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Bilan de cinq ans de sarkozysme à l’école

Publié le 17 janvier 2012 par Vindex @BloggActualite
Bilan de cinq ans de sarkozysme à l’école

A l’heure où approchent les présidentielles, il est temps de nous pencher sur le bilan du Président de la République concernant l’Education Nationale. En effet, Nicolas Sarkozy a profondément modifié le système éducatif depuis son élection en mai 2007. Voyons en les bons et les mauvais côtés.

En juillet 2007, le chef de l’Etat récemment élu, annonçait l’orientation de la politique éducative de son quinquennat dans une lettre de mission pour Xavier Darcos reprise par Luc Châtel à partir de juin 2009.

Toutcommence dès la rentrée 2007 par la mise en place des études dirigées pour les « élèves de l’enseignement prioritaire » puis « généralisées à partir de la rentrée 2008 ». Aujourd’hui en Primaire, un million d’enfants en difficulté bénéficient de deux heures de soutient, 800 000 jeunes au Collège. Au Lycée cela concerne les élèves de Seconde et de Première. Malheureusement les crédits n’ont pas suivi partout. D’autant plus que les établissements disposent désormais d’une plus grande autonomie financière et que 12 ,3% des Chefs d’Etablissement interrogés déclarent ne pas pouvoir assurer tous les cours car leur enveloppe d’heures d’enseignement est trop légère.

Les établissements défavorisés devaient voir leur aide augmenter mais c’est tout le contraire qui se passe : ils perdent 2,5% de leurs heures quand les favorisés en gagnent 0,4%. Ces taux peuvent être mis en parallèle avec la suppression de la carte scolaire. En effet, plusieurs rapports dont un de la Cours des comptes de 2009, explique que sur un total de 254 collèges « ambition réussite » (collège au recrutement populaire), 186 avaient vu leurs effectifs diminuer. Deux inspecteurs généraux ont fait le constat que dans les collèges les plus évités, les catégories favorisées ont disparu. Les parents d’origine aisée préférant retirer leurs enfants de ces établissements grâce à la suppression de la carte scolaire. La mixité sociale a donc reculé alors que la Président pensait que sa loi créerait le contraire.

Au sujet de la semaine des quatre jours instaurée à la rentrée 2008, elle est aujourd’hui remise en cause et un retour à 4,5 jours se profile ainsi qu’un rallongement de l’année scolaire avec la suppression de quinze jours des vacances de Juillet-Août Quant au projet de copier le modèle allemand en instaurant des mi-temps sportifs, c’est à dire, des cours jusqu’à 14 heures et ensuite, des activités culturelles et sportives, il a peu de chance de se généraliser (seuls 250 collèges le pratiquent à la rentrée 2011) à cause des difficultés d’emplois du temps et du refus des associations de prendre en charge les élèves par manque de moyens et de temps Il est encore un peu tôt pour faire un véritable bilan de ce système mais il ne sera appliqué que très certainement aux seules sections sportives (cours aménagés pour les entraînements sportifs) qui avaient déjà un emploi du temps adapté.

Mais le problème majeur du quinquennat est la réforme de la formation des professeurs avec la suppression de 60 000 postes d’enseignants depuis 2007 ainsi que de la mastérisation de leur formation. Les universités doivent désormais assurer la formation des professeurs. L’année de stage rémunérée a été supprimée ce qui amène les étudiants à financer une année supplémentaires. Les enseignants arrivent donc devant leurs classes justes après l’obtention du CAPES (Certificat d’ Aptitude au Professorat de l’Enseignement Secondaire) avec directement 18 heures ce qui implique un rythme infernal puisqu’il leur faut préparer les cours.De plus, le ministère espère recruter plus de vacataires en embauchant des étudiants qui n’ont pas été admissibles au concours mais qui ont toutefois reçus la même formation que les admis.

Les salaires ne suivent pas non plus, à part l’augmentation progressive de jeunes professeurs depuis deux-trois ans qui n’a fait que rattraper le retard accumulé depuis 2005. En effet, alors que la moyenne des salaires des professeurs de l’OCDE augmentait de 7%, celle des français diminuait de 5%.

Il n’y a pas que du négatif. Nicolas Sarkozy a décidé que l’enseignement des langues étrangères débute dès le cours préparatoire (CP) afin que les élèves sortant du lycée soient bilingues. En 2010, seuls 41% obtiennent un niveau B1 (« peut comprendre les points essentiels d’un langage clair et standard, s’il s’agit de choses familières. Peut produire un discours simple sur des sujets familiers ») à la sortie du lycée et encore il ne s’agit que des élèves ayant passé le TOEIC (Test of English for International Communication). C’est déjà pas mal mais loin d’être du bilinguisme.

La réforme du lycée est aussi intervenue pendant ces 5 ans. Elle a permis de retoucher les séries et matières du lycée, ainsi que leur répartition. De ce fait, les scientifiques ont perdu l’histoire-géographie en terminale. Ils auront ainsi le même programme que les L et ES en première et passeront le baccalauréat histoire en première. Ils pourront encore choisir l’histoire en option en terminale. Le but de ces réformes était aussi de revaloriser la filière littéraire et d’amoindrir l’hégémonie des séries scientifiques.

Toutes ces réformes n’ont cependant pas évité un constat frappant fait par l’OCDE : le niveau est en baisse en France et les inégalités augmentent.

Le bilan des cinq années de sarkozysme dans l’Education nationale n’est donc pas brillant. Espérons que les cinq prochaines années ne seront pas aussi mauvaises sinon l’Ecole ne s’en sortira pas.

Sources :

·Le Monde du 6 septembre 2011.

·Le Monde du 14 septembre 2011.

Florian Thomas


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