million de dollars à la banque peut obtenir un meilleur taux d’intérêt qu’une personne qui place mille dollars à la banque, il est évident que ce système économique a été créé par les riches afin d’augmenter leurs richesses, sans faire mention des magouilles boursières. Trois autres facteurs sont grandement responsables de cet répartition inéquitable de la richesse : le principe de location, l’augmentation non proportionnel du salaire des dirigeants et le système de taxation.
Le principe de location s’applique dans plusieurs sphères économiques et permet à ceux qui ont de l’argent de faire plus d’argent au détriment de ceux qui n’ont pas suffisamment d’argent pour acheter. L’exemple du logement fait ressortir le principe de location et de l’intérêt relatif à un besoin fondamental. Pour satisfaire ce besoin fondamental, les gens normaux ont deux possibilités qui enrichissent les riches : louer un appartement et perdre de l’argent relativement au profit du propriétaire ou demander un prêt hypothécaire et perdre de l’argent relativement au taux hypothécaire. Ce principe de location expose bien le fondement de l’iniquité du système économique : « c’est avec de l’argent qu’on fait de l’argent. »
Parallèlement au principe de location, seuls les enfants de familles biens nanties peuvent accomplir des études sans commencer leur vie endettés. Tous les aspects du système économique actuel imposent un endettement des nouveaux consommateurs, certes certaines personnes sont capables de travailler en même temps qu’elles font des études, mais les personnes qui sont capables d’effectuer un baccalauréat, une maîtrise ou un doctorat sans s’endetter sont très rares au Québec et encore plus aux États-Unis. Les coûts relatifs à l’éducation et ses répercussions seront abordés au chapitre de l’éducation.
Durant les 80 dernières années, les salaires des travailleurs, des dirigeants et des propriétaires d’entreprises n’ont pas augmentés proportionnellement et les causes sont facilement compréhensibles. Les propriétaires des compagnies nomment des dirigeants pour gérer la compagnie et ses travailleurs. Le salaire des travailleurs représente une très grande partie des dépenses de l’entreprise et il est beaucoup plus enrichissant pour les propriétaires des compagnies d’augmenter le salaire des dirigeants qui sont capables de maintenir les salaires des travailleurs le plus bas possible que d’augmenter les salaires des travailleurs eux-mêmes. Par exemple, il est plus lucratif pour le propriétaire d’augmenter le salaire du dirigeant de 10$ que d’augmenter le salaire de 100 employés de 1$, surtout lorsque le dirigeant est capable de contrôler les travailleurs qui voudraient s’opposer à la hiérarchie de l’entreprise. La société se retrouve alors avec une augmentation du salaire moyen des dirigeants 30 fois supérieure à l’augmentation des travailleurs et la différence continuera d’augmenter grâce à la mondialisation. Tel qu’il est bien connu par la population, les entreprises déménagent dans les pays moins développés pour obtenir une main d’œuvre moins cher lorsque les employés du pays d’origine veulent trop d’augmentations.
Le lobbying a permis, au fils du temps, la diminution de la taxation des riches comparativement à l’augmentation de la taxation de la classe moyenne. La comptabilité est un art fabriqué par les riches pour qu’ils s’enrichissent. Il est incompréhensible et inadmissible qu’une même personne apporte les mêmes documents à deux comptables différents et qu’ils n’arrivent pas au même montant d’imposition. Ce fait porte à croire que la diminution de l’imposition et les paradis fiscaux sont accessibles à tous, mais seuls les personnes qui ont suffisamment d’argent peuvent se payer les services des meilleurs comptables pour en jouir. L’augmentation de la complexité législative du système d’imposition semble provoquer l’augmentation des possibilités pour sauver de l’impôt aux personnes qui connaissent bien sa législation.
