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Un an

Par Eric Bonnargent

Un an

Tableau : Jörg Breu le Jeune

  C’est en considérant nos (relatives) divergences esthétiques, et forts d’un esprit de bonne camaraderie, que nous avons lancé l’anagnoste, il y a un an et presque jour pour jour.
L’ambition n’a jamais été de révolutionner l’instance critique (nous n’en avons d’ailleurs pas davantage les capacités que le désir), mais de donner des écrivains et des livres une lecture sensible et qui ne fût pas trop superficielle. Notre parti pris, dont nous ne méconnaissons pas les limites, a toujours été de n’évoquer que ce que nous aimions, qui nous touchait ou nous semblait pouvoir trouver son cheminement dans la déjà longue épopée de la littérature. À d’infimes exceptions près, vous n’avez donc trouvé ici que des éloges, même pondérés – ce qui n’exclut ni les réserves, ni les déceptions, ni, pourquoi pas, quelques traits d’humeur.
C’est aux écrivains d’abord que nous pensons lorsque nous nous prêtons à l’exercice critique. La critique en effet n’est que ce qu’elle est – qui n’est pas rien : la lecture, éventuellement savante, éventuellement éclairante, d’une œuvre dont le critique n’est pas lui-même capable. Savoir distinguer entre l’art et le tout-venant, entre la dimension quasi métaphysique de l’art et l’intention plaisante ou divertissante (ce qui, dans notre bouche, est-il prudent de rappeler, n'est nullement péjoratif) : voilà qui nous apparaît déjà comme une assez ample ambition.
Nous pensons aussi à ces éditeurs méritants (et pas toujours « petits ») qui s’obstinent, en dépit d’une économie à tout le moins malmenée, à distinguer parmi les livres ceux qui, au mieux traverseront le temps, au pire sauront dire sur l'époque, ou l'univers, ces quelques petites choses que la littérature seule est à même de pouvoir dire.
Nous pensons, enfin, toujours aux lecteurs, tant nous le sommes nous-mêmes : nous savons combien il est difficile d’échapper au goût du jour et au matraquage médiatique qui en fait la force. Ce constat n’induit pas qu’un ouvrage méconnu soit nécessairement fameux, pas plus qu'un ouvrage populaire soit nécessairement piètre : c’est là un écueil, quasi idéologique, auquel tout critique est toujours exposé, et dont nous devons sans cesse nous défier. À cette fin, la meilleure méthode consiste encore à s’en remettre au texte, et seulement au texte.
Cet esprit continuera de nous animer en 2012, année que nous avons donc décidé d’entamer, sans forfanterie aucune, en nous donnant la parole à nous-mêmes... Outre que cela permet de refermer 2011 derrière nous d'une manière complice et familière, les deux entretiens publiés cette semaine (initialement parus dans le magazine des livres) constituèrent pour nous une occasion d’étayer nos manières respectives d’envisager la littérature.
   Mardi 3 janvier : Éric Bonnargent   Vendredi 6 janvier : Marc Villemain
 Nous vous souhaitons une bonne année 2012. _________________

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