Haut-Brion 2001 et Margaux 2001 sur des ris de veau aux cèpes

Par Daniel Sériot

Les deux premiers Crus Classés étaient : 

Pessac Léognan Haut Brion 2001

La robe est soutenue de couleur pourpre. L’olfaction est fine, subtile et expressive, avec des arômes de cerises, de cassis écrasé, de fines épices, nuancées de note florales,  de réglisse et d’âtre. L’attaque, d’une grande délicatesse, laisse entrevoir des tannins très fins et mûrs, le vin prend de la consistance dans un centre, à la texture très fine et serrée, à la chair dense et délicate, dans une construction allongée, rehaussé de fruits mûrs et purs. La finale est très persistante, pure, soyeuse, pulpeuse, complexe, avec une association de fruits, de fleurs, de fines et délicates épices, et des notes fumées et réglissées. Noté 17,5, même note plaisir

Margaux : Château Margaux 2001


La robe est très soutenue, de couleur pourpre à sanguine, le nez, intense et élégant évoque la violette, la soupe de fruits frais ( dont la cerise et le cassis), les épices douces, avec des saveurs d’élevage qui ne sont pas encore fondus. La bouche est riche, avec des tannins fins au grain velouté en attaque, un peu plus fermes dans un milieu de bouche, plein , dense, profond; aux fruits gourmands. La finale est longue, charnue, fraîche, équilibrée, précise, avec des fruits savoureux finement épicés, et des notes florales, et des notes d’élevage ( pas encore entièrement fondu). Note potentielle 17,5, note plaisir 16,5

Le plat choisi : des ris de veau aux cèpes avec un croquant d'asperge.

Les deux vins ont donc été appréciés comparativement sur les plats et intrinséquement pour eux-mêmes.

Le Haut-Brion 2001 s'est merveilleusement bien goûté sur des notes empyreumatiques qui décèlent porgressivement des impressions nettes de truffe, puis de crésosote, enfin de feuilles mortes et sous-bois, tout en laissant apparaître et vivre tissée dans le soyeux des tannins une cerise burlat. Des fruits émergent progressivement d'une bouche tout en puissance, fruits noirs pour l'essentiel et la réglisse vient clore le bonheur de la dégustation, pour laisser en suspend le cours émouvant d'un grand vin, comme le temps de Lamartine.

Le Margaux 2001 dévoile un magnifique floral, dense, et allonge des tannins plus évanescents, plus subtils pour moins de puissance que le précédent mais pour beaucoup de finesse dans les expressions du fruit et des notes boisées, confinées à des saveurs de caramel au beurre salé. La finale déploie un éventail de fruits noirs pour expirer porgressivement sur une belle cerise à l'eau-de-vie.

Incontestablement deux très beaux vins, très différents dans leur tenue, d'une fougue certaine mais contenue pour le Haut-Brion, d'une élégance plus languide... L'éternel débat de l'accord mets/vins réussis obligatoirement avec des grands vins trouveraient très justement sa place ici. Car s'il a été une conjonction de saveurs des vins indéniables, s'harmonisant avec touche suffisante, à fleurets mouchetés avec le plat, la tenue en bouche trop alerte du Haut-Brion pouvait le mettre en seconde place.