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Le Fil des Missangas de Mia Couto

Publié le 20 décembre 2011 par Belette

Succession de très courtes nouvelles (2-3 pages), Le Fil des Missangas (qui signifie “perles de verre” en portugais du Mozambique) raconte les hommes et les femmes à la façon des contes.

L’universel succède au particulier, comme la morale succède à la fable. Les perles de verre sont autant les nouvelles elles-mêmes que leurs trouvailles lexicales et leur “morale” qui n’en est pas vraiment une : plutôt une bulle poétique, comme un tremplin au rêve. L’une d’entre elles, “Les mâles larmoyants”, dit le pouvoir du rire et celui des larmes. Alors que les hommes du bar de Matakuane se réunissaient pour “histoiredrôler”, les voici qui lentement plongent dans la tristesse des histoires mélancoliques de Kapa-Kapa, dont le cœur a été “dévoré par les flammes de la tristesse”.

Aujourd’hui, celui qui passe par le bar de Matakuane peut le certifier : pleurer c’est ouvrir son cœur. Les pleurs sont la concrétisation de deux voyages : de la larme vers la lumière et de l’homme vers une plus grande humanité. Finalement, ne vient-on pas à la lumière en pleurs ? Les pleurs ne sont-elles pas notre première voix ?

Et c’est ce que, Kapa-Kapa prêche, par d’autres mots : la solution du monde est que notre être nous déborde. Et la larme nous rappelle : nous, plus que tout, ne sommes-nous pas faits d’eau ?

Ouvrage traduit du portugais (Mozambique) par Elisabeth Monteiro Rogrigues paru chez Chandeigne, Paris, 2010 [2004].



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