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Les voeux de Jón Gnarr

Publié le 02 janvier 2012 par Vivreenislande @vivreenislande
Les voeux de Jón Gnarr Jón Gnarr est Maire de Reykjavik depuis juin 2010. Un peu plus de 6 mois après avoir fondé son "Best Party", l'ancien bassiste Punk-rock des Dripping Noses a réussi l'exploit de remporter les élections municipales après plusieurs décennies de domination des 4 grands partis. Il lui aura suffit de s'appuyer sur un programme qui aurait sans doute ravi Alfred Jarry et ses acolytes pataphysiciens. Les propositions fantaisistes de Jón ont raisonné comme l'écho sardonique des malversations révélées par la Spécial Investigation Commission (SIC) suite à la crise de 2008, et emporté l'adhésion des citoyens de Reykjavik.
Jón est un homme accessible. Quelques échanges de mails et une conversation téléphonique avec son directeur de l'information auront été nécessaires pour rencontrer celui qui fut aussi chauffeur de taxi, comédien et employé d'une institution pour malades mentaux. Lorsque j'arrive à la Mairie, dans le bâtiment qui borde le lac Tjörnin, je suis attendu. Mon prénom a été communiqué à la réceptionniste qui ne juge pas utile de vérifier mon identité, me conduit jusqu'à un ascenseur sécurisé et m'indique dans un anglais roucoulant où se trouve le bureau du Maire de la capitale Islandaise. L'homme se tient debout dans le couloir. Il papote avec sa secrétaire en sirotant un café. La poignée de main qui m'accueille est chaleureuse et le sourire, à peine perceptible, révèle tout autant un réveil récent et difficile, peut-être due à une nuit aussi courte qu'agitée, qu'une grande perplexité quant à l'intérêt de participer à mon curieux projet. J'avoue avoir du mal à imaginer en rocker déjanté ce grand gaillard ventripotent qui arbore un long pull en laine qui lui descend sous les fesses. Le personnage ne m'en paraît pas moins fort sympathique.
Il me fait entrer dans un minuscule salon qui donne sur l'étendue aqueuse et gelée depuis quelques jours. La décoration, probable héritage de ses prédécesseurs, est désuète. Au mieux. L'observation m'incline à penser que programme politique loufoque, parcours atypique et velléités démocratiques progressistes n'excluent pas un goût suranné. J'installe ma caméra sur son trépied, tandis que Jon demande poliment à une géante blonde d'augmenter l'éclairage de la pièce. Pendant qu'il s'enfonce dans son fauteuil fleuri et que je finalise mes réglages, nous partageons quelques banalités au sujet des disparités entre l'Islande et la France. Lui, m'interrogeant sur la fréquence des grèves qui surviennent dans l'hexagone, moi tentant d'expliquer que celles-ci sont à la France ce que les couilles de mouton sont à l'île volcanique : une part incontournable de son folklore, l'une comme l'autre diversement appréciées par ceux qui y sont confrontés. Puis, durant quelques courtes minutes, Jón profite de l'espace que j'aie eu le plaisir et l'honneur de lui offrir pour faire la promotion de sa ville, avec l'humour décalé que ses administrés lui connaissent. En définitive, j'ai conservé un souvenir plaisant de cette brève rencontre.
A venir : les voeux d'Edda Erlendsdottir.



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