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J'ai nom sans bruit - Isabelle JARRY

Par Wakinasimba

nom-sans-bruit

Stock, 25 août 2004, 210 pages

Résumé de l'éditeur :

"J'habitais dans la rue, certes, mais je restais la même femme. Je n'étais pas folle, ni mal élevée, j'avais un peu de culture et je savais réfléchir, j'étais capable d'échanger des idées, à plus forte raison des banalités.

Mais non, personne ne désirait bavarder avec moi. Etait-ce parce que j'étais sale ? Mal habillée ? De quoi avaient peur ceux qui se détournaient, vaguement offusques ? Ils vivaient dans un monde et j'en étais exclue, cela suffisait à empêcher le moindre dialogue.

Ils se réveillaient le matin dans leur lit et prenaient leur café dans la cuisine, je me réveillais tout habillée sur le trottoir et ne buvais plus jamais de café, ils descendaient dans la rue pour aller travailler, je ramassais mes affaires et levais le camp à la recherche d'une autre rue ou m'ennuyer des heures durant. Ils se dépêchaient déjà, plongés dans l'excitation d'une nouvelle journée qui commençait, je traînais les pieds, écrasée dès le matin par l'indigence de ma condition et l'absence de toute perspective."

Mon avis :

La narratrice, jeune femme poète, se retrouve littéralement à la rue après le décès de son mari, photographe. Factures en retard, impayés, succession qui n'arrive pas, font que la garde de sa fille lui est même retirée.

Après quelques mois d'érrance dans le Paris estival, elle se souvient d'une maison de famille de son mari et décide de s'y rendre. La demeure est délabrée, mais la jeune femme la rend peu à peu habitable.

Elle va ainsi, par petites touches, retrouver le contact des autres et espérer récupérer sa fille, placée.

S'intercalle dans sa narration des souvenirs de son mariage, de la naissance de sa fille, de son métier de poète, de sa vie d'avant.

Mais ce qui lui fait le plus peur, c'est d'avoir perdu certains mots du quotidien. C'est cet aspect de l'histoire qui m'a touché. Son aphasie dont elle ne prend conscience que tardivement, lorsqu'elle reprend pied dans le quotidien. Une aphasie en forme de vortex aspirante vers le néant des mots.

Troublant et terrifiant. Ce qui m'a mis très mal à l'aise sur la fin.

Un roman bien écrit et au sujet intéressant traité tout en finesse.

L'image que je retiendrai :

Celle des bancs de la ville, pas si dur, finalement, quand on est obligé de dormir dessus. 


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