Magazine Cinéma

Animals Kingdom (confirmation du renouveau australien)

Par Borokoff

A propos de Les crimes de Snowtown de Justin Kurzel 3 out of 5 stars

Les crimes de Snowtown de Justin Kurzel - Borokoff / Blog de critique cinéma

Biographie romancée de John Bunting (né en 1966), Les crimes de Snowtown retrace la vie du plus grand tueur en série qu’ait connu l’Australie.

Entre 1992 et 1999, John Bunting, entouré d’acolytes, a torturé et tué 12 personnes mais une seule à Snowtown, petite ville située à 145 km au Nord d’Adélaïde. Les victimes étaient la plupart du temps des marginaux, des drogués, des homosexuels ou des pédophiles des environs d’Adélaïde.

Adapté du livre éponyme du journaliste australien Andrew McGarry, Les crimes de Snowtown revient sur la genèse des crimes d’un psychopathe dont la barbarie froide a soulevé le ventre des Australiens dans les années 1990.

John Bunting (Daniel Henshall) débarque dans la vie de James Vlassakis (Lucas Pittaway), un adolescent de 16 ans, après que son charme a opéré sur la mère veuve de James.

Charismatique, Bunting a la parole facile mais surtout la haine des homosexuels et des pédophiles. Manipulateur, il parvient à engrainer quelques paumés du coin dont James pour tuer à tour de bras des pédophiles puis toutes sortes de personnes la plupart du temps « marginales ». Le film s’apparente parfois à un documentaire dans la manière dont il décrit cette communauté de « marginaux » australiens très croyants.

Daniel Henshall - Les crimes de Snowtown de Justin Kurzel - Borokoff / Blog de critique cinéma

Daniel Henshall

Justin Kurzel, dont c’est là le premier long-métrage, a choisi de retracer la vie du tristement célèbre tueur en série australien sous l’angle des relations psychologiques qui se tissent entre Bunting et James (rapports dominant/dominé) et du point de vue de l’adolescent.

Violé par son voisin puis son demi-frère, James s’attache rapidement à Bunting en qui il voit (et espère) un père alors qu’il n’est qu’un manipulateur.

Le film a été tourné en 16 mm, ce qui lui donne une texture et ce grain un peu épais. Les teintes grises et blanches renforcent l’ambiance funeste qui règne tout au long du film.

Et de quel film on parle ! Les crimes des Snowtown est parfois à la limite de l’insoutenable (longue scène de torture dans la baignoire) sans tomber toutefois dans la complaisance ni le plaisir gratuit à montrer l’horreur. Pourtant, d’horreur et d’abjection, il ne s’agit que de cela chez Bunting, petit gros au sourire d’enfant dont on se dit qu’il ne peut qu’être « sympa » (comme un père-noël) alors que c’est en réalité un malade mental obsédé par la haine qu’il porte aux pédophiles.

Lucas Pittaway - Les crimes de Snowtown de Justin Kurzel - Borokoff / Blog de critique cinéma

Lucas Pittaway

Cette haine cache un « plaisir » beaucoup plus pervers et sadique, et beaucoup plus vaste qu’il a à dominer toutes ses victimes (il se fait appelr « Dieu » ou « Maître ») choisies parmi des drogués et des marginaux qui n’avaient rien de pédophiles, elles. En compagnie de ses acolytes, Bunting torture et assassine à tour des bras, fait croire à leurs proches que ses victimes ont tout simplement quitté l’Australie avant d’arnaquer l’Etat en reprenant leur couverture sociale à son compte.

Il parvient à entrainer dans son trip malsain et « dark » James, dont la passivité et l’immobilisme sont ce qu’il y a de plus fascinant et d’effrayant dans le film. Subissant tous les évènements, James ne réagit jamais. Jamais non plus il n’a un sursaut d’orgueil, tellement l’emprise psychologique de Bunting est totale sur lui.

Hormis la scène atroce de la baignoire, la plupart des autres crimes sont plutôt suggérés (celui du simplet aux serpents ou à la fin) ou montrés alors que la victime est déjà morte (comme l’ami drogué de James).

Ce qui fascine dans le film de Kurzel, c’est le mécanisme psychologique de domination de Bunting sur James, ou comment il a réussi à faire de l’adolescent un tueur aveugle et une marionnette entièrement dévouée à ses plaisirs sadiques. C’est pourtant James qui désavouera les crimes de Bunting lors de leurs procès. James, qui aura eu quand même le réflexe de protéger son petit frère de la folie prédatrice de Bunting…

www.youtube.com/watch?v=c9ifigNL0v8

Film australien de Justin Kurzel. Avec Lucas Pittaway, Daniel Henshall, Louise Harris (02 heures).

Scénario : 3.5 out of 5 stars

Mise en scène : 3 out of 5 stars

Acteurs : 3.5 out of 5 stars

Dialogues : 3 out of 5 stars


Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

A propos de l’auteur


Borokoff 641 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazines