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Histoire de Paris : un curieux ouvrage qui nous renseigne sur les maisons (ou couvents de joie) très accueillantes pendant la révolution, avec les noms, adresses et tarifs de "ces dames"

Par Bernard Vassor

Par Bernard Vassor

Bordels de Paris,révolution,Sartine,Dillon,la Trémolière

Ce curieuux livre de petite dimension (in-16°) porte la date d'édition 14 juillet 1790 est un veritable Bottin de la galanterie parisienne en ce temps là. Il est orné d'une gravure licencieuse en frontispice, ce qui laisse penser que les noms  présentés sont fictifs tout comme la date d'édition pour égarerles recherches qui pourraient être faites pour retrouver par la police les imprimeurs et les auteurs de ces livres.

Dans la soixantaine de pages de ce livre, il y a beaucoup d'adresses existant encore aujourd'hui. Nous y trouvons les noms des maquerelles, et des appréciations sur la qualité du service rendu.

Dans  certaines maisons de plaisir on pouvait y entrer pour y rire, danser et souper "d'une manière honète ( sic..). Pour pénétrer dans une aute salle, il fallait passer par un bureau où l'on vous délivrait "un billet de société"  : coût, 18 livres pour ceux qui demanderaient à passer la nuit dans le couvent de joie, d'après le choix qu'ils auront fait, seront conduits dans l'appartement de la demoiselle....

Plusieurs prestations sont proposées avec le choix de "billets d'escrime" pour connaître les visages des promises, afin de passer dans "leur société" en communauté et éventuellement terminer la nuit avec elles. A dix heures du matin, tous les externes devront être partis. Alors, des équipes de médecins et chirurgiens viendront s'assurer de la bonne santé des courtisanes. Ces maisons revenant très  cher, des "capitalistes" fournissent des fonds, leurs actions leur donnant un droit spécial pour leur consommation personnelle sur toutes les activités de ces clubs.

Les "conventuées" n'étaient autorisées à sortir que par congé qui ne pouvait pas dépasser 24 heures.

Il y avait dans Paris 4 maisons de la sorte,  tenues  par des "abbesses inspectrices" la dame Adeline, l'acrtice Julie de l'Ambigu, Rosalie Gavaudan, et la Guimard.

Il existait des bordels spéciaux : "Le bordel de négresse" chez Isabeau, rue de Montmorency, près la maison de Nicolas Flamel. Le prix n'est pas fixe, on y trouve "la négresse, la mulatresse qui peuvent être marchandées"

Publicité mensogère aussi était "le bordel des pucelles" chez la dame Morgan, juste à l'entrée du faubourg Montmartre.

Le bordel des élégantes chez la Dervieux, rue Chantereine (aujourd'hui rue de la Victoire) Ce commerce était réservé aux très riches, il fallait y être connu des actrices et danseuses et y venir  avec un riche équipage," les transactions se faisant de gré à gré"

Le bordel des bourgeoises chez madame Ducrai, rue d'Amboise, n'est ouvert que de 3 heures de l'après-midi,  à 9 heures du soir. On y boit, on y mange, on y couche avec la bourgeoise que l'on a demandé. La fidèle épouse devant rejoindre impérativement le domicile conjugal avant le dernier coup de 9 heures.

Difficile de démêler le vrai du faux dans ce  "Who's Who" de la pornographie du XVIII° siècle.

A suivre................


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