Magazine Culture

[TV] Mission impossible : entre trahison et respect

Publié le 22 décembre 2011 par Vance @Great_Wenceslas

Mission-Impossible-00.jpg

2,8/5

Avant de se frotter au Protocole fantôme, il était judicieux de se remettre en mémoire les précédents opus de la saga cinéma dérivée de la série de Bruce Geller, avec des films créés sous l’impulsion de (et donc centrés sur) Tom Cruise. On a beaucoup reproché à ces œuvres de ne respecter que de loin les codes instaurés par la série télévisée culte afin de mettre en valeur le plus possible le personnage d’Ethan Hunt : d’un feuilleton fondé sur la collaboration et la synergie des talents d’individus compétents, on obtenait un film d’action musclé plus proche de James Bond.


Pourtant, la production n’a pas eu froid aux yeux : beaucoup d’argent, et des metteurs en scène de renom.

Le premier d’entre eux fut Brian De Palma.

Mission-Impossible-03.jpg

J’ai toujours eu une certaine tendresse pour ce film-là. Malgré les libertés presque impardonnables prises avec la série, on a encore la volonté de créer des équipes – certes, autour d’un pole d’attraction un peu phagocyteur – et d’imposer un rythme enlevé reposant sur des séquences complexes à réaliser. Chaque équipe dispose de spécialistes et accomplit sa mission sur un timing et un schéma au cordeau : peu ou pas de marges d’erreur, ça passe ou ça casse – et bien entendu, suivant la phrase rituelle, « si l’un des collaborateurs venait à être capturé ou tué, le gouvernement nierait avoir connaissance de ses actes ». Selon ce principe, De Palma démontre un savoir-faire évident en cherchant à nous leurrer constamment : montages parallèles, flashbacks et alternance de points de vue subjectifs accomplissent des merveilles, permettant (presque) de pallier les insuffisances du scénario, les erreurs de script (ce n’est PAS le TGV qui traverse la Manche) et le casting improbable (Jean Reno joue une brute sans cervelle et Emmanuelle Béart s’est pris un coin de porte en travers de la figure – avouez-le, c’est gênant pour s’exprimer). Quant à Cruise, eh bien, il fait son job avec dynamisme et conviction.

Mission-Impossible-02.jpg

A force, on s’aperçoit que le film vieillit assez mal, la faute à des pointures comme les Jason Bourne et autre Casino Royale. Il conserve pourtant un cachet sympathique, à la lisière entre l’espionnage et l’action brutale. On devait par la suite s’apercevoir qu’il était bien plus fidèle à l’esprit Geller que les deux suites, pourtant non dépourvues de qualités. Quant à la partition de Danny Elfman, c’est une réussite.


Mission : Impossible

Un thriller d’espionnage de Brian De Palma (1996) produit par Cruise-Wagner et Paramount, distribué par United International Pictures avec Tom Cruise, Ving Rhames, Jean Réno, Jon Voight, Krsitin Scott Thomas, Vanessa Redgrave & Emmanuelle Béart.

2.35 : 1 ; 16/9 ; VF ; 110 minutes.

 


Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Vance 6006 partages Voir son profil
Voir son blog

Magazine