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This Is Spinal Tap

Publié le 30 décembre 2011 par Olivier Walmacq

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Genre : Comédie, parodie
Année : 1984

Durée : 82 min

L'histoire : Spinal Tap, légendaire groupe de hard-rock britannique sur le déclin, se prépare à effectuer sa première tournée américaine depuis 7 ans. A cette occasion, Marty DiBergi (interprété par Rob Reiner), réalisateur de pubs diverses et avariées, décide de prendre sa caméra afin de rendre compte de la réalité d'un groupe de rock en tournée...Mais comme le disait le regretté Bon Scott, "It's a long way to the top if you wanna rock n' roll!". Et de multiples avanies , rivalités et autres impondérables vont transformer la tournée en fiasco.

La critique de Leslie Barsonsec :

Amis de la gratte en carton, des concours débiles d'air-guitar et des fûtes en cuir, bonsoir ! Ne tournons pas autour du pot, Spinal Tap reste, 25 ans après, la parodie la plus pertinente et décapante consacrée au monde de la musique.
Ici, Rob Reiner prend un malin plaisir à ridiculiser les codes et les clichés inhérents au monde du hard des années 1970-80, avec cependant une certaine tendresse pour ces galériens du métal plus proches de gamins attardés, que des monstres tant redoutés par les mères de l'époque (pour mémoire, Tipper Gore, la femme du sauveur de la planète, avait lancé une croisade anti-hardrock au milieu des années 80, et a crée le "label" PMRC (explicit lyrics) qui faisait trop rebelle sur nos disques de Pantera ou de Public Enemy).

Le film alterne avec brio chansons interprétées sur scène, séances d'interview entre DiBergi et les zicos, et tranches de vie quotidiennes.
Les acteurs retenus pour les rôles sont criants de vérité : ainsi Christopher Guest (Nigel Tufnel dans le film, guitare solo) campe un Jeff Beck plus vrai que nature (ressemblance physique, caractère taciturne et légérement infantile). Michael McKean (David St Hubbins, guitare et chant) fait un excellent chanteur de hard à mi-chemin entre le phallocrate indécrottable et le romantique neuneu tendance David Coverdale. Et Harry Shearer (Derek Smalls, basse) a une de ces tronches improbables...
De quoi devenir roadie de Saxon ou de Maiden ! A noter également les apparitions de Patrick "Chapeau Melon" MacNee dans le rôle du patron de la maison de disques, et de ...Fran Drescher (ouioui, la nounou d'enfer !!!) dans le rôle de l'attachée de presse et "public relations" du groupe.

Mais au-delà du choix judicieux des comédiens (qui ont participé à l'écriture du scénario avec Reiner), Spinal Tap vaut pour son accumulation de scènes hilarantes ou tragi-comiques. Ainsi, les interviews avec DiBergi nous révélent que les batteurs du groupe (depuis les années 60) ont tous été frappé d'une étrange malédiction.
Ils furent tous étouffés par leur vomi (fantôme de John Bonham, est-tu là ?) ou ont explosé sur scène (no comment...).
Les scènes d'archives recréees nous montrent des Spinal Tap "Merseybeat" en 64, hippies en 67... Rob Reiner s'est de toute évidence fait plaisir en jouant avec les conventions rock n' rolliennes.

Sur le plan musical, Spinal Tap usine du gras hard boogie qui tâche aux thématiques diverses et avariées, à mi-chemin entre Status Quo et Whitesnake. Quelques titres de chansons pour rigoler ?
"Big Bottom" (Gros Cul"), "Hell Hole", "Stonehenge"...avec paroles à l'avenant ! Les poses des zicos sont parfaitement crédibles, et certains gags scéniques sont à se pisser dessus (les épisodes de la cage et de Stonehenge...).

Mais les gags les plus grotesques sont à chercher dans les "tranches de vie" où l'on sent que, comment dire ???, il y'a du vécu...(d'ailleurs ce film foutra tellement la honte à Ozzy Osbourne qu'il arrêtera tout pendant plusieurs années !).
La scène introuvable, le sandwich au salami, l'ampli à 11, le triomphe japonais , et le falzar farci (rien que d'y penser, je ris tout seul comme un gland !) sont tout bonnement irrésistibles. Tous ces musiciens ne sont en définitive qu'une bande de paumés attachants dénués de toute trace de maturité ! (et c'est valable pour bon nombre de personnages périphériques !).
Et c'est bien tout le miracle de ce film : on ne rit pas d'eux, mais avec eux! Rob Reiner n'a aucunement voulu faire un film de clichés de façon gratuite, il veut juste montrer que le show-business (cette maison de disques qui ne comprend rien à leur art...) n'a pas grand chose de glamour (c'est le moins que l'on puisse dire !).
L'envers du décor est parfois déprimant à souhait...(ou plutôt tragi-comique !)

L'influence de ce film se fera sentir bien au-delà de la stricte sphère des aficionados de hard : on peut la trouver chez les Simpsons, dans la rock-critic dans ce qu'elle a de plus débilos, chez les Inconnus (le sketch du groupe hardrock n'est pas venu tout seul...les interviews en particulier !)...

Et comme le dit Reiner en intro : "Place au boogie !"

Note : 17.5/20


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