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Battleship

Par Deuz
Battleship
Bien que partant d'une idée complètement débile (faire un film tiré du jeu de société "Touché Coulé", aussi appelé "bataille navale") et reposant sur une base scénaristique parfaitement crétine (on envoie un super signal dans l'espace pour contacter une planète éloignée, mais quelques aliens en vacances captent alors celui-ci et débarquent sur Terre pour le détourner et ainsi prévenir leurs copains qu'il y a plein de petits singes roses à latter et de Chocapic à bouffer dans le coin... alors que leur technologie plus avancée leur aurait logiquement permis de trouver notre bled bien avant qu'on leur envoie un pauvre fax en braille préhistorique), Battleship s'avère cependant, contre toute attente, être ni plus ni moins qu'un véritable kick-ass movie ! Pour quelles raisons ? La réponse dans les quelques lignes qui suivent.

Battleship

"We're gonna need a bigger boat..."


Première explication : si Battleship respecte presque à la ligne le cahier des charges du "gros-blockbuster-qui-tache-bien-gras-et-sent-bon-le-Big-Mac", il conserve cependant une certaine distance avec le genre, dans un second degré fréquent et étonnamment conscient de la stupidité inhérente à certains artifices classiques de l'entertainment pop-corn américain. Pour exemple, après une réplique très "bande-annonce" de l'un des persos pseudo-badass et plutôt relou du métrage (un ancien marine et champion de boxe ayant perdu ses deux jambes !), du genre "donnons au monde vingt-quatre heures de plus à vivre", son interlocuteur nous lance alors un surprenant et agréable "mais qui parle comme ça ?". Dans le même ordre d'idée, on a droit à une courte séquence où des vétérans de guerre reprennent du service, dans une mise en scène ringarde et pathétique repompant l'habituel Cercle des poètes disparus sur fond de musique bateau (ha ha ha) aux relents patriotiques... avant d'heureusement voir ces mêmes petits vieux se préparer énergiquement au combat en réanimant leur obsolète cuirassé, avec du AC/DC à plein tubes pour bande-son (passage qui fout d'ailleurs grave la patate) !

Battleship

"I'm gonna need a bigger gun !"


Mais n'allez pas croire que Battleship est un parodie, loin de là ! Le second degré que distille judicieusement Peter Berg dans sa réalisation reste en effet très léger et ne sera peut-être même vraiment remarqué que par les spectateurs les plus férus de blockbusters (les détracteurs du genre n'y verront sûrement qu'une autre forme de stupidité, aussi assumée qu'elle puisse être). Par conséquent, même si cet aspect est un point positif indéniable qui permet déjà à ce sympathique film de guéguerre aquatique (avec des extraterrestres !) de s'élever au-dessus du lot des habituelles productions pleines de pognon, il n'est cependant pas suffisant pour amener celui-ci au panthéon tant convoité des kick-ass movies... Entrent alors en jeu les deux gros autres atouts de Batlleship : des scènes d'action à couper le souffle et une direction artistique extrêmement maîtrisée et bien moins kitsch que ce que l'on aurait pu penser (en parlant de "kitsch", après son rôle principal dans l'excellent et injustement mal aimé John Carter, Taylor Kitsch nous montre ici qu'il est définitivement un vrai bon acteur, dont la belle gueule risque certainement de se retrouver sur plus en plus d'affiches). 

Battleship

"You're gonna need a bigger ****."


En ce qui concerne l'action, le film nous offre évidemment un flot continu d'explosions, de tirs d'obus et de destruction de navires (et même de routes ou de buildings chinois) qui feront toujours plaisir au petit garçon démolisseur de châteaux de Lego qui sommeille en chacun de nous, mais surtout des batailles navales réellement passionnantes et intenses, aussi bien pensées que superbement réalisées. Le déroulement de ces nombreuses scènes d'accrochages en mer est notamment d'une constante clarté, nous permettant ainsi de ressentir une tension particulièrement jouissive à chaque manœuvre opérée par des vaisseaux terriens et aliens en perpétuel danger. La mise en scène frôle parfois même la perfection, comme lors d'une séquence reprenant en live le principe de la "bataille navale", et où l'observation d'un radar (ingénieusement transformée en grille porche du jeu de société) nous procure alors un stress inimaginable : un pari risqué transformant une scène potentiellement ridicule à souhait en une bataille à l'aveugle magistralement orchestrée. Dans l'ensemble, c'est simple : on est tout le temps à fond dedans !

Battleship

"I said : WE'RE GONNA NEED A BIGGER BOAT ! NOW !"


Au niveau de la direction artistique, celle-ci nous propose des extraterrestres plutôt crédibles et convenables avec leurs armures à la Halo et leur faciès reptilien pas vraiment "gueule de porte bonheur", et va jusqu'à faire carrément des merveilles en ce qui concerne le design des machines de guerre de ces mêmes visiteurs venus d'ailleurs. Leurs vaisseaux spatiaux/aquatiques sont effectivement aussi impressionnants et fantastiques, que réalistes dans leurs déplacements ou le déploiement de leurs différentes armes à l'efficacité redoutable. Et bien sûr, avec un tel budget (plus de 200 millions de dollars), le spectacle visuel tient la barre haute tout du long. Résultat : on y croit totalement et on se laisse alors entièrement emporter par une histoire pourtant des plus abracadabrantes. Et puis, il y a plein de couleurs de tout partout ! Je kiffe !

Battleship

"You're gonna need bigger arms, boy."


Au final, Battleship est un divertissement rondement mené, bourré d'action, de belles images et d'humour, constamment conscient de ce qu'il est et proposant ainsi en toute humilité, aux spectateurs que ça pourraient bien sûr intéresser (principalement du genre masculin, ne le cachons pas), d'admirer de superbes destroyers et majestueux cuirassés se déployer dans un magnifique ballet de feu et de flammes sur un Océan Pacifique envahi par des extraterrestres belliqueux et lourdement armés. Comble de joie, vous n'éprouverez ici aucune culpabilité à assouvir vos plus bas instincts guerriers, dans la contemplation béate de ces navires aussi grandioses que redoutables, car comme l'introduction du film nous le fait clairement comprendre (une menace peu réaliste apparait lors d'un exercice militaire) : dans Battleship, on ne se prend jamais vraiment au sérieux, on joue plutôt à la guerre pour de faux, juste pour rigoler... Et force est de reconnaître que, de temps en temps, ça fait un bien fou ! IT'S A KICK-ASS MOVIE BABY !

Battleship

"I'm gonna need bigger balls..."

  Titre original : BattleshipRéalisé par : Peter BergDate de sortie française : 11 avril 2012
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