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Une jolie série de reportages... sur la Thaïlande

Publié le 10 janvier 2012 par Kakrine
Une jolie série de reportages... sur la ThaïlandeJe prends plaisir à partager ici avec vous une une série de trois reportages sonores sur la Thaïlanded'Alain Lewkowicz et Rafik Zenine, écoutés sur FranceCulture, dans l'émission "sur les docks" cette semaine.
Une approche de la Thaïlande en trois parties: une sur les Chemises Rouges, une autre sur les "ladyboys" et enfin une dernière sur les "bodysnatchers". Un parti pris volontaire pour découvrir la Thaïlande au-delà des clichés habituels, avec des prises de sons qui reflètent parfaitement l'atmosphère thaïe, tout en conservant l'aspect extrêmmement touchants de certains témoignages....Mon préféré, le deuxième volet sur les ladyboys, dans un reportage qui cherche vraiment à comprendre l'approche particulière qu'a la société thaïlandaise de cette particularité.
1. les chemises rouges
"(...) Le 3 juillet 2011, les 66 millions de Thaïlandais étaient appelés aux urnes pour des élections législatives très attendues, dans un pays ou règnent la désunion et la discorde et où la complexité politique prend tout son sens. Résultat : Yingluck Shinawatra, la sœur cadette de Taksin, l’ancien premier ministre, renversé par un coup d’Etat militaire en 2006, est devenue la première dame du pays. Une victoire pour les Chemises Rouges pro-Taksin, victimes, au printemps 2010, de la répression militaire : 91 morts et près de 2000 blessés en plein cœur de Bangkok (de quoi raviver les vieilles haines et réveiller les vieux démons). La Thaïlande affichant un visage d’unité à travers l’image d’un roi vénéré, souverain constitutionnel, chef de l'État et protecteur des religions, a fait long feu.(...). Ils sont aujourd’hui 16 millions de Thaïlandais à revendiquer leur appartenance aux Chemises Rouges, soit un quart de la population du pays. Face à eux se trouvent les Chemises Jaunes, proches du roi et des militaires , accusés d’être le bras armé d’une aristocratie financière et économique .
 La menace d’une guerre civile planerait-elle sur la Thaïlande ? C’est en tout cas une partie de carte compliquée que la nouvelle équipe dirigeante a entamé : poursuivre les réformes économiques tout en réconciliant un pays qui redoute une loi d’amnistie et en évitant l’altercation avec l’état-major militaire et l’élite royaliste.

Lorsque l’équipe de Sur les docks est allée à la rencontre des Chemises Rouges, une partie de la Thaïlande subissait les inondations les plus fortes jamais enregistrées depuis 50 ans. Une atmosphère d’unité nationale se faisait jour dans les zones sinistrées où les « rouges », les « jaunes » et les militaires travaillaient main dans la main."

arrivée à la caféteria des chemises rouges par franceculture
2. les "ladyboys"
"En Thaïlande, il y a les hommes, les femmes et les kathoeys, des « ladyboys » ou dames-garçons. Ce monde de transsexuels totalement intégré à une société jamais colonisée et où la morale judéo-chrétienne n’a pas eu d’emprise. Le terme « kathoey » suggère que ce sont des hommes qui, à des degrés divers, s’habillent ou se comportent de façon féminine. Ces « ladyboys » représentent aujourd’hui 2% de la population du pays soit près de 1,2 millions de personnes. Le spectre de transformation va de ce qu’on pourrait appeler « efféminé » à la trans-sexualité avec prises d’hormones et interventions chirurgicales. L’imbrication complexe du profane et du sacré dicte les priorités. Avoir un bon karma est la principale : changer de sexe ne saurait être tabou. Aucun texte, administratif ou religieux n’interdit cette pratique séculaire autant rurale qu’urbaine et dans ses écrits le bouddhisme ne régule pas la vie sexuelle des croyants. Si en Occident, la trans-sexualité est associée au monde de la nuit, des paillettes ou de la prostitution, la Thaïlande s’enorgueillit d’une très longue tradition dans laquelle choisir son identité sexuelle est un droit tacite que peu remettent en cause, pas même dans les familles.
Cependant leur statut n’est pas reconnu officiellement. Opéré ou pas, un kathoey est toujours considéré comme un homme. Nourri par l’image banalisée que renvoient les émissions télévisées où le troisième sexe apparaît comme excentrique, volubile et superficiel, ou emprisonné derrière le cliché de ces personnes «sexuellement déviantes» le chemin vers la reconnaissance par le gouvernement semble encore long."

3. Les bodysnatchers de Bangkok : des sauveurs de vie soucieux de leur karma
"Les Occidentaux les appellent de façon péjorative des « bodysnatchers », littéralement des chapardeurs ou des dérobeurs de corps, mais les milliers de volontaires Thaïlandais ainsi qualifiés préfèrent se définir comme des sauveurs-sauveteurs au service d’une société où accidents et morts violentes sont légions. Organisés en fondations héritières des anciennes institutions chinoises d’entraide, de services funéraires et de secours installées dans le pays il y a plus de 100 ans, les sauveteurs ont une motivation commune d’ordre religieux : améliorer leur karma. Dans ce pays, « mettre de l’huile » dans les rouages du cycle des causes et des conséquences lié à l’existence des êtres humains est un challenge. Réparer les fautes d’une vie passée, tout en préparant au mieux le futur, tel est l’objectif de ces bénévoles.
Qu’ils appartiennent à la fondation Rumkatunya ou à celle de Por Tek Tung, les plus anciennes et les plus importantes, les bodysnatchers pallient à un système hospitalier dont les services d’urgences et d’ambulances laissent à désirer. C’est toutes sirènes hurlantes et gyrophares aveuglants que les volontaires parcourent les rues de Bangkok, ville tentaculaire de 15 millions d’habitants, à la recherche de cadavres, de blessés, de suicidés, d’assassinés, de brûlés et autres traumatisés. Transportées dans des pickups aménagés et customisés, les victimes sont conduites à l’hôpital, à la morgue ou directement au crématorium. C’est le travail de ces « sauveurs de vie », comme ils se nomment eux même, que l’équipe de Sur les docks a suivi."



Les bodysnatchers de Banckok : des sauveurs de... par franceculture
Source: france Culture, "Sur les docks"

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