Dans le prologue, l’auteur raconte ses nombreux séjours dans les hôpitaux, ces mois d’alitement jusqu’à l’âge adulte pour guérir ses pieds bots , ce qui lui a permis «de rêvasser, et surtout de se souvenir.»
Voici un petit livre drôle et bien enlevé sur l’enfance, ses joies, ses peines, ses cruautés.
«De cette enfance, je garde cette impression d’absolu où tout prenait du relief dans une sorte d’ETERNEL PRÉSENT … Ces moments, j’aborde à nouveau à leurs rives, dans les yeux de notre fille, Jeanne, 4 mois aujourd’hui.»
Tout est en noir et blanc, avec un texte de plus en plus resserré et épuré et un dessin avec des ombres et des variations de gris plus travaillées pour l’histoire principale. Le trait est vif, drôle, dynamique. Un seul récit, d’ailleurs très savoureux, utilise la couleur, avec succès, celui intitulé «la première et la dernière» Je laisse deviner ce dont il s’agit.
C’est pimpant, joyeux, cruel, réaliste à souhait, très masculin aussi. Ces gamins ne rêvent que bagarres, batailles, victoires et gloire. Ils donnent et reçoivent sans arrêt des coups mais rien ne les arrête, leur imagination est débordante et je me suis régalée à lire ces souvenirs pourtant bien éloignés des miens.
Le val des ânes de Matthieu Blanchin (Édité par ego comme x, 2001, 80 pages) Angoulême 2002,
