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Le Pont des Arts, un vrai régal ! (by notre special guest Jess)

Publié le 12 avril 2012 par Lifeproof @CcilLifeproof

(Où de talentueux et authentiques duos se piquent du pinceau et se brossent de mots)

Couverture

Trop longtemps que l’on attendait les beaux-jours, alors pour mieux déguster ces premiers rayons de soleil et éviter ainsi le risque de petites (ou grosses) déceptions en ces temps de salons d’art, de design et de dessins, j’ai décidé de me réfugier hors des musées, galeries, expositions. Je pensais en effet profiter du week-end des métiers d’arts.

Ayant préparé mon parcours selon mes envies, me voici dehors, je commence ma balade cycliste et bucolique en ce beau samedi. Avant la première étape, je passe devant ma librairie de quartier, Longtemps, entre le siège du PC et les Buttes Chaumont. Je m’y arrête un instant, là on me conseille vivement le Pont des Arts de Catherine Meurisse… Mais chut on ne m’en dira pas plus.

Et hop, c’est parti, avec mon livre dans mon sac, je reprends mon parcours. J’arrive rue Beaurepaire pour rencontrer Louis Lelong, artiste verrier, qui présente son travaille d’une très grande finesse. On aime ou pas, ce qui est sûr c’est qu’il a inventé le soufflage du verre à plusieurs cannes.

Je reprends ma route, arrivé devant Foto2, rue J.P. Timbaud, minuscule laboratoire photographique argentique, un des derniers encore en activité, je rencontre Daniel Botti, passionné et passionnant, il y officie depuis plus de 40 ans ! Passez lui dire un petit bonjour à l’occasion.

J’ai dans la tête à ce moment un je ne sais quoi, comme l’envie de changer un peu mon programme… je repense alors à mon livre et je file en direction… du pont homonyme pardi.

Arrivé sur le Pont des Arts, je m’installe et commence ma promenade littéraire et graphique. Très vite, tout de suite, cet objet se laisse découvrir, regorgeant d’anecdotes véridiques et de dessins tout en mouvements.


Mine de rien, Catherine Meurisse nous fait vivre la surprenante histoire de grands peintres et grands auteurs de façon hilarante et pourtant extrêmement documentée, tout en dialogues croustillants, les peintres décrivant de grands auteurs, des écrivains peignant de grands peintres.

Des couples en voici, en voilà: Théophile Gautier, le myope avec Gréco l’astigmate; Zola et Cézanne; Baudelaire en guide de musée; George Sand et Delacroix; Apollinaire et le vol de la Joconde; Balzac et Picasso; Proust et Elstir; Diderot et Greuze…

Un vrai bonheur de lecture et d’érudition avec ses intrigues. L’humour et le ton employé ajoutent une dose de vie supplémentaire à ses dessins et à ses personnages, tout à fait grisant !

Catherine Meurisse a croquée mon après-midi, de façon incisive et plus: elle m’a séduit et je lui dis merci. Elle termine son petit cours d’histoire et d’amitié entre les arts, par les références qui authentifient tel ou tel élément, bravo.

Que l’on déteste la BD pour lui préférer les « vrais » livres, ou vice-versa, chacun pourra y trouver son compte. Impertinente, décomplexée, Catherine Meurisse maîtrise le fond et la forme, avec une plume vive, un énorme trait d’humour, une pointe de dérision, un cocktail qui ne me lasse pas.

Le Pont des Arts est une véritable passerelle, de bois et bien nommée! Entre peinture et littérature, entre le Louvre et l’Institut, vive la Bande Dessinée.

Une trouvaille et une rencontre savoureuse,

Un après-midi délicieux,

Hum, j’ai envie d’un chocolat (de Pâques)

TITRE : Le Pont des Arts de Catherine Meurisse aux éditions Sarbacane

DATE : de Pâques à la Trinité

LIEU : Dans toutes les bonnes librairies

HORAIRE : Du lundi au dimanche, sans interruption

TARIF : Plein tarif : 19€90 (109 pages), autre tarif: se le faire offrir, prêter, l’emprunter et oublier de le rendre

De retour à notre époque je n’ai pu m’empêcher de glaner quelques infos supplémentaires.

Catherine Meurisse, issue de l’écurie Charlie Hebdo, a publié notamment en 2008 Mes hommes de lettres, petit précis de littérature française, retraçant en image la grande épopée des lettres françaises, du Moyen-Age à nos jours et qui fait la nique au Lagarde et Michard, promis je le lis !

Elle a également créé l’affiche et la bande annonce du thriller musical Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street, donné au Théâtre du Châtelet il y a tout juste un an dans la stupéfiante mise en scène de Stephen Sondheim.

Petit clin d’œil, cette même comédie musicale ayant été adaptée pour le cinéma par mon très cher mentor Tim Burton et interprété par son acolyte Johnny Depp. Tim Burton que vous pouvez, que vous devez, aller voir en ce moment à la Cinémathèque, de Paris pardi (mais là je vous le raconterais une autre fois peut-être).


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