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Who are you Dark Entries ?

Publié le 11 avril 2012 par Hartzine

Who are you Dark Entries ?

Si Hartzine se complaît dans sa position de défricheur, Dark Entries fait figure de fossoyeur. À la fois label, distributeur, blog et laboratoire d’idées, la caverne de Josh Cheon déborde de trésors inestimables pour celui qui saura tendre l’oreille. Véritable fétichiste de minimal-synth vintage et de post-punk passéiste, on lui doit le rafraîchissement d’une multitude d’albums comme les essentiels  Ljubav Je Hladnija Od Smrti de Borghesia ou le Bas Relief d’Eleven Pond. Et bien loin de se cantonner au ravalement d’idoles perdues, Dark Entries participe autant à l‘ascension des iconiques Vatican Shadow qu’à l’emblématique résurrection de Jeff & Jane Hudson. Définitivement, une question nous vient à l’esprit : who are you Dark Entries ?

Comment as-tu créé Dark Entries et quels étaient tes objectifs ?L’idée de Dark Entries m’est venue alors que j’étais ado et collectionneur avide de vinyles, dans le New-Jersey. J’avais envie de rendre un peu la pareille au monde, alors j’ai commencé à mixer pour la radio de mon université. J’ai fini par devenir directeur de la programmation musicale et j’ai pu entrer en contact avec des labels du monde entier. Quand j’ai déménagé à San Francisco en 2006, j’ai commencé à leur demander des conseils sur la façon de monter son propre label. En 2008, j’ai signé mon premier groupe, Eleven Pound, et j’ai réédité leur premier album Bas Relief comme première parution sur le label en juillet 2009. À la base, je voulais sortir une réédition et ensuite un album inédit, mais ce rythme était trop difficile à maintenir. Désormais, je ne sors que la musique dont je suis vraiment passionné, en espérant que tous les autres le soient aussi.

Tu produis et distribues en même temps. Peux-tu m’expliquer le fonctionnement de ton label ?

Je m’occupe de tout ce qui est de la production et de la distribution, du premier contact avec les artistes, le design de la jaquette avec la graphiste Eloise Leigh et jusqu’aux encarts à glisser dans les pochettes, depuis mon studio. J’adorerais un bureau et quelques stagiaires, mais comme je travaille à temps plein dans un labo, il ne me reste pas énormément d’heures à consacrer au label.


interns, but since I have a full time job in a science lab, my time with the record label is limited.

Who are you Dark Entries ?

Comment choisis-tu les artistes avec lesquels tu souhaites collaborer ?Je me perds souvent sur YouTube, comme dans une espèce de trou noir, à cliquer sur des liens vidéo à l’infini. Ou alors c’est un ami qui me fait découvrir un groupe. Quelques groupes m’envoient aussi des démos ou bien des mixes. Ces deux dernières années, je me suis surtout concentré sur des rééditions, mais je pense pouvoir sortir au moins deux nouveaux albums cette année.

Y-a-t-il une marque de fabrique Dark Entries ?

Dark Entries évolue dans le monde de l’ombre. On consacre toute notre énergie à l’excavation du monde souterrain. On essaie toujours de creuser plus profond, de fouiller le passé et aussi le futur. Le design joue aussi un rôle important. Toutes les jaquettes doivent refléter l’esthétique d’une période donnée. Chaque sortie comporte un encart avec paroles et photos si possible. George Horn de Fantasy Studios à Berkeley est en charge du mixage, et avec plus de cinquante ans d’expérience derrière lui, on peut vraiment faire confiance à ses oreilles.

Quel est le projet dont tu est le plus fier ?

J’ai bien envie de dire que je reste très fier de toutes les sorties sérigraphiées de ces dernières années. Eleven Pond, Death Domain, Dark Day, Neon Judgement, Pesteg Dred. Je me suis occupé moi-même de toutes les sérigraphies pendant tout ce temps, depuis ma chambre, et on peut dire que c’est physique ! XEX, également originaire du New-Jersey, et Vita Noctis – dont la musique me fait toujours un effet fou – occupent aussi une place spéciale dans mon cœur.

