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Le Podcast Edito: la vision franco-centrée de François Hollande néglige la politique étrangère

Publié le 29 janvier 2012 par Podcastjournal @Podcast_Journal
PLAN DU SITE Abonnez-vous à nos flux RSS ou atom! Recherche d'évènements à venir (indiquez un mot significatif) Malgré trois imposantes prestations publiques, plutôt réussies, en une seule semaine, -une introduction générale à son projet politique au Bourget, une présentation chiffrée de son programme économique à la Maison des Métallos et son duel télévisé avec Alain Juppé-, François Hollande est resté étrangement muet sur la diplomatie qu’il entend mettre en œuvre dans son futur quinquennat. Mis à part le fait de citer le nom d’Angela Merkel et celui du président chinois -lequel changera à la fin de l’année 2012- force est de constater la mise en exergue dans son discours d’une vision exclusivement franco-centrée.

Le candidat de la gauche risque pourtant de commettre une erreur en estimant qu’il peut, dans le souci légitime de répondre aux attentes des Français, s’en tenir à un strict réalisme hexagonal coupé des influences extérieures. Une erreur susceptible, une fois au pouvoir, de l’obliger à renoncer à certaines promesses. L’ancien premier Secrétaire du Parti socialiste ne peut ignorer les ramifications européennes, internationales et stratégiques des défis économiques et financiers auxquels la France est confrontée. Il devra donc rapidement dévoiler ses intentions en la matière. Il lui faudra, par exemple, décider de suivre ou de s’opposer à la requête allemande de faire contrôler par l’UE le budget défaillant de la Grèce. Il définira ainsi sa ligne européenne : plus fédéraliste ou ancrée dans le principe de souveraineté. Illustration de ce paradigme : on peut louer toutes les options évoquées par François Hollande pour parvenir au désendettement et à la relance de la croissance : réforme du système bancaire, maîtrise des dépenses publiques, taxe sur les transactions financières, nouvelles tranches d’imposition. Mais cette campagne électorale des calculettes où le PS et l’UMP s’opposent à la virgule près sur des milliards oublie que la majeure partie des solutions aux difficultés -faut-il s’en réjouir?- réside entre les vingt-sept à Bruxelles. Non à Paris. Autre exemple, loin d’être anodin pour les Français: le coût de l’essence à la pompe ne pourra sans doute pas échapper aux spéculations à haut risque sur le nucléaire iranien: tous les spécialistes s’accordent à penser que le moment crucial -aboutissement des pressions diplomatiques ramenant l’Iran à la table des négociations ou intervention israélo-américaine sur certaines des centrales atomiques en Iran- se situera quelques semaines après son élection. Que pense François Hollande sur cette crise dont les effets pourraient balayer toute espèce de prévisions performatives?

Plus généralement, quelle position adoptera le vainqueur des primaires à l’égard de la Russie, partenaire énergétique de la France, alors que les conditions de l’élection programmée de Vladimir Poutine sont d’ores et déjà dénoncées par la communauté internationale? Et que Moscou bloque à l’ONU toute avancée sur le dossier syrien? Quelle analyse des révolutions arabes celui qui se voit déjà à l’Élysée développe-t-il alors qu’une vague islamiste, posant sans doute en ricochet et sur notre territoire la question de cette "laïcité à la française", déferle de l’Égypte à la Tunisie? Comment résoudre le conflit avec la Turquie dont la France a besoin dans son approche moyenne-orientale sans émettre un avis sur la question de son entrée dans l’Europe? Quant à sa proposition, sensible pour le pays, de "retrait immédiat des troupes françaises d’Afghanistan pour la fin 2012", tous les stratèges militaires la qualifient d’impossible matériellement et de dangereuse pour les soldats eux-mêmes. C’est dire si François Hollande ne peut s’épargner un élargissement au-delà des frontières de son approche électorale s’il souhaite en garantir la crédibilité.
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