Magazine Culture

Niney The Observer sort de l'ombre

Publié le 23 février 2012 par Davibejamaica
Le reggae rend modeste. On croit tout savoir de l'âge d'or de la musique jamaïcaine parce qu'on détient quelques compilations estampillées « Studio One » ou « Treasure Isle », les deux labels les plus importants de l'époque, et que les noms de Leslie Kong, Bunny Lee, Joe Gibbs ou Lee Perry nous sont plus que familiers. Mais, soudain, tout ce panthéon s'écroule. Un inconnu déboule et réclame une place au sommet, qu'il faut bien lui concéder.

Niney The Observer sort de l'ombre

L'inconnu du mois, c'est Niney The Observer. Ce producteur – qui se faisait appeler « Niney » parce que, dans sa jeunesse, un accident ne lui avait laissé que neuf doigts – a fait ses classes dans les studios des meilleurs maîtres : Bunny Lee, Lynford Anderson et Joe Gibbs, auprès de qui il remplaçait son ami Lee "Scratch" Perry. C'est chez Gibbs qu'il a fait la rencontre de Dennis Brown, dont il a lancé la carrière.

En 1970, Niney a créé son propre label, Observer. L'un de ses premiers succès a été Blood and fire, l'une de ses propres chansons. Mais la liste de ses compagnons de studio des années 70 devrait écrite en lettres d'or sur les murs d'un musée du reggae : Delroy Wilson, Johnny Clarke, Slim Smith, Jacob Miller, Junior Delgado, Freddie McGregor, Big Youth, Dennis Alcapone, Max Romeo, Ken Boothe, Junior Byles, Gregory Isaacs, Horace Andy, Dillinger, ...

Un coffret de quatre disques paraît chez VP Records pour rappeler le rôle que Niney a joué. A tout seigneur tout honneur : l'un des albums est consacré à ses instrumentaux. Moins anecdotiques, des enregistrements des Heptones, des vétérans du rocksteady portés sur les harmonies vocales, et du deejay I-Roy rappellent à quel point le producteur savait s'adapter aux différentes modes. Mais c'est surtout la galette dévolue à Dennis Brown qui fait le prix de cette réédition. Sur ces sessions enregistrées en 1975 dans le studio de King Tubby, le chanteur excelle autant dans l'évocation des tourments amoureux (Shame) que dans les odes mystiques (Tribulation ou So long Rastafari). S'il n'avait enregistré que cet album, Niney aurait déjà gagné sa place parmi les grands producteurs jamaïcains ...

François Mauger pour  

Niney The Observer sort de l'ombre


 

  • Source : Mondomix

Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

A propos de l’auteur


Davibejamaica 68042 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazines