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Nathalie, surdouée, nous parle d’elle à coeur ouvert

Publié le 16 mars 2012 par Niniparisette

J’inaugure cette série de portraits d’artistes surdoués par ce premier billet qui parle d’une jeune femme sensible et pleine de talent, qui mérite que l’on s’attarde sur sa fantastique écriture qui vient tout droit du coeur.

Nathalie, surdouée, nous parle d’elle à coeur ouvert

Ainsi, je vous invite à découvrir Nathalie T., surdouée et passionnée par l’écriture. 

Nathalie et moi-même avons passé un agréable moment à parler d’elle et de son art…

Bonjour Nathalie, peux-tu me parler un peu de toi ?

Parler de moi en quelques mots…

Je suis une femme, j’ai 40 ans et vieillir ne me gène pas.

Plus j’avance, plus la vie est belle…

Avec ses soucis, ses contraintes…

Ses bonheurs et ses surprises…

Je prends le positif de chaque chose, de chaque situation.

Tantôt femme, mère, rêveuse, je ne suis pourtant que rarement satisfaite de ce que j’arrive à faire.

Toujours faire mieux, évoluer, apprendre, découvrir, savoir…

J’envisage aussi de donner, je viens de prendre conscience que j’ai sans doute quelque chose à apporter aux autres.

Quelles étaient tes impressions sur le monde, lorsque tu étais enfant ?

Quand j’étais enfant, on disait de moi que j’étais sauvage. Le monde m’apparaissais comme agressif et je sortais les dents dès que je sentais sur moi la lourdeur de sa bêtise. Je passais volontiers une nuit dans l’igloo du jardin ou un temps fou dans mon arbre où personne ne troublait mes rêveries.

J’avais quelques amis, mais très peu. Ma différence d’enfant à part, ainsi que celles de ma famille (adoption, couleur de peau et handicap physique) me plaçait au-delà du quotidien de ceux dont je croisais la route. Il y avait le monde des autres et le mien, intérieur, nourri par le regard.

Quels sont les côtés positifs de ta douance ? (ce qu’elle t’apporte).

Ma douance est restée en sommeil pendant longtemps. Diagnostiquée enfant, mes parents n’ont rien fait pour développer mes capacités. A l’âge adulte, je pensais cette douance perdue. Dès lors, je vivais mal mon hypersensibilité. Après échecs scolaires et professionnels à répétition, mon cerveau et mon ressenti m’encombraient plus que ne me servaient. Jusqu’à ce que je prenne conscience que je n’avais pas changé, juste grandi. Cela fait seulement quelques mois que je renais et je n’ai pas fini cette transformation qui va de l’ignorance de qui je suis au bonheur d’être ce que je suis.

Jusqu’à présent, j’ai tenté de corriger une absence maternelle en consacrant toute mon énergie et mon temps à m’occuper de mes enfants. Poète cherche situation professionnelle !

Comment t’es venue l’idée de créer un blog de poésie ?

J’écris de la poésie depuis toujours. Au fond de moi, je ne suis que poète, une poésie qui se rapproche de la nature et des émotions, une poésie simple mais qui plonge au cœur des choses et des hommes. J’avais besoin de partager mes textes pour avoir un retour sur ce que je suis capable d’écrire, le regard des autres me fait progresser car j’écris pour donner, j’écris par amour.

Quels sont tes auteurs préférés ?

La liste est longue… j’ai découvert Christian Bobin il y a quelques mois. Il est entré en moi en passant par le cœur, ses mots m’ont ému, éveillé. J’aime des poètes comme René Char, Apollinaire. Des écrivains comme Jean Giono et la façon dont il traverse la terre dans ses romans ou Philippe Claudel pour sa manière de saisir l’âme avec les mots. Mais aussi Bernard Moitessier qui a laissé en héritage une vision du monde des plus humaniste.

Quelle autre vision du monde peut apporter une personne surdouée par le biais de l’art, à ton avis ?

Il se peut que chaque artiste soit surdoué puisqu’il voit le monde autrement, je ne peux répondre à cette question. Mais comment évoluer sans art ? Comment trouver les réponses en nous sans les mots, les couleurs, les formes ou les sons qui nous bousculent, nous provoquent, nous évoquent, retracent en nous le chemin originel de ce que nous sommes vraiment ? Si les surdoués survolent notre ère, sans doute peuvent-ils voir ce que les autres ne voient pas et guider… ?

Pour me présenter à travers mes mots, j’ai choisi ce poème, « quelques saisons », il dit bien où se cale mon esprit, entre ce qui se voit, s’aperçoit et les émotions, entre l’humain et la terre, l’ombre et la lumière…

http://leblogdhivanea.blogspot.com/2011/05/quelques-saisons.html

Merci pour ta confiance et pour ce témoignage extrêmement touchant Nathalie.

Propos recueillis par Stéphanie Del

Illustration : Aquarelle, “Souvenir d’une rencontre avec Nathalie T.” ©Stéphanie Del pour niniparisette.wordpress.com



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