L’inflation est un principe économique très logique à comprendre, mais certaines personnes arrêtent d’utiliser leur logique avant la réussite réelle de leurs recherches. L’inflation est causée par une augmentation de la masse monétaire disproportionnelle à l’augmentation du produit intérieur brut. Par exemple, s’il existe seulement trois produits identiques et qu’il existe seulement douze dollars dans un pays, pour simplifier l’exemple, chacun des produits vaut quatre dollars. Lorsque le gouvernement décide d’augmenter la masse monétaire de trois dollars, chacun des produits vaut alors cinq dollars par le principe de l’inflation : 15$ / 3 produits = 5$ par produit. À l’inverse, si le gouvernement n’augmente pas la masse monétaire et que le produit intérieur brut augmente d’un produit, la valeur des produits diminuera par le principe de la déflation : 12$ / 4 produits = 3$ par produit. Normalement, l’utilisation de la logique s’arrête ici, mais en y pensant plus longtemps, l’inflation et la taxation possèdent les mêmes caractéristiques. Tel qu’il fut démontré, l’inflation crée une diminution du pouvoir d’achat et la taxation crée aussi une diminution du pouvoir d’achat : plus les taxes sont élevés et plus les produits coûtent cher. Il faut alors se demander comment le gouvernement augmente la masse monétaire, comment le gouvernement crée l’argent?
Tel qu’il fut précédemment mentionné, la masse monétaire existe à 90% sous forme de crédit par l’effet multiplicateur du crédit des banques privées, mais lorsque le gouvernement crée de l’argent réel en billet, il fait appel à sa banque centrale. Il fait un échange avec sa banque centrale : elle lui achète des obligations en payant avec des billets d’argent réels nouvellement imprimés sous la demande du gouvernement. Dépendamment des pays, ces obligations, comme l’achat d’obligations par un simple individu, rapportent un montant d’intérêt à l’acheteur sur un certain laps de temps. Par ce principe de création monétaire, certains pays payent alors de l’intérêt sur tout l’argent qui est en circulation dans le pays. Ceci est un fait économique très important à mentionner pour comprendre la dette perpétuelle de la majorité des pays industrialisés, mais ce n’est pas pertinent dans la relation entre les taxes et l’inflation. Lorsque le gouvernement crée de l’argent par l’intermédiaire de sa banque centrale, il dépense son argent pour offrir des services à la population. Lorsque le gouvernement taxe la population, il dépense son argent pour offrir des services à la population. L’inflation et les taxes causent une diminution du pouvoir d’achat de la population pour qu’elle puisse profiter de meilleurs services offerts par le gouvernement.
Il faut comprendre que l’augmentation de la masse monétaire profite au premier utilisateur du nouvel argent parce qu’il n’est pas encore en circulation : la dépense met l’argent en circulation. S’il y avait une quantité infinie d’argent dans le coffre fort du gouvernement et qu’il ne l’utilisait pas, la masse monétaire n’augmenterait pas. Cette situation est présente dans notre système économique puisque le gouvernement peut demander à sa banque centrale d’imprimer autant d’argent qu’il le désire parce que l’argent n’est plus limité par l’étalon-or, bien que cette limite était fictive. Plus le gouvernement dépense d’argent réel, plus il paye des travailleurs en argent réel et où sont déposés les payes de ces travailleurs? Dans les banques privées qui multiplient cet argent réel par neuf sous forme de crédit. Pour revenir à l’exemple précédent, il n’existe que trois produits et la masse monétaire totale est de douze dollars dans tout le pays. Le gouvernement décide de créer quatre dollars pour acheter un produit qui vaut quatre dollars, suite à cette transaction, il existe trois produits et une masse monétaire de seize dollars, chaque produit vaut alors 5.33$ : 3 produits / 16$ = 5.33$ par produit. Cet exemple expose clairement le principe de l’inflation et le fait que seule la première personne qui utilise de l’argent est gagnante parce que la valeur des produits augmente suite à cette première transaction, mais il ne faut pas encore arrêter le raisonnement à cette étape.
La personne qui a vendu le dit produit déposera son gain à sa banque privée qui utilisera l’effet multiplicateur du crédit pour prêter le plus d’argent possible. La masse monétaire va donc augmenter de 36$ : 4$ réel x 9 crédit = 36$. Un seul des trois produits vaudra alors 16$ : 12$ de la masse monétaire initiale + 36$ sous forme de crédit = 48$, 48$ / 3 produits existant = 16$ par produit. La masse monétaire augmente seulement de 36$ et non 40$ parce que les banques privées doivent retirer de la circulation les 4$ d’argent réel pour pouvoir prêter les 36$ sous forme de crédit. Cet exemple est drastique parce qu’elle ne tient pas compte de l’effet temporel, les banques privées ne multiplient pas l’argent sous forme de crédit aussi rapidement, mais ces principes existent dans la vie de tous les jours et leurs répercussions sont fatales pour l’économie. Il est incompréhensible et inadmissible que nos ancêtres aient accepté en toute connaissance de cause un système économique aussi frauduleux. Plusieurs ont dénoncé l’aberration de ce système économique et Tim Madden, un historien du système monétaire, a simplement résumé toutes ces dénonciations : « le système bancaire n’implique pas la fraude, tout le système est une fraude. »
Lorsque le gouvernement crée 10 nouveaux dollars pour offrir de meilleurs services à la population, en même temps, il permet aux banques privées de créer 90$ sous forme de crédit et de récolter de l’intérêt sur ces nouveaux prêts. Il est alors évident que le gouvernement pourrait investir neuf fois plus d’argent dans l’économie en engendrant autant d’inflation si l’effet multiplicateur du crédit n’existait pas. Le cercle vicieux est alors évident : plus le gouvernement crée d’argent pour augmenter la qualité de vie de la population, plus la population va emprunter pour profiter de cette augmentation de la qualité de vie à court terme et moins elle pourra profiter de cette augmentation à long terme à cause des intérêts qu’elle devra rembourser aux banquiers. Tout le système économique est fait par les banquiers, pour les banquiers et l’économiste Irving Fisher résume bien la situation : « si les deux parties en présence n’était pas une banque et un individu, mais deux individus, ces deux individus ne pourraient pas provoquer l’inflation de l’argent en circulation au moyen d’un simple prêt, pour la bonne raison que le prêteur ne pourrait pas prêter de l’argent s’il n’en avait pas, alors que les banques ont ce pouvoir. Seuls les banques commerciales et les sociétés de fiducie peuvent prêter de l’argent qu’elles fabriquent tout simplement par le processus de prêt. »
Il n’est pas possible d’aborder le sujet de l’économie sans aborder celui du capitalisme qui se définit comme un système économique basé sur la propriété privé des moyens de production, de la recherche du profit personnel et de la concurrence. Du point de vue de la sociologie, le capitalisme est le meilleur moyen de contrôler la population en la divisant par le désir du profit personnel et de la concurrence qui en découle. Le capitalisme est le produit de l’évolution civilisé de la loi de la jungle. Plus les gens pensent à ce qu’ils veulent acheter pour leur propre personne et moins ils pensent à ce que la société pourrait acheter pour la communauté. Le rêve est au centre du capitalisme : les gens rêvent de vivre comme les millionnaires, mais ils n’ont aucune idée du train de vie des milliardaires. Le 6/49 de Lotto Québec est un bon exemple de ce rêve du profit personnel : des millions de personnes s’achètent des billets, mais qu’un seul pourra vivre en millionnaire et naturellement, Lotto Québec est le seul vrai gagnant à long terme. Les gens sont prêts à investir leur argent contre le rêve de la vie de millionnaire, mais qu’est-ce qu’un million de dollars lorsqu’il y a des milliers de milliardaires sur notre planète?
Le capitalisme hypnotise les gens en leurs faisant croire qu’ils peuvent devenir riche tel que le rêve américain en fait la promotion, mais est-ce vraiment possible? Ce rêve existe certainement, comme les gagnants de Lotto Québec, il existe plusieurs personnes qui ont réussi et ces exemples encouragent la population à continuer, mais à qui ce rêve profite réellement? Tout comme Lotto Québec, les profits reviennent à ceux qui contrôlent le rêve, à ceux qui sont déjà riches. La rumeur circule, beaucoup de personne auront une augmentation s’ils continent à faire des heures supplémentaires, mais naturellement entre la première fois qu’ils se le font dire et le temps qu’ils reçoivent vraiment une augmentation, ils auront effectué une quantité astronomique d’heures supplémentaires. Le rêve est un outil d’encouragement au travail bien connu, la religion Catholique l’utilisait déjà il y a deux mille ans en faisant la promotion du paradis à tous ceux qui acceptaient le travail ardu, la souffrance et la pauvreté pendant que le clergé vivait dans l’abondance.
Le rêve du profit personnel est réaliste pour les membres d’une société, mais le profit personnel de chacun des membres est irréaliste pour la société. Si toutes personnes étaient riches et qu’elles n’avaient pas besoins de travailler, qui travaillerait pour eux? Les ressources sont limitées et statistiquement, il faudrait six planètes comme la Terre pour que tous les humains consomment autant qu’un Américain moyen en respectant le rythme de renouvellement des ressources de la Terre. Les riches ne peuvent pas exister sans les pauvres, ceux qui ne travaillent pas ne peuvent pas vivre sans ceux qui travaillent, et moins une personne travaille et plus une autre doit travailler pour satisfaire tous les besoins de la population. Un choix de vie s’impose : être riche et accepter que les autres soient pauvres ou être bien et que tout le monde travaille modérément.
D’un autre point de vue, quelle est la finalité du profit personnel valorisé par le capitalisme? Une petite compagnie se crée, elle est tellement concurrentielle qu’elle s’accapare de plus en plus de parts du marché, un à la suite de l’autre, ses concurrents sont obligés de vendre à la petite compagnie qui est devenue grande. Rendue dans la cour des grandes entreprises, elle s’accapare encore plus de parts du marché jusqu’à temps qu’elle puisse acheter ses concurrents l’un après l’autre pour monopoliser un domaine. Une fois qu’une compagnie possède le monopole d’un domaine et sachant que le profit personnel du capitalisme n’a pas de fin, la compagnie se lancera dans un autre domaine pour répéter toutes les étapes qui ont mené à son premier monopole. Monopole après monopole, la finalité du capitalisme est une seule entreprise privée dirigée par une petite poignée de riches dirigeants.
Évidemment, le gouvernement n’accepterait pas qu’une seule compagnie puisse posséder tous les domaines possibles et il voterait des lois pour l’en empêcher, mais le commerce du pétrole est un bon exemple de l’inefficacité du gouvernement contre le monopole. Au Canada, il existe une dizaine de compagnies pétrolières qui devraient se faire concurrence pour offrir le meilleur prix possible à la population, mais comment se fait-il que le prix de l’essence ne fait qu’augmenter à un rythme beaucoup plus rapide que celui de l’inflation? Le commerce du pétrole, comme beaucoup d’autres domaines, est un marché oligopolistique, un marché où il y a beaucoup plus d’acheteurs que de vendeurs et naturellement, l’oligopole est accepté par les gouvernements, mais qu’elle est la différence entre un monopole et un oligopole d’amis? Le comportement de cet oligopole est identique à celui d’un monopole, les compagnies dominantes ont déjà diminué leurs prix pour éliminer ceux qui ne voulaient pas s’associer et évidemment, pour augmenter leurs prix une fois que leurs concurrents étaient éliminés. Normalement, en suivant les règles de la libre concurrence, les vendeurs devraient essayer d’offrir leurs produits au plus bas prix pour solliciter le plus d’acheteurs possibles, mais les compagnies pétrolières se tiennent entre elles et elles augmentent toutes leurs prix en même temps. Évidemment et malgré leurs bonnes intentions, les gouvernements ne veulent pas vraiment réglementer cette pratique parce qu’ils en profitent eux aussi : plus le prix de l’essence est élevé et plus les gouvernements récoltent de taxes. Le gouvernement est géré par des êtres humains et il semble que l’être humain excuse facilement l’exploitation des ses semblables lorsqu’il en profite lui aussi.
Malgré toutes les divisions possibles des classes sociales, qu’une seule division sera utilisée dans ce contexte : ceux qui sont obligés de travailler et ceux qui n’y sont pas.
Le système capitalisme offre plusieurs moyens de gagner de l’argent sans travailler : être propriétaire d’immeubles à logements qui sont gérés par des concierges, être propriétaire d’une entreprise qui est gérée par un conseil d’administration, profiter simplement des taux d’intérêt, jouer intelligemment à la bourse et tous les moyens qui permettent aux riches de fructifier leur argent sans trop d’efforts. Ces méthodes nécessitent un certain travail pour gagner l’argent de départ et c’est justement ce qui empêche les gens normaux de devenir riche : la mise de fond est la barrière entre les riches et les pauvres. Il est mathématiquement impossible de gagner suffisamment d’argent avec un salaire moyen pour utiliser ces principes et arrêter de travailler. Évidemment, il existe des nouveaux riches, mais ces gens n’ont pas gagné leur fortune en travaillant comme la majorité des travailleurs et ils ne comptent pas pour la majorité des riches. Cette majorité de riches est composée des familles riches et de leurs groupes d’amis qui se réunissent pour contrôler la richesse mondiale telle qu’à la création de la Federal Reserve. Il est intéressant de rechercher l’arbre généalogique de quelques familles richissimes pour découvrir que certains de leurs ancêtres étaient des maîtres d’esclaves. S’il est vrai que la richesse de certaines familles provient de l’esclavage et qu’ils influençaient en même temps les dirigeants du gouvernement : pourquoi auraient-ils aboli l’esclavage qui leur profitait?
Bien que l’esclavage rapporte beaucoup de ressources à son maître, la gestion des esclaves coûte beaucoup d’énergie pour les maîtres d’esclaves. Ils doivent leurs fournir un toit, de la nourriture, une hygiène de base, un peu de soins médicaux et le plus coûteux est évidemment de les contrôler : de s’assurer qu’ils font un bon travail, qu’ils ne s’enfuient pas et qu’ils ne se rebellent pas. En plus, l’expérience démontre clairement qu’un esclave est moins productif qu’un homme libre qui a la volonté de travailler. La psychologie a démontré à plusieurs reprises qu’une personne qui aime ce qu’elle fait travaille mieux et plus efficacement qu’une personne qui ne l’aime pas. Les dirigeants ont alors créer l’illusion de la liberté aux esclaves en les affranchissant, mais qu’est-ce que les esclaves ont été obligé de faire une fois qu’ils ont été affranchis? Ces anciens esclaves n’avaient pas d’argent, pas de maisons, pas de nourriture, pas d’éducation et aucun pouvoir de négociation pour trouver un meilleur emploi. Ils étaient alors obligés de se chercher un emploi et d’accepter des conditions salariales médiocres pour survivre. Il est à noter que le taux de suicide a grandement augmenté suite à l’abolition de l’esclavage aux Etats-Unis.
Il est certain que l’abolition de l’esclavage est un facteur important de l’évolution de notre société, mais il est primordial que le travail volontaire permette une répartition plus équitable de la richesse. De nos jours au Canada, encore 11% de la population vit sous le seuil de la pauvreté et ces gens doivent travailler plus de 40 heures par semaine pour réussir à survivre. Bien qu’ils ne soient pas des esclaves, ils sont obligés de travailler autant qu’un esclave sans pouvoir réellement profiter des avantages de la consommation. Malgré le fait qu’ils ne sont pas fouettés par quelqu’un pour travailler, ces gens sont fouettés par la faim pour survivre médiocrement dans leur liberté. Est-ce qu’il y a vraiment une évolution sociale lorsque la qualité de vie de certains travailleurs n’est pas réellement meilleure que celle d’un esclave? Les chaînes et les coups de fouets furent remplacés par les comptes à payer et les dettes à rembourser.
Malheureusement, cette pauvreté est acceptée par les gouvernements pour la simple et bonne raison que le salaire minimum est aussi bas et qu’elle est à la base du fonctionnement du capitalisme. Le principe de l’offre et de la demande se retrouve encore dans ce contexte : plus il y a de personnes qui demandent un emploi et moins les salaires seront élevés. L’employeur qui peut trouver des centaines de personnes prêtes à travailler pour dix dollars de l’heure n’engagera pas des employés à vingt dollars de l’heure. En plus, la pauvreté est nécessaire au capitalisme pour qu’il y ait des employés qui veulent effectuer toutes les tâches qui sont dévalorisantes comme ramasser les ordures, déboucher les égouts, travailler sur les chaînes de montages, danser à 10$ et toutes les tâches qu’une personne possédant suffisamment d’argent ne voudrait pas accomplir. Contrairement à cette ligne de pensée, les dirigeants doivent maintenir un certain équilibre entre le taux de pauvreté et le salaire minimum pour s’assurer que le peuple ne meurt pas de faim. Tout le génie du capitalisme repose sur cet équilibre parce que l’histoire a démontré à plusieurs reprises que les révolutions sont causées par les peuples qui meurent de faim. Les dirigeants doivent donc s’assurer de donner suffisamment de ressources au peuple en même temps qu’ils n’en donnent pas trop pour s’assurer une main d’œuvre à prix modique.
L’histoire du capitalisme et la mondialisation démontrent très bien les principes précédents : plus les salaires augmentent dans un pays et plus les compagnies vont exploiter les pauvres des autres pays. Toute la richesse des riches se base sur l’exploitation des pauvres. Il serait possible d’adapter le concept de l’esclavage à notre situation capitaliste en stipulant qu’un esclave moderne est un individu dont son travail profite majoritairement à son employeur. Par exemple, une personne est engagée pour fabriquer une pelle, le coût des ressources nécessaires à la fabrication de la pelle est de 85%, le salaire de l’employé est de 5% et le profit de l’employeur est de 10% du prix de vente de la pelle. Tous les employés qui font moins de profits sur leurs travaux que leurs employeurs sont en situation d’esclavage moderne. Malgré cette hypothèse d’égalité entre les profits des employeurs et des employés, les employeurs feraient quand même plus d’argent parce qu’ils profitent des services de plusieurs employés simultanément. Cette citation de Léon Tolstoï fut précédemment mentionnée, mais son importance justifie une seconde mention : « L’argent est une nouvelle forme d’esclavage et elle ne se distingue de l’ancienne que par son caractère impersonnel. Il n’y a pas de relation directe entre le maître et l’esclave. »
Les chaînes ont été remplacées par l’argent qui crée l’illusion de liberté en plus d’augmenter la productivité des travailleurs. À la sortie de l’ère des dogmes religieux, la population est heureuse d’avoir franchi cette période de servitude, mais elle ne s’aperçoit pas que l’argent n’est qu’une nouvelle religion : Dieu contre le Capitalisme, les membres du clergés contre les riches dirigeants, l’accès au paradis contre une meilleure qualité de vie, le respect des préceptes contre le respect des lois. Le concept de Dieu est sans aucun doute la plus grande invention de l’humanité par son inexistence, sa déresponsabilisation et son excuse a priori de tout ce qui doit être excusé.
Lorsque le peuple mourait de faim pendant que le clergé vivait dans l’abondance, les dogmes religieux excusaient tous ces malheurs de plusieurs manières : les classes sociales étaient choisis par Dieu alors ceux qui avaient le pouvoir n’étaient pas obligés d’aider ceux qui n’en avaient pas parce que cette hiérarchie était la volonté de Dieu. Les gens devaient souffrir, travailler et respecter les ordres divins pour gagner le paradis. Dieu était responsable de tout, mais il n’était pas possible de le blâmer de rien à cause de son inexistence. Ce concept de Dieu était l’excuse parfaite. Par exemple, les dirigeants voulaient reconquérir Jérusalem, ils ont orchestré les croisades et les chevaliers ont tuées des milliers de personnes sans aucun remord parce que c’était la volonté de Dieu. Le clergé et les chevaliers étaient alors irresponsables de leurs actions parce qu’ils ne faisaient que respecter la volonté de Dieu, le seul vrai responsable.
Le clergé utilisait Dieu comme les riches utilisent le capitalisme, le gouvernement, la mondialisation et l’économie pour se déresponsabiliser. Par exemple, la mondialisation enrichie les riches et appauvrie les pauvres, mais personnes n’est responsable et surtout pas les riches exploitants. Le capitalisme fait en sorte que le riche n’a pas vraiment à travailler pour profiter des plus belles merveilles du monde pendant que le pauvre travaille plus de cinquante heures par semaine pour survivre. Le gouvernement déclare la guerre pour tuer des milliers de personnes et les dirigeants ne sont pas accusés de meurtre. Les exemples changeant, mais le principe reste le même : une entité inexistante qui est responsable de ses actions et qui, par le fait même, déresponsabilise les gens qui la contrôlent. Malheureusement, l’évolution de la hiérarchie sociale n’est souvent qu’une illusion créée par la sophistication du vocabulaire et une complexification des procédés.
