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Mirel Wagner (support : Loïc Joseph) à la Maison des Musiques, Bruxelles, le 22 mars 2012

Publié le 22 mars 2012 par Concerts-Review

Une co-organisation VK/Conseil de la Musique pour accueillir Mirel Wagner dans le douillet salon de la rue Lebeau.
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Le choix pour l'avant-programme s'est porté sur Loïc Joseph.
DSC03478.JPGCet ex- Five Minutes To Eat Jack ( un duo math-rock) a changé de cap pour se produire seul avec sa Fender, foottapboard et une loop-station, désormais il barbote dans un dark indie folk artisanal.
20:10: une sonnerie début des cours, le brave Loïc Belot monte sur l'estrade pour entamer son trip.
Le gars a sorti un LP ' Hellos and Goodbyes' et nous en abreuvera pendant 40', en commençant par le début, merci Jacques II de Chabannes, c à d au berceau: ' Cradle song'.
Morceau lancinant et répétitif qu'on ne comparera pas à Morrissey, comme le font quelques fantaisistes pas forcément notoires.
La suivante sera plus agressive et pour la troisième ( 'Hellos and goodbyes'), les boucles entrent en jeu, le timbre est grave, récitatif et caracole sur fond de mélopée noire.
Une chanson lendemains désenchantés, pas aussi rousse que celle de Mylène, un matin, tu t'éveilles avec le cerveau embrumé, tu souffres de headache, la seule boisson à laquelle tu aspires is a glass of water.
Introspection et réveil difficile, dure est la vie, chères sont les femmes!
On baigne dans un univers 'Into the Wild', soundtrack Eddie Vedder, pas désagréable, les éléments naturels( fire, water, air ...) étant omniprésents.
Petit référendum: slow/fast- Sarkozy/Hollande/ Le Pen/ De Gaulle?
Public indécis, ok, voici 'Eating up a fog' t'invitant au voyage, cruisin time écologique.
'Dead is the blue', un blues rudimentaire avec une séquence a capella.
Atmosphère feu de camp rue Lebeau, on est entre potes buvant à la bouteille, se racontant des futilités et fumant un petit joint, les autres n'existent pas, le boy scout nous rejoue une mélopée africaine.
Je recommence la dernière, sorry, une floche, voilà un ultime folk atmosphérique à la Smog.
Merci!

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Un grand blanc, on fait quoi?
C'est effrayant ce silence, si j'en jouais encore une?
Cool, mec!

21:15' Mirel Wagner

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Syntynyt:3. joulukuuta 1987!
Tu vas pas nous dire que tu ne comprends pas le finnois!
Donc, Mirel voit le jour, il y a 24 ans, en Ethiopie, mais grandit en Finlande où elle découvre les artistes blues/folk: Tracy Chapman, Billie Holiday, Joni Mitchell...
Elle sera chanteuse, son premier album, intitulé 'Mirel Wagner' sort fin 2011 et est encensé d'Espoo à Assayata:...Mirel Wagner a choisi le dépouillement pour mettre les vertiges de son âme à nu...Ses chansons, obsédantes, et sa voix, brumeuse, charrient des troubles durables ( Antigel).
Mr Glycol Ethylène a vu juste!
Les yeux clos, quelques cordes légèrement pincées, une voix douce, elle entame le récital par le blues 'The Road' et, d'emblée, un nom te traverse l'esprit: Leonard Cohen.
Un silence monacal s'installe, chacun ressent la souffrance et la désolation dépeinte par cette voix frissonnante.
Grand!

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'Despair' même dépouillement musical, même profondeur, pourtant!
Une diction minutieuse, chaque mot vient se coller dans ton cerveau et ta rétine visualise des images suggérées par la complainte...despair was standing with its jaws open wide
and it swallowed me whole in to the big black night... pour la gaudriole, tu sonnes à une autre porte!
Next one is new, annonce Mirel: ' Who am I to sing a love song?' une plage mélancolique proche du monde d'Alela Diane.

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'No hands' est mon titre le plus léger.. I've been riding my bicycle all day long sur des dusty roads...
Bucolique, pas aussi guilleret qu'Yves Montand, cependant.
This song is called 'Death' .
Un lament prenant , toute une imagerie macabre s'accapare de tes cellules: la faucheuse, le squelette à capuche et autres allégories dignes de Pieter Bruegel l'Ancien ou de Jérôme Bosch.
Et quand elle termine par 'I can smell the rot', tu décides de te boucher les narines.
' Red' une danse lugubre et mystique.
Le bluesy ' Dreams' prend des couleurs Tom Waits , le susurré et intense ' Lean' te ramène jusqu'au mythe de Tristan et Yseult , les amants maudits.
' No Death' le single, une pièce d'anthologie te donnant des frissons.
Comme elle, tu as les paupières closes, tu vis sa mélopée quand un ringtone intempestif vient rompre le charme.. pendez le, ce sauvage!
' Joe' qui va laver ses péchés dans le fleuve comme un ange l'a ordonné, ..when they'll find me in the river tell my mother I was a good boy...
Un univers de croyances, de coutumes lugubres, de délires mystiques, c'est Robert Mitchum, en révérend Harry Powell, que tu vois dans ce cauchemar.
Le tout aussi grave 'To the bone' met fin à ce concert exceptionnel.
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Mirel Wagner se produira aux Nuits Bota le 18 mai!


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