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Qui a tué Boudiaf ?

Publié le 12 janvier 2012 par Amroune Layachi

Qui a tué Boudiaf ?

Il a été assassiné le 29 juin 1992Le projet de Boudiaf est toujours d’actualité

gif); float: left; background-position: 50% 50%; background-repeat: no-repeat no-repeat; border: 1px initial initial;" src="http://www.depechedekabylie.com/photos/2156/2156_72624.jpg" alt="" />Il incarnait l’espoir perdu dans un pays livré à la merci de la violence.

Lui, c’est Mohamed Boudiaf, humble parmi les humbles militants nationalistes qui ont pu fédérer autour de l’idée de l’Indépendance nationale la majorité des Algériens.

Mohamed Boudiaf est né le 23 juin 1919 dans la wilaya de M'Sila où il effectue ses études pour être désigné comme fonctionnaire d’administration. Après un passage dans l’Armée française où il sera muté au front durant la Seconde guerre mondiale, Boudiaf s'engage dans le Mouvement nationaliste en adhérant au Parti du peuple algérien (PPA), pour se retrouver dans l’Organisation spéciale (OS), aux côtés d’autres militants nationalistes tel Hocine Aït Ahmed. Au sein de l’OS, Boudiaf était chargé par ses coéquipiers de la constitution d’une cellule de l’organisation à Constantine. Quelques années plus tard, l'OS est démantelée par la police française et les responsables sont jetés en prison.

Boudiaf quitte la prison en 1952 et est désigné par le MTLD pour rallier les militants du mouvement en France. Vers le début de l’année 1954, Boudiaf décide de rentrer au pays pour lancer avec 9 autres militants le Comité révolutionnaire pour l’unité et l'action (CRUA). Mohamed Boudiaf lance également avec ses compagnons du CRUA, le journal, Le patriote. Quelques mois plus tard, Boudiaf, toujours fidèle à son engagement, sera membre du groupe des 22 ayant participé au déclenchement de la Guerre d'indépendance et la création du Front de libération national, FLN.

Le 22 octobre 1956, Mohamed Boudiaf, Mohamed Khider, Mostefa Lacheraf, Hocine Aït Ahmed et Ahmed Ben Bella seront arrêtés par les autorités coloniales après le détournement de l’avion qui les transportait de Rabat à Tunis. Après leur libération suite aux Accords d’Evian, Mohamed Boudiaf entre en opposition contre Ben Bella, tout comme les anciens dirigeant du FLN, et fonde le Parti de la révolution socialiste (PRS).

Il sera arrêté le 23 juin 1963 puis détenu dans le sud algérien pour purger plusieurs mois de détention. Il sera condamné à mort par la justice de Ben Bella en 1964. Dès lors, il quitte le pays pour lequel il s’est sacrifié et s’installe, en premier temps en France, puis au Maroc. Après d’intenses activités politiques au sein du PRS, Boudiaf décide de dissoudre son parti en 1979, après la mort de Houari Boumediène pour se consacrer exclusivement à ses activités professionnelles en dirigeant à Kenitra au Maroc une briqueterie.

Boudiaf résume son projet pour le pays dans son livre Où va l'Algérie ?. Un témoignage éloquent et perspicace sur l’Algérie post-indépendance.

Après la victoire du FIS aux élections législatives de 1991 et l’arrêt du processus électoral, Chadli, est contraint à la démission et Boudiaf sera rappelé en Algérie pour présider le Haut Comité d’État, créé comme instance suprême pour le pays.

Le retour de Tayeb El Watani fut ressenti comme un brin d’espoir par la jeunesse algérienne. En sa qualité d’historique du FLN, de démocrate invétéré, Boudiaf incarnait, et il l’incarne toujours, l’homme idéal. Lui, qui était loin de toutes les turbulences du régime algérien, fut effacé même des manuels scolaires.

Six mois à la tête du HCE ont suffit à cet homme pour redonner espoir, assumer les orientations anti-islamistes du Haut comité d’Etat, et représenter la conviction et le changement. Boudiaf, le fils prodige de l’Algérie, sera assassiné le 29 juin 1992 par Lambarek Boumaârafi, lors d'une conférence dans la ville d’Annaba. Boumaârafi était un sous-lieutenant au sein du groupe qui devait assurer la sécurité du président Boudiaf. L’effet psychologique provoqué par cet assassinat, retransmis en direct sur la télévision, est loin d’être évacué. l’Algérie demeure toujours otage de l’intégrisme islamiste et de son corollaire, la corruption.

La jeunesse algérienne se souviendra éternellement de cet homme avec qui l’espoir fut permis. Le projet pour lequel il est revenu demeure toujours la quête de tout démocrate.

la thèse de l’acte isolé commis par un malade aux convictions islamistes ne tient plus la route. Doncn qui a tué Boudiaf ?

Mohamed Mouloudj


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