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La Factory d'Andy Warhol

Publié le 13 février 2012 par Hunterjones
La Factory d'Andy WarholAndy Warhol était déjà multimilionnaire quand il rencontra Ondine dans une orgie en 1962. Quand ce dernier l'expulsa parce qu'il ne participait pas, Warhol est allé le voir pour se plaindre que jamais personne ne l'avait jamais expulsé de nulle part.
"Don't you know who I am?"
Warhol est multimilionnaire, fortune qu'il a gagné en design et en dessin publicitaire dans les 20 dernières années.
Warhol et Ondine devinrent les meilleurs amis/amants (du moins pour un temps)
Le 28 janvier 1964, Andy Warhol louait pour 4 ans (à 100$ par année!) un studio au 5ème étage au 231, 47ème rue Est de downtown Manhattan. Cette ancienne fabrique de chapeau, allait devenir le lieu de toutes les créations, de production d'une quantitié phénoménale de sérigraphie ainsi que l'épicentre de toutes une panoplies de personnages aussi grotesques que fantastiques.
La Factory d'Andy Warhol
De passage chez Billy Name, qui avait décoré son appartement tout en argent et en verre brisé, Warhol lui demande de faire la même chose afin de décorer les murs de béton de sa Factory. Tout tout tout, sera argenté dans la Factory. Même certains costumes, certaines perruques, les téléphones et bien sûr l'ascenceur. Seul un canapé rouge, bienvenue lorsque l'on revenait d'un crash d'acide, allait être disposé au beau milieu du loft. Warhol tourne ses "films" artistiques depuis au moins un an, tentant toujours de repousser les limites du supportable de l'époque. Il continuera des séries de screen test.
La Factory d'Andy WarholLa Factory devient rapidement le repaire des drags queens, des toxicomanes, des opportunistes, des arrivistes et des créateurs d'arts sous toutes ses formes. Warhol les exploite en les faisant travailler pour lui jour et nuit et les paie en matériel et en ressource de toutes sortes. Warhol est extrémement riche ayant fait fortune dans la naissante publicité graphique des années 40 et 50. Ses ressources sont inépuisables mais il est aussi un redoutable homme d'affaires. Les Velvet Underground de Lou Reed et de John Cale l'apprenent à leurs dépens quand il confectionne la pochette de leur premier album, avec une banane que l'on peut éplucher, qui se vendait alors très bien, mais exige finalement de les retirer des tablettes n'arrivant pas à une entente entre ceux qui les confectionnent et ceux qui distribuent la marchandise. Retrait fatal au band qui voit le momentum des ventes leur échapper pendant les quelques mois que l'album est retiré des magasins. De toute façon Warhol est leur gérant et garde la plupart des recettes. C'est lui qui leur impose aussi la mannequin allemande Nico de force.
La Factory d'Andy WarholWarhol travaillait sur son art presque 24 heures sur 24 et tentait de produire au même rythme que les usines de production massive. Il voulait et créait des produits générés par l'Homme et non la machine. Ses travailleurs de l'art et son entourage, des gens accrochés à la drogue, des travestis, des musiciens, des penseurs libres, l'aidaient en créant des sérigraphies, des peintures, des films dans lesquels ils étaient aussi la vedette et créaient en somme l'atmosphère qui rendrait l'endroit si unique. Un vent de décadence, dans une pluie d'argent, de drogues, de sexe et de célébrité combustible. L'une des ses jeunes "actrices" suite au film Chelsea Girl, a choisit de donner rendez-vous à tous ses anciens amoureux à une heure précise à la factory et à ce moment a plongé de la fenêtre du cinquième étage pour mourir sur l'asphalte entre les hommes de sa vie.
La Factory d'Andy WarholCandy Darling, Holly Woodlawn, Jackie Curtis, Joe Dallesandro (tous immortalisés dans nos oreilles ici), Edie Sedgwick, Gerard Malanga, Ivy Nicholson, Ingrid Superstar, Anita Pallenberg, Nico, Lou Reed, David Bowie, Bob Dylan, Sterling Morrison, Brian Jones, Maureen Tucker, John Cale, Mick Jagger, Truman Capote, John Lennon, Jeremiah Newton, Dennis Hopper, Jim Morrison, Frank Holliday, Viva, Rotten Rita, Ondine, Billy Name, Freddie Herko, Mario Montez, Noami Levine, le cinéaste Paul Morrissey, Stephen Shore (photographe), Betsey Johnson, Fernando Arrabal, Taylor Mead, Mary Woronov, Ronnie Cutrone, Jane Forth, Neke Carson, Baby Jane Holzer, Ultra Violet, International Velvet, Brigid Berlin, Paul America, Penny Arcade, Bobby Driscoll, Herbert Muschamp, Williams S. Burroughs, Allen Ginsberg et Salvador Dali ont tous peuplé cette faune à un moment ou à un autre.
La Factory d'Andy WarholÀ la fin du bail en 1968, Warhol déménage sa factory argenté sur Union Square, dans une factory qu'il voudra cette fois blanche.
Ce printemps-là, Andy Warhol se fait tirer une balle dans le ventre par Valerie Solana qui trouve que Warhol ne lui accorde pas suffisament de sérieux et qu'elle accuse d'avoir volé l'un de ses écrits.
Warhol survit à l'agression mais l'aventure de la Factory se termine presqu'aussitôt.
La Factory d'Andy WarholDu moins les personnages, effrayés par l'attaque, se dispersent et l'atmosphère ne sera plus jamais la même.
Charles Manson, un an plus tard, tuera pour de bon le rêve hippie du sexe, drug et rock'n roll.

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