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Pourquoi il ne faut pas sourire aux vagues connaissances !

Par Eden2010

Pourquoi il ne faut pas sourire aux vagues connaissances !

Pourquoi il ne faut pas sourire aux vagues connaissances !

Oui, je m’en souviens maintenant, il y a des risques à être trop souriant ! Et voilà pourquoi :

Ce matin, comme si souvent, j’ai bavardé avec les uns et les autres en emmenant mon fils à l’école, mais j’étais peut-être un peu trop enjouée … et voilà que j’ai passé vingt minutes dans le vent glacial à écouter quelqu’un me raconter anecdote sur anecdote alors que je n’ai absolument pas compris a) de quoi il parlait b) en quoi les diverses histoires étaient liées entre elles (je suis certaine qu’il y avait un rapport) et c) quelle réaction il fallait afficher.

J’avais certainement l’air assez bête, tremblant de froid, le regard vague à tenter d’interrompre vainement un flot continu de paroles qui me submergeait et auquel je n’ai rien - mais vraiment rien - saisi.

Le pire est qu’au moment où le silence s’installait il fallait réagir, dire quelque chose d’intelligent, ou du moins d’adéquat …

Je devrais avoir l’habitude, je me souviens bien des expertises auxquelles j’ai pu assister en tant qu’avocat, je peux vous assurer que la plupart du temps on n’y comprend rien : comment savoir si telle goupille est rouillée avant l’heure, trop grande, mal choisie … et qu’est-ce qu’une goupille ? … mais en règle générale on connaît le contexte, on sait qu’un trou dans le sol du couloir d’entrée, ce n’est pas bien, on peut faire des commentaires qui paraissent avisés, on peut interroger l’expert, attirer son attention sur le bord qui s’effrite, l’humidité qui se propage ou que sais-je, même si on n’a jamais démonté un cumulus de toute sa vie. Il suffit d’un peu de bon sens et d’initiative courageuse.

D’ailleurs, à ce titre je m’interroge encore et encore : à quoi peut réellement, je veux dire REELLEMENT, servir l’avocat lors des expertises ? On a bien recours aux experts PARCE QU’on n’y connaît rien, puis on attend leur rapport. Oui, on sympathise, on observe, et OUI, on apprend énormément, on surveille la réaction de l’adversaire, on protège son client de paroles légères (qu’il prononcera néanmoins au plus mauvais moment) mais somme toute, on n’apporte en fait rien d’autre qu’une présence rassurante.

Ce serait mieux si le magistrat s’en chargeait, non ? A lui de se rendre dans l’arrière-pays niçois où même le GPS se perd pour admirer la fosse d’aisance du voisin qui fuit !

Mais passons.

J’en reviens à mon histoire avant de perdre complètement le fil …

J’ai donc appris à être convaincante en terrain inconnu. Mais ce matin, franchement, j’avais l’impression d’être une blonde interrogée par les frères Bogdanov sur la théorie du Big Bang : effrayée (il faut tout de même dévisager l’interlocuteur), perdue (théorie du quoi ?), idiote (car blonde) et totalement larguée (hein ?).

Je me suis enfuie à la première occasion. Oui, enfuie. J’ai réellement couru … prétextant vaguement l’heure tardive ….

Ah, vous aimerez savoir de quoi il me parlait ? Non, ce n’était pas une conversation philosophique/théologique/politique/culturelle/autre, on ne parlait même pas de géographie (je n’y connais rien, je l’admets volontiers, mais on peut toujours suivre une conversation même si on ignore quels sont les affluents de la Garonne).

Et non, on parlait d’un trajet qu’avait effectué mon interlocuteur pour apporter un objet à Marseille. Cela sonne si simple et pourtant ….. !! .

Expérience difficile.

Très difficile.

Je sais désormais ce que ressentais Scoubidou dans ses aventures ….

Avec mes excuses à Eve Angeli pour mon image d’illustration. Mais c’est un peu cette expression-là que je devais afficher, alors …


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