Magazine Beaux Arts

I Can Dance* (by Cécile)

Publié le 14 mars 2012 par Lifeproof @CcilLifeproof

Changement de lieu, je fais un petit séjour parisien cette semaine chez "Christelle Lifeproof" et j'y ai vu quelques expos qui m'ont enthousiasmée. Mais, comment faire un choix entre Plonk et Replonk à l'Adresse musée de la poste (drôle), Ai Weiwei au Jeu de Paume (questionnante), Tim Burton à la Cinémathèque française (étonnante) et Danser sa vie au Centre Pompidou ? J'ai tellement aimé cette dernière que je vais donc vous en parler !

162751

Henri Matisse, La danse de Paris, 1931-1933 / Huile sur toile. Coll. Musée d'art moderne de la Ville de Paris

J'ai failli intituler ce post « j'ai dansé au Centre Pompidou » parce que oui, j'y ai dansé et c'était bien ! Au début de l'exposition on est accueilli par deux citations. La première d'Isadora Duncan : « Mon art est précisément un effort pour exprimer en gestes et en mouvements la vérité de mon être. (…) Dès le début, je n'ai fait que danser ma vie. » et la seconde de Nietzsche : « Et que l'on estime perdue toute journée où l'on n'aura pas au moins une fois dansé. » Je ne sais pas pour vous mais pour moi qui aime danser, j'adhère à ce précepte qui peut se résumer en deux pas de danse à un arrêt de bus, dans la rue, sur son lieu de travail, sous sa douche aussi peut-être, pas besoin de "savoir" danser pour cela, juste se faire plaisir, danser c'est s'exprimer et vivre !

3f00039

Yves Klein, ANT 82, Anthropométrie de l'époque bleue, 1960 / pigment pur et résine synthétique sur papier marouflé sur toile

Premier plaisir de cette expo : j'entre et j'y retrouve une œuvre de Tino Sehgal que j'avais déjà pu voir activée à l'Aubette à Strasbourg. Il s'agit de Instead of allowing something to rise up to your face dancing bruce and dan and other things de Tino Sehgal. J'avais adoré la voir à Strasbourg mais là, observer cette danseuse se mouvoir lentement devant les panneaux de La Danse de Paris de Matisse, c'était tout simplement génial. Les formes toutes en courbe des deux œuvres se répondent : le moderne et le contemporain, l'art, la danse, résumant ainsi toute l'exposition : un dialogue entre deux disciplines pas si éloignées que ça, qui se nourrissent l'une de l'autre.

Still_from_movement_microscope_olafur_eliasson_871_north_576x

Olafur Eiasson, Movement microscope, 2011 (c) Olafur Eliasson / Vidéo à voir à cette adresse: http://www.olafureliasson.net/works/movement_microscope.html

Second plaisir : des retrouvailles avec des artistes que je n'ai pas vus depuis longtemps. Frantisek Kupka ou Sonia Delaunay qui incluent une rythmique dansante dans leurs peintures colorées, une sculpture cinétique de Nicolas Shöffer dont certaines avaient été utilisées dans des chorégraphies (avec Maurice Béjart par exemple), une anthropométrie d'Yves Klein, les costumes d'Oskar Schlemmer (enfin vus, autre dimension que juste les photos ou les dessins !), un dripping de Jackson Pollock, etc. On peut aussi y (re)voir des vidéos projetées de spectacles de danse : Isadora Duncan, Loïe Fuller, Pina Bausch, etc.

45056

Jan Fabre, Quando l'uomo principale è una donna, 2004 / Représentation à la Maison de la Danse, Lyon, avril 2004

Troisième plaisir : des découvertes d’œuvres connues ou inconnues. Une vidéo d'Olafur Eliasson nous montre le quotidien des gens qui travaillent dans son studio, certains mouvements, certains dialogues sont remplacés par des mouvements de danse : étonnant, j'aimerai pouvoir faire de même, pourquoi pas ? Une autre nous présente une chorégraphie de Jan Fabre, dont j'aime le travail plastique, dans laquelle on voit une femme nue danser dans une « mare » luisante d'huile : lutte pour se redresser et se mouvoir, elle tombe au sol à chaque fois et est un hommage aux anthropométries d'Yves Klein, (Quand l'homme principal est une femme, 2004).

2012-03-12_17-34-40_528

Felix Gonzales-Torres, Untitled (Arena), 1993

Quatrième plaisir qui ne fut pas le dernier : danser tout simplement ! Un peu de musique et on esquisse des pas de danses, parfois il y a des vidéos et de la musique comme des invitations à suivre le rythme, non ? Idem pour les peintures, pourquoi être tout le temps sérieux quand on visite une exposition ? Pourquoi ne pas s'amuser aussi ? Vers la fin de l'exposition, il y a une œuvre d'Andy Warhol : Dance Diagram (6) : The Charleston Double Side Kick – Man and Woman (1962). On se sent un peu seuls (ce fut mon cas en tout cas) si l'on suit les pas indiqués sur l’œuvre et que personne d'autre ne le fait mais il est drôle de le faire. L’œuvre perd son sens si on ne fait que la regarder sans la tester, non ? Il en va de même avec l'installation Untitled [Arena] de Felix Gonzales-Torres : mettez les écouteurs, écoutez une valse et dansez sous les ampoules lumineuses comme si vous étiez à un bal. J'ai essayé d'inviter un jeune homme qui m'a dit ne pas savoir danser la valse, moi non plus, ce n'est pas grave : j'ai donc suivi le rythme et l'envie du moment. Qu'il s'agisse de la valse, de la salsa, ou autre, il s'agit avant tout de marches donc marchez, dansez, vivez !

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _


Danser sa vie au Centre Pompidou
Place Georges Pompidou
75004 Paris
Jusqu’au 2 avril 2012

* "I Can Dance" titre d'une chanson d'Izia

à écouter aussi: "Dancing with Myself" version de Nouvelle vague ou de Billy Idol


Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Lifeproof 5971 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazines