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Merah indic ou pas indic ? Les maîtres-espions sont divisés sur la question

Publié le 27 mars 2012 par Titzou
Merah indic ou pas indic ?  Les maîtres-espions sont divisés sur la question Yves Bonnet, l'ancien chef de la DST (Direction de la surveillance du territoire), avoue être "interpellé" (le mot s'impose) par les relations entre Mohamed Merah et s'interroge sur la possibilité que le "tueur au scooter" ait pu être un indicateur des renseignements intérieurs.
Enfin quelqu'un qui ose mettre les points sur les i. Interrogé mardi 27 mars 2012 par La Dépêche du Midi, L'ancien chef de la DST (Direction de la surveillance du territoire) Yves Bonnet répond sans détours ou presque. Est-il possible que Mohamed Merah ait été un indicateur des services de renseignements français ?
"Eh bien, voilà, c'est exactement ça, le problème, car ce qui interpelle quand même, c'est qu'il était connu de la DCRI, non pas spécialement parce qu'il était islamiste, mais parce qu'il avait un correspondant au renseignement intérieur. Or, avoir un correspondant, ce n'est pas tout à fait innocent. Ce n'est pas anodin. Appelez ça correspondant, appelez ça officier traitant... Je ne sais pas jusqu'où allaient ces relations, voire cette collaboration avec le service, mais on peut effectivement s'interroger sur ce point."
Dans les pages du Figaro, Bernard Squarcini, le chef de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), nie en bloc :
"Le tueur au scooter Mohamed Merah n'était ni un indic de la DCRI, ni d'autres services français ou étrangers."
Rappelons que Squarcini s'était montré très connaisseur du parcours "touristique" (9 pays du Moyen Orient !) et psychiatrique de Mohamed Merah, qui avait visité (combien de fois ?) ses services et était suivi (pour qui ? pourquoi exactement ?) par un policier de la DCRI. Le même qui est intervenu pour négocier avec Merah lors du siège de son appartement par la police. Le même à qui Merah a confié, lors des "négociations" :
"De toute façon, je devais t'appeler pour te dire que j'avais des tuyaux à te donner, mais en fait, j'allais te fumer."
De son côté, Alain Chouet, ancien chef du service de sécurité et de renseignement de la DGSE (Direction générale de la Sécurité extérieure, qui dépend du Ministère de la Défense), déclare dans La Vie :
"Je suppose qu'en France il existe une centaine de jeunes gens qui se rendent en Afghanistan ou au Pakistan pour des voyages ... disons d'agrément. La plupart sont sans doute parfaitement identifiés par la DCRI, qui ne les laisse pas évoluer librement. Des correspondants locaux les suivent et les voient de temps en temps."
Et d'ajouter, sans rire :
"J'imagine mal que Mohamed Merah, avec le profil psycho-pathologique qui était le sien, ait pu travailler pour la police."
Nous, nous imaginons mal que quelqu'un avec un profil psycho-pathologique sans ombre et sans problème trouve des motivations pour devenir indic pour les "services". Ou qu'il puisse le devenir et fournir des renseignements utiles, compte tenu des milieux qui intéressent les dits services.
Tout de même, un indic n'est pas n'importe quel informateur de la police. Il se distingue des autres sources de renseignements par le fait qu'il appartient à un milieu criminel. Et ses motivations sont très souvent d'ordre psychologique. C'est pourquoi, comme le rappelle Daniël Decraene, gestionnaire national des indicateurs en Belgique :
"Entretenir des contacts avec des indicateurs comporte certains risques. En dehors du cadre bien établi comportant les risques nécessaires, il convient également de respecter toute une série de règles de comportement particulières."
Sinon, l'indic risque de péter les plombs...

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