Who are you Dark Entries ?

Qui sont les amis de ton label ?Nous avons des amis dans le monde entier : Mannequin Records, World Unknown, AnnaLogue Records, Optimo, Genetic, Domestica, Kernkrach, La Forme Lente, Beats In Space, Aquarius Records, RVNG Intl, Captured Tracks, Honey Soundsystem, Wierd Records, Mutant Disco, Mick Wills, Led Er Est, The Soft Moon, et bien plus !

Quels sont les artistes qui t’ont le plus impressionné ces dernières années ?

En ce moment, je ne peux pas m’empêcher d’écouter Police des Mœurs (Canada) et Linea Aspera (UK). Le label Blackest Ever Black (Angleterre) est aussi génial !

Quels sont tes projets pour 2012 ?

What are your project for 2012?

Thought Noises LP, BuzzSee You Sioux LP, INHALT – Vehicle EP, Dark Day – Exterminating Angel LP, Vocoder – Cuadro Sinóptico EP, ADN’ Ckrystall – Jazz’ Mad LP, ainsi que quelques compilations par Stress et un nouvel album de Spastic Joy.

Mixtape

Tracklist

1. Martin Gore – Compulsion

Ce morceau représente tout pour moi. Je l’ai entendu pour la première fois à 16 ans, à The Bank, un club gothique de New-York. Ma cousine était alors mon encyclopédie ambulante perso pour tout ce qui était musique : elle m’a fait découvrir tellement de choses qui ont vraiment formé toute mon adolescence et ont eu une influence énorme sur le label.

2. Experimental Products – Love Changes

J’ai découvert leur morceau Mannequin pour la première fois sur le Despair Mix Intergalactic Gary en 2008. Ces mecs de Philadelphie produisent un son qui combine harmonies épurées et synthés chaleureux, et qui est toujours d’actualité.

3. Kirlian Camera - Heldenplatz (Mick Wills edit)

Il s’agit de la version longue mixée d’un de mes groupes italiens favoris, par le talentueux Mick Wills qui vit en ce moment en Allemagne. Il a pris cette version trop courte du 7’’ pour lui donner la liberté de s’étendre pendant dix minutes de gloire, à un beat près !

4. Jeff & Jane Hudson – Help Me

C’est le premier des groupes de Dark Entries sur ce mix : une réédition dont je suis fier. Leur album Flesh est un chef d’œuvre de l’underground new/no wave américain. J’ai découvert ce morceau sur le coffret Reminiscence, sorti sur Genetic Records en 2003. J’ai eu assez de chance l’année dernière pour pouvoir sortir toute la discographie (1981-1983) de Jeff & Jane, avec mes potes de Captured Tracks à Brooklyn.

5. Eleven Pond – Watching Trees (Bedroom Mix)

Que dire de plus sur mon tout premier groupe ? Eleven Pond étaient de véritables diamants perdus dans le vivier agité de Rochester (NY), vers 1986. Ce ‘’bedroom mix’’ est antérieur à la version présente sur l’album, et j’aime autant la version brute que celle un peu plus étayée. Vous pourrez le retrouver sur vinyle ce mois-ci, grâce à Angular Records (Londres).

6. Japan – Life In Tokyo

J’ai découvert ce morceau sur la compilation Assemblage et j’avais besoin de la version du 12’’ ! Parfaite pour le dancefloor, cette collaboration de Giorgio Moroder inclut le chant romantique de David Sylvian, des arpèges de claviers et un solo de saxophone qui ne m’agace même pas !

7. Jeffrey Sfire & Sam Long – Demo

C’est une démo de mon pote Jeffrey Sfire, qu’il m’avait envoyée en 2008 et qui devait sortir chez Ghostly International, mais a fini par arriver chez le label berlinois de CockTail d’Amore. Il s’agit ici de la version démo, que je joue lors de soirées depuis maintenant des années, et que j’aime de plus en plus à chaque écoute.



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