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Hymne à la vie (by Christelle)

Publié le 14 février 2012 par Lifeproof @CcilLifeproof

The show must go onJérôme Bel, The show must go on (2001)

En plein cœur d’un hiver que l’on croyait plus sympa que les autres mais qui finalement devient de plus en plus froid, faites-vous du bien en allant visiter Danser sa vie au dernier étage du centre Pompidou.
Vous découvrirez les liens intenses qui ont toujours existé entre les arts plastiques et la danse. Le Futurisme, l’art Abstrait, les performances dans années 1960-1970, tous ces courants s’enrichissent des recherches chorégraphiques les plus poussées et inversement. La danse, de Loïe Fuller à Trisha Brown, se nourrit elle aussi des recherches des plasticiens de son temps.
Le mouvement, voilà ce qui fascine tout ce beau monde. Peut-être connaissez-vous les chronophotographies d’Étienne-Jules Marey qui tente de décomposer un mouvement en photographiant en rafale un cheval au galop par exemple.
Quelques années plus tard, Giacomo Balla décomposera à son tour et en peinture, la course d’une jeune fille sur un balcon.
C’est bien l’impression dominante qui nous habite lorsque l’on évolue dans les salles d’exposition, tout semble en mouvement même les dessins encadrés et accrochés aux cimaises.
Les nombreuses vidéos, en parfaite harmonie avec les œuvres statiques, y contribuent grandement.
Les collaborations entre les beaux-arts et les chorégraphes se matérialisent souvent lors de la réalisation des décors de ballets et autres spectacles de danse. Ainsi, vous découvrirez le fruit de la collaboration de Picasso avec les ballets russes : le fameux rideau de scène du ballet Parade qu’il créa à la demande de Serge de Diaghilev. Plus récemment, l’artiste Claude Lévêque a réalisé les magnifiques décors de l’opéra Siddharta mis en scène par Angelin Preljocaj.
Mais il ne faudrait pas réduire la danse à une pratique d’intellos d’avant-garde, de nombreux artistes ont travaillé sur une danse beaucoup plus populaire qui s’apparente plus à ce que chacun d’entre nous est capable de faire en boîte de nuit. La plus belle réussite dans ce domaine émane de Jérôme Bel avec The show must go on, dont la dernière vidéo de l’exposition donne un aperçu de quelques minutes.  Les interprètes y dansent « comme nous » c'est-à-dire sans technique sur une musique constituée de tubes connus de tous, souvent avec une vraie bonne volonté et parfois même en rythme.
Pour finir, je voudrais rendre hommage à la grande libératrice de la danse que fut Isadora Duncan. En effet, cette dernière a su s’affranchir du carcan du ballet classique, d’ailleurs c’est une de ses célèbres phrases de 1928 qui donne son nom à l’exposition : « Mon art est précisément un effort pour exprimer en gestes et en mouvements la vérité de mon être. Dès le début je n’ai fait que danser ma vie. »

Pina bausch
Pina Bausch, Le Sacre du printemps, création en 1975
Opéra national de Paris, Palais Garnier, décembre 2010


Grande amatrice de danse et ayant pris moi-même quelques cours, je suis sortie de cette exposition en pensant que je devais vite m’y remettre, et surtout, en constatant que la danse est éminemment liée à la vie, elle en est même l’un des signes les plus probants.
Alors « dansez, dansez, sinon nous sommes perdus » comme disait Pina Bausch.
Danser sa vie

Centre Pompidou
Place Georges Pompidou
Paris 75004
Jusqu’au 2 avril 2012


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