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Les trois visages de Hitonari Tsuji ...

Publié le 09 février 2012 par Asiemute

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Il est des auteurs qui, au-delà de leurs oeuvres, m'intriguent.

Hitonari Tsuji - écrivain, cinéaste et rock star - en fait partie.

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J'aime beaucoup cette photo ! Mais cet homme doit être un véritable caméléon tant on a parfois du mal à le reconnaître ...

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Cette photo-là, je l'avais déjà publiée en avril 2010 où il était question d'un de ses romans,  "Le Bouddha blanc"

Hitonari Tsuji est sans doute le plus parisien des auteurs japonais car il vit à Paris depuis 2003, quatre ans après avoir reçu le prix Fémina étranger pour "Le Bouddha blanc".  Je ne connais pas sa musique, ni les films auxquels il a contribué : je ne connais que le romancier au travers de quelques-uns de ses ouvrages : "Le Bouddha blanc", "L'arbre du voyageur", "Dahlia" et "En attendant le soleil" qui est en attente sur ma PAL.

J'envie Isa, alias Zazouille, qui aura la chance de le rencontrer au salon du livre de Paris, du 16 au 19 mars prochain !

Donc, comme je vous le disais dans mon précédent post, j'ai profité de ces longues et chaudes semaines de farniente pour lire quelques ouvrage de mes auteurs favoris, dont des japonais, of course ;) L'étrange, sulfureux et beau "Dahlia", fleur du mal ou obscur objet de désir, en faisait partie.

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Je vais essayer de vous résumer l'histoire.
Dahlia, jeune homme d'une beauté diabolique, s'invite dans une famille qui vit dans une ville à l'abandon qui est en proie à des affrontements racistes. Il va troubler l'apparente tranquilité de la maison et de ses habitants, en jouant avec les désirs et les pulsions de chacun. Pour cela, il devient au long de l'histoire amant aimant mais aussi barbare, succube effroyable, être angélique mais aussi diabolique, masculin mais également féminin ... Vous voyez l'ambiguité ...

D'un chapitre à l'autre, le point de vue change, la réalité mute, les repères volent en éclats, comme engloutis dans une sorte de trou noir, l'équilibre de la famille se dissout dans les yeux sombres de Dahlia.

Comme chez Pasolini, dont Dahlia rappelle le héros de Théorème, on assiste à la désintégration d'une famille bourgeoise ; mais avec Hitonari Tsuji on frôle les frontières entre l'au-delà et le monde des vivants, entre les chimères et le réel, avec cette irrépressible sensation qu'il manipule autant le lecteur que ses personnages.

Une lecture qui peut sembler dérangeante, mais qui m'a surtout fascinée ! J'aime les auteurs qui savent prendre des risques en jouant avec nos peurs, nos fantasmes, mais aussi avec notre innocence, notre inconscient ...

Extrait

"Peut-être n'était-ce pas l'homme qui allait apparaître, mais sa mère. Peut-être son grand-père ou son frère aîné qui était sorti de classe plus tôt. Ou son père qui avait terminé son travail avant l'heure. Elle se hâta de resserrer ses jambes, de laisser tomber son buste sur le lit, de s'envelopper dans la couverture et de se recroqueviller. Elle attendit que son coeur se calme et, ne laissant visible que ses yeux par-dessus le rebord de la couverture, elle épia les mouvements dans le couloir, mais elle attendit vainement, car personne n'apparaissait encore.
Elle se souvint du moment où l'homme lui avait saisi la main. Ils étaient seuls dans la pièce en train d'étudier, quand soudain il avait plaqué sa main sur la sienne. Elle en fut stupéfaite, incapable d'émettre le moindre son. Comme son étreinte était douce, elle aurait pu dégager sa main si elle l'avait voulu, mais ne le fit pas. Un désir indéfinissable, qui n'était pas seulement charnel, s'esquissa en elle comme une image distincte. Elle se demanda alors quel type de relation il avait avec sa mère. Celle-ci ne se maquillait pas en générl et ne s'habillait pas avec un soin particulier. Comparée aux mères coquettes de ses amies, la sienne était plutôt sobre et austère.
Sa mère ne pouvait pas avoir d'amant ! se dit-elle en envoyant valser la couverture. Elle orienta ses pieds vers la porte et fit semblant de dormir en écartant un peu les jambes.
Elle attendit, les yeux fermés. L'homme épiait par l'entrebâillement de la porte. Elle sentit son imagination tournoyer vertigineusement. Mais rien ne se produisit. Aucune main ne s'avançait pour l'étreindre. Pas le moindre bruit. Même pas un souffle d'air. Elle rouvrit les yeux et sourit amèrement de la sottise de son attente.
La fenêtre était là devant elle. Par l'ouverture du rideau, elle aperçut le ciel. Bien que le jardin se trouvât dans l'ombre, le ciel avait conservé un bleu vif. Seul le bruit de sa respiration qui s'intensifiait faisait trembler ses tympans comme sous l'effet communicatif d'une onde.
Le silence pesait. Au milieu du ciel bleu qui s'étendait de l'autre côté de la vitre, la fumée d'un avion dessinait une ligne blanche. Il n'y avait plus que cette faille dans son corps, le regard de quelqu'un qui l'épiait à travers la fissure du monde et de l'univers qu'elle n'atteindrait pas plus avec sa main qu'avec son imagination."

Enfin, pour finir, quelques rares clichés de mes dernières vacances sous les tropiques avant que les images, tout comme le bronzage, ne s'estompent ...

avec l'Iphone ...

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et avec le Nikon, à Nai Harn qui fut cruellement touchée par le tsunami de 2004. Une de mes plages préférées, même si elle est de plus en plus fréquentée par les baigneurs et les bateaux au mouillage.

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