Avant de terminer, un dernier point mérite d’être abordé même s’il n’est pas directement relié à l’histoire et au fonctionnement du système économique. Les banquiers ont le pouvoir de contrôler une grande partie du développement technologique de l’humanité. Cette affirmation peut-être effrayante : comment est-il possible que les banquiers puissent contrôler le développement technologique sans être des chercheurs? Pour la simple et bonne raison qu’ils subventionnent les chercheurs privés et qu’un chercheur sans subvention ne peut pas chercher à son plein potentiel. Plusieurs exemples peuvent être expliqués tel que la machine à séparer le dioxyde de carbone en poudre de carbone et en oxygène, la voiture électrique d’Hydro Québec et le moteur à eau Pantone, mais seulement celui de Nicolas Tesla sera abordé parce qu’il résume adéquatement ce pouvoir des banquiers. La majorité de la population ne connaît pas cet incroyable scientifique malgré le fait qu’elle utilise ses inventions à tous les jours, pour en nommer qu’une seule : le courant alternatif. Sans se perdre dans toutes ses recherches, monsieur Tesla est l’inventeur du « Tesla Coil. » De nos jours, cette invention ne sert qu’à épater le public en créant une sorte d’éclair entre un émetteur et un récepteur, mais à l’origine, ce n’était pas du tout l’objectif de son inventeur. Monsieur Tesla voulait transmettre de l’énergie électrique sans utiliser de fil électrique, c’est-à-dire qu’il voulait envoyer des électrons dans la ionosphère pour qu’ils soient captés par des antennes pour alimenter des moteurs électriques.
Suite à une expérimentation du Tesla Coil, son laboratoire a explosé parce qu’il y avait beaucoup trop d’énergie électrique pour la capacité de son émetteur. Lorsqu’il est retourné rencontrer son banquier pour obtenir un nouveau prêt, son banquier a refusé de lui prêter de l’argent parce qu’il avait compris que cette invention ferait perdre beaucoup d’argent à ses amis. L’absence des fils électriques, bien qu’extraordinaire, empêcherait le calcul de la consommation d’électricité de la population et sans cette connaissance, il ne serait pas possible de charger la consommation en électricité. En remplaçant les moteurs à essence, en remplaçant le gaz naturel et en remplaçant le système électrique actuel par ce nouveau mode de transmission de l’électricité, il y aurait eu un grand manque à gagner dans le système économique. Ce principe aurait causé une gratuité de l’énergie et la gratuité ne peut pas exister dans le système capitalisme. Monsieur Tesla essaya de se faire subventionner par d’autres banquiers, mais son premier banquier leur avait déjà annoncé les conséquences de la réussite de ses recherches sur le système économique et aucun d’entre eux ne voulut l’endosser.
En conclusion de cette section, les points les plus aberrants de l’histoire et du fonctionnement du système économique furent abordés et expliqués : les faits marquants de l’histoire des banques, l’effet multiplicateur du crédit, l’inflation, les répercussions des fluctuations de la masse monétaire sur l’économie, la répartition de la richesse et l’esclavage moderne. Il existe d’autres aspects aberrants, certes, mais ils divergent des objectifs de ce texte qui sont d’informer la population, de semer le questionnement et d’initier une remise en question du système économique actuel. Sans chercher aucune solution à ce système économique parce qu’il est simplement trop corrompu, un nouveau système économique sera proposé dans la deuxième partie de cette lettre à l’humanité : une démocratie utopique, un système économique équitable.
Je n’ai encore jamais rencontré personne qui puisse justifier, par la logique et la raison, que le gouvernement fédéral emprunte son propre argent. Je crois que le temps viendra où les gens demanderont que cela change. Je crois que le temps viendra dans ce pays, où nous serons blâmés, vous et moi et tous les autres membres du congrès pour n’avoir rien fait et pour avoir laissé subsister ce système idiot. - Wright Patman, membre du congrès
Référence : aucune
Les meilleurs professeurs que j’ai rencontrés ne m’ont pas donné de réponses à mes questions, ils m’ont posé des questions pour orienter mes recherches. J’ai alors compris que je devais apprendre par moi-même.
Qu’est-ce que l’effet multiplicateur du crédit?
Qu’est-ce que l’inflation?
Qu’est-ce que la macroéconomie?
Qu’est-ce que la masse monétaire?
Qu’est-ce qu’une crise économique?
Quelle est la relation entre l’effet multiplicateur du crédit et l’inflation?
Quelle est la relation entre l’inflation et la masse monétaire?
Quelle est la relation entre la masse monétaire et les crises économiques?
Qu’est-ce que l’argent?
Source: Automnequebecois

Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :