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MGMT - Oracular Spectacular (2008)

Publié le 13 mars 2008 par Oreilles

Il existe des albums dont on peut anticiper la destinée dès la première écoute, presque aveuglé par leur lustre. Oracular spectacular, premier jet des jeunes New-yorkais de MGMT, est de ceux-là. Déclarés par leur label Columbia priorité numéro un pour l'année 2008, les deux néo-hippies vont à coup sûr cartonner mais de là à crier au chef d'oeuvre, prudence. Pour autant, il faut rendre à César ce qui lui appartient. Andrew Vanwyngarden et Ben Goldwasser, les dits Césars du groupe, font preuve d'un indéniable talent et donnent naissance à un premier disque pop sans égal. Les pieds plantés dans le sable et le regard perdu dans les étoiles. Ils appellent ça de la world country ou du mystic future seventies (!).

La petite histoire des deux Américains est plutôt singulière et en même temps, emblématique de notre époque. Andrew et Ben se rencontrent en 2002 à l'Université de Middletown, dans le Connecticut. Ils se rejoignent dans leur goût pour le mystique, le paganisme et les sons hypnotiques. Les garçons écrivent ensemble et se produisent sur le campus. Pour chaque concert, ils composent un nouveau titre, généralement d'esprit très noisy. Des dizaines de chansons voient ainsi le jour mais bizarrement, le binôme ne conserve aucune trace de ces créations. Autant de trip musicaux éphémères. Les MGMT (qui se prononce par ailleurs « management ») tentent de percer et enchaînent les performances live dans les salles et bars new-yorkais. Effet pschitt, leur carrière ne parvient pas à décoller, cependant, les fans commencent à se compter par dizaines. Un poignée de ces irréductibles, entre folie et clairvoyance, crée le label Cantora Records spécialement pour le groupe et publie un EP de six titres. Columbia repère les deux jeunes hommes et en 2007, les voilà embarqués dans la tournée US de Of Montréal.

Le premier EP des MGMT contient les deux titres phares d'Oracular Spectacular. D'une part, « Time to pretend », leur chant-credo, et « Kids », démentielle disco-pop collégienne aux basses consistantes. Il n'y a pas à tergiverser, c'est nouveau, séduisant et parfaitement produit. « Time to pretend » répand le rêve de gloire des deux New-yorkais sur un son noisy agrémenté de pointes électroniques dynamisantes. Etre une rock'n roll star pour pouvoir fuir en France, baiser des modèles, prendre de la coke et bien évidemment mourir jeune. C'est un peu éculé mais on oublie vite, totalement hypnotisé par les volutes de la musique.

« Kids » condense dans le texte tous les fantasmes dans années collège, entre insouciance et tristesse. Là encore, le son des MGMT nous submerge, ses arrangements électroniques en première ligne. Les voix d'Andrew Vanwyngarden et Ben Goldwasser empruntent les traces de David Bowie et croisent parfois la route de Luke Steele des Sleepy Jackson. Et la magie s'opère. Les guitares acoustiques rencontrent des synthétiseurs lanscinants et des sons digitaux, le tout dans la plus grande harmonie.

Je ne vais pas vous refaire le coup du « merveilleux kaléidoscope musical » mais l'heure est évidemment à la réappropriation et au réagencement des héritages. Oracular Spectacular en donne une preuve supplémentaire. L'album égrène ses influences psychédéliques, folk hippie, disco, électro et pop pour un résultat d'une grande qualité et originalité. Et on ne tombe pas des nues en découvrant que Dave Friedman, responsable de certaines sorties des The Flaming Lips et de Mercury Rev, est le producteur de cet ovni. Au-delà des titres « Time to pretend » et « Kids », MGMT alterne pop songs imparables (« Weekend wars »), balades seventies (« Pieces of what ») et plages instrumentales atmosphériques et romantiques (sur « Of moons, birds and monsters »).

Le buzz (!) est déjà en marche alors ne vous faites pas de souci vous allez encore entendre parler de MGMT. Peut-être un peu trop. Détonations prévue en avril dans l'hexagone.

En bref : Deux néo-hippies en goguette brisent le continuum espace-temps pour produire un brillant album de pop du 21eme siècle. Beau comme un camion.

Le myspace de MGMT

A lire aussi : Oh no ono - Yes (2007)

Les clips de « Time to pretend » et « Kids », aussi azimutés que la musique du groupe :



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