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Pétrarque, traduit par Yves Bonnefoy

Par Florence Trocmé

De vous qui entendez, en mes rimes éparses, 
Tous ces gémissements dont j’abreuvais mon cœur 
Dans les égarements de ma prime jeunesse, 
Quand j’étais autre qu’à présent, au moins un peu. 
 
Pour ces écrits, plaintes, ressassements 
Ballottés entre vains espoirs, vaine douleur, 
J’espère compassion si ce n’est excuse : 
N’avez-vous pas souffert l’épreuve de l’amour ? 
 
Mais maintenant je vois bien que je fus 
De tous la longue fable, et souvent j’ai honte 
De moi, quand je médite sur moi-même. 
 
Et de ma frénésie, c’est le fruit, cette honte, 
Avec le repentir, et savoir, clairement, 
Qu’ici-bas ce qui plaît, c’est bref, ce n’est qu’un songe.  
 
Pétrarque, Je vois sans yeux et sans bouche, je crie, vingt-quatre sonnets traduits par Yves Bonnefoy, accompagné de dessins originaux de Gérard Titus-Carmel, édition bilingue, Galilée, 2011, p. 12 et 13 
 
 
Voi ch’ascoltate in rime sparse il suono
di quei sospiri ond’io nudriva ’l core
in sul mio primo giovenile errore
quand’era in parte altr’uom da quel ch’i’ sono,
del vario stile in ch’io piango et ragiono5
fra le vane speranze e ’l van dolore,
ove sia chi per prova intenda amore,
spero trovar pietà, nonché perdono.
Ma ben veggio or sì come al popol tutto
favola fui gran tempo, onde sovente10
di me medesmo meco mi vergogno;
et del mio vaneggiar vergogna è ’l frutto,
e ’l pentersi, e ’l conoscer chiaramente
che quanto piace al mondo è breve sogno. 


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