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GUEMBRI ET LOUTHAR : deux instruments authentiquement marocains mais si différents. (1/2)

Par Citoyenhmida

La disparition de Mohamed Rouicha a été l’occasion pour beaucoup d’entre nous de découvrir, et pour d’autres  de redécouvrir, un instrument de musique qui contribua à sa gloire: louthar.

 Rouicha fut un grand chanteur, un grand musicien, un grand artiste mais il était surtout et avant tout un virtuose de louthar. Il en jouait avec un art consommé en mettant dans ses interprétations toute sa personnalité et toute sa sensibilité. Mohamed Rouicha a ajouté une quatrième corde au sien pour en tirer un maximum de sonorités.

 J’ai pu  lire ici et là que Mohamed ROUICHA jouait du « guembri ».

Avec tout le respect que je dois, que nous devons tous au « guembri », il ne faut pas confondre ces deux instruments, qui font partie tous les deux  de notre patrimoine musical et culturel.

 Mais chacun d’eux répond à des spécificités qui lui sont propres, quant à ses origines, à son rôle, quant à la manière d’en jouer.

Commençons par le GUEMBRI.

 

GUEMBRI ET LOUTHAR : deux instruments authentiquement marocains mais si différents. (1/2)

Cet instrument est spécifique aux troupes GNAWA. On ne le retrouve nulle part ailleurs, car il ne s’intègre pas dans les autres harmonies utilisées au Maroc.

Les très rares chanteurs ou troupes, en dehors des Gwana, utilisant le « guembri » dans leur répertoire ou leur orchestration, l’ont fait dans le cadre de leurs travaux de recherche de l’authenticité marocaine.

 Ainsi seuls les Nass Al Ghiwan, et dans une moindre mesure les Jil Jilalai se sont appropriés cet instrument d’origine africaine, et ce dans leur souci de remonter le plus loin possible dans leur quête des origines de notre musique.

 Le guembri est doté de trois cordes en boyaux de chèvres. Sa caisse est de forme allongée,  inspirée des pirogues africaines subsahariennes, et recouverte de peau de dromadaire tannée.

On peut trouver toute une littérature sur le rituel de la facture de cet instrument ancestral, rituel  qui remonterait aux traditions païennes des premiers noirs africains arrivés au Maroc.

Le manche du guembri, long et arrondi, se termine par la « sersara », sorte de hochet,  qui est mise en mouvement par les vibrations des cordes et qui produit un bruissement  particulier.

 L’usage du guembri consiste à pincer les  cordes et  à frapper en même temps sur la peau, en vue d’obtenir un double registre de « basse » et de « percussion ». On comprend ùmieux ainsi l’autre appellation de cet instrucment, à savoir le hajhouj.

 Le guembri, par cette double fonction, est essentiel dans l’ambiance très particulière qui prévaut lors des veillées gnawis.

 Pour vous  replonger dans le monde du guembri et des gnawa, cliquer sur les liens suivants :

 http://www.youtube.com/watch?v=j5fzTzi0kf8&feature=related  

 http://www.youtube.com/watch?v=BOzbhIlrQu0&feature=related  

 Nous sommes très loin de l’inspiration, du style et de l’ambiance musicale de feu Mohamed ROUICHA, qui sera évoquée dans un prochain billet